Notice historique — Les rigueurs de la justice ancienne
Les supplices exposés dans cette galerie témoignent de la codification de la terreur judiciaire sous l'Ancien Régime et les périodes de troubles civils. De la précipitation du haut des donjons aux sentences iniques des tribunaux d'exception, chaque châtiment était pensé non seulement pour détruire le corps, mais pour marquer durablement les esprits par l'exemplarité souveraine ou religieuse.
« Le bourreau est une terreur, mais c'est en même temps le lien de la société humaine. Ôtez du monde incompréhensible cet incompréhensible agent, l'ordre cède instantanément au chaos, les thônes s'abîment et la société disparaît. »
— Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg
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Précipitation : Ce supplice était jugé digne des traîtres. Au cours des guerres de religion, une multitude de personnes furent jetées dans les fondrières et les puits sans fonds. Le baron des Adrets et son lieutenant Puy-Montbrun se signalèrent par leur cruauté à l'égard des catholiques qu'ils précipitèrent du haut des donjons.
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Exécution manquée du duc de Monmouth (1685) : Son exécution fut, à l'instar de celle de Marie Stuart, particulièrement atroce. « Du premier coup, le bourreau ne fit au duc qu'une blessure ; Monmouth se débattit, leva la tête et regarda John Ketch avec reproche. Ce dernier le frappa trois coups successivement, sans que la tête fût séparée du corps qui s'agitait convulsivement. Dans la foule massée sur Tower Hill, des hurlements s'élevèrent. Ketch jura et jeta la hache : « Le cœur me manque & », dit-il. Le shérif lui hurla de reprendre la hache. Il reprit donc l'arme et deux coups furent nécessaires, ainsi que son couteau, pour séparer enfin la tête du corps. »
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Supplice de l'estrapade : L'accusé, les mains liées dans le dos, était hissé au moyen d'une corde passée dans une poulie, puis brusquement lâché sans toucher le sol, provoquant la luxation ou l'arrachement des membres. Des poids additionnels pouvaient être attachés aux extrémités de la victime pour accroître la souffrance.
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Interrogatoire des inquisiteurs : Représentation par le peintre Jean-Paul Robert-Fleury (1841), illustrant la solennité implacable et l'atmosphère oppressante des tribunaux de la Foi face aux accusés d'hérésie.
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Supplice du tourniquet : Instrument de contrainte et de compression mécanique documenté notamment lors des soulèvements et de la répression en Sicile en 1860.
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Enroulement des entrailles de saint Thimothée : Gravure sur cuivre historique réalisée par R. Sadler, illustrant le martyre et les supplices corporels extrêmes infligés aux premiers saints chrétiens.
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Constantin Ier fait crever les yeux de l'archevêque de Ravenne : Gravure ancienne illustrant les châtiments corporels politiques et ecclésiastiques sévères commis au cours de l'histoire papale et impériale.
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