Contrairement à la légende populaire, la guillotine ne fut point inventée par le docteur Joseph-Ignace Guillotin. Ce dernier se contenta de préconiser l'egalité devant la peine capitale et de soutenir la recherche d'un système humanitaire pour abréger les souffrances des condamnés. Bien avant la Révolution française, des engins similaires existaient déjà en Europe, tels que la maiden écossaise ou le mutilateur italien.
Notice historique : L'ascendance de la machine
Une série de gravures signées par Perez et Bonasini, datant des environs de 1550, atteste l'utilisation d'ancêtres de la guillotine. En 1632, le maréchal Henri II de Montmorency fut décapité à Toulouse à l'aide d'une machine semblable, décrite par messire Jacques de Chastenet de Puységur en ces termes : « Dans ce pays-là, on se sert d'une doloire qui est entre deux morceaux de bois et quand on a la tête posée sur le bloc, quelqu'un tire la corde et cela descend et sépare la tête du corps. »
La mise au point définitive de la machine fut l’œuvre de concert de trois hommes : le docteur Guillotin en tant que promoteur philanthropique, le docteur Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie qui en conceptualisa la structure technique, et enfin Tobias Schmidt, facteur de clavecins et mécanicien germano-suisse qui en assuró la construction. C'est d'ailleurs le roi Louis XVI qui, en fin connaisseur de serrurerie, proposa d'infléchir la lame :
« Ne vaudrait-il pas mieux que le fer reçut une forme triangulaire afin qu'en tombant, le triangle coupât de biais comme la scie ? »
— Louis XVI, examen du mécanisme, 1792
Après des essais concluants menés sur des moutons puis sur des cadavres à l'hôpital de Bicêtre, la guillotine fut inaugurée le 14 avril 1792 (ou le 25 avril selon les sources) sur la place de Grève par le bourreau Charles-Henri Sanson. Le premier supplicié fut un voleur nommé Nicolas Jacques Pelletier. Contre toute attente, le public parisien, habitué aux agonies prolongées des supplices traditionnels, manifesta une vive déception face à cette exécution jugée trop instantanée.
« Le peuple ne fut point satisfait, il n'avait rien vu ! La chose était trop rapide, il se dispersa, désappointé, chantant, pour se consoler de sa déception, un couplet d'à propos :
Rendez-moi ma potence de bois,
Rendez-moi ma potence... »
— La Chronique de Paris, avril 1792
Durant la période de la Terreur, du 6 avril 1793 au 29 juillet 1795, ce sont pas moins de 2 831 têtes qui tombèrent sous le couperet, transformant la « Veuve » en l'emblème tragique d'une époque révolutionnaire déchirée.
Galerie iconographique
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L'arme des radicaux
Dessin de George Cruikshank (1819). « Pas de Dieu ! Pas de religion ! Pas de roi ! Pas de constitution ! » Une vision britannique satirique de la Terreur révolutionnaire et de ses excès républicains.
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La reine déchue
L'exécution de Marie-Antoinette sur la place de la Révolution, le 16 octobre 1793. Un moment paroxysmique marquant la fin de l'Ancien Régime sous le regard implacable du couperet.
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Le domicile de la Veuve
En 1793, l’accusateur public du Tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville, ordonna au bourreau Charles-Henri Sanson de trouver un lieu sûr pour entreposer l'appareil. Elle élira finalement domicile chez Demontier, ingénieur du département de la Seine.
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Le projet primitif
Machine initiale proposée à l'Assemblée nationale par le docteur Guillotin, inspirée des travaux du docteur Louis visant à garantir une mort instantanée et sans souffrance inutile.
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La terrible invention
Le couperet redouté du Docteur Guillotin qui, sous diverses adaptations, continua d'exécuter les condamnés à mort en France jusqu'en septembre 1977 (exécution de Hamida Djandoubi).
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La peine de mort à la Belle Époque
Photographie d'époque témoignant de la persistance de l'appareil au début du XXe siècle, alors que les exécutions publiques attiraient encore de spectaculaires foules de badauds.
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