Sculpté dans du bois, datant du XVIe siècle et autrefois détenu par le célèbre médecin et collectionneur milanais Ludovico Settala, cet automate fascinant et inquiétant incarne la jonction entre l'art mécanique de la Renaissance et la terreur des forces occultes. Capable de rouler des yeux et de mouvoir sa langue, cet artéfact diabolique pouvait également se déplacer, émettre des sons discordants et cracher de la fumée par la bouche grâce à des mécanismes ingénieux dissimulés dans sa structure.
Un Diable d'Automate
Collection du Musée du Château des Sforza à Milan, Italie. Photo par Giovanni Dall'Orto, le 6 janvier 2007.
Notice Historique : Les Automates et le Merveilleux Mécanique
Durant la Renaissance, l'art des automates connut un essor extraordinaire, nourri à la fois par la redécouverte des traités mécaniques de l'Antiquité (comme ceux de Héron d'Alexandrie) et par une fascination ambivalente pour l'artificiel. Si de tels mécanismes étaient souvent perçus comme des chefs-d'œuvre d'ingénierie et de mathématiques appliquées, ils éveillaient simultanément la suspicion des autorités religieuses et de l'Inquisition. Créer une machine capable d'imiter la vie, de bouger de manière autonome ou de simuler des manifestations infernales (fumée, sons, mouvements oculaires) flirtait dangereusement avec la sorcellerie et l'illusion démoniaque.
Ludovico Settala (1552–1633), illustre médecin milanais dont le cabinet de curiosités (le Museum Septalianum) abritait cette pièce, collectionnait les raretés naturelles et artificielles témoignant des mystères de la création et de l'art humain.
