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La tête du saint patron des parties génitales vendue aux enchères

Saint-Vitalis d'Assise
Saint-Vitalis d'Assise

Une tête coupée, considérée comme étant celle de Saint-Vitalis d’Assise (le saint patron des maladies génitales), sera vendue aux enchères le 29 mai dans le comté de Meath, en Irlande.

Cette tête, que l’on aperçoit à travers une vitre, est présentée dans un coffret datant de l'époque de la reine Anne. Son estimation est fixée entre 800 et 1 200 euros.

« Il n'y a pas de plus grand spectacle pour les dieux que de voir un grand homme aux prises avec l'adversité. »
— Sénèque, De la Providence

Né en Ombrie, en Italie, Saint Vitalis d’Assise est réputé pour avoir eu une jeunesse dissolue et licencieuse. Il aurait par la suite accompli de nombreux pèlerinages à travers toute l’Europe afin de purifier son âme et d'expier ses péchés. Il devint finalement moine bénédictin à Subiaco, en Italie. Après avoir quitté le monastère, il vécut le reste de son existence en ermite à Santa Maria di Viole, près d’Assise. Les chroniques rapportent qu'il menait une vie de grande ascèse, vêtu de haillons et totalement détaché des biens matériels. Il fut sanctifié après son décès survenu en 1370, suite à la propagation de ferventes rumeurs concernant les miracles qu'il aurait accomplis de son vivant, guérissant miraculeusement de nombreux fidèles affligés par des troubles de la vessie et des affections génitales.

Notice historique : Le culte des reliques et la sanctuarisation du corps

Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le commerce et la vénération des reliques constituaient un pilier central de la piété populaire et de la diplomatie spirituelle. Posséder un fragment corporel ou un crâne attribué à un saint garantissait non seulement le prestige spirituel d'une paroisse ou d'une abbaye, mais agissait également comme un talisman puissant contre les fléaux terrestres. Les saints intercesseurs étaient souvent spécialisés dans la guérison de maux précis, reflétant la rudesse des conditions sanitaires de l'époque.

La présence de cette relique en Irlande demeure entourée de mystère. Son propriétaire de l’époque, Damien Matthews, émet l'hypothèse qu’elle aurait été rapportée lors d’un « Grand Tour » de l’Europe au XVIIIe siècle, pratique courante chez la jeune aristocratie fortunée. La tête fut curieusement découverte dans un hangar poussiéreux du comté de Louth. Damien Matthews confia au journal Sunday Independent : « Lorsque je l'ai trouvée chez moi, j'ai immédiatement su qu'elle était ancienne et qu'il s'agissait indubitablement de la dépouille de quelqu'un d'important. »

« Les reliques des saints sont les débris précieux d'un navire brisé qui a fait naufrage dans le port de l'éternité. »
— Léon Bloy

L'authenticité de cette relique demeure sujette à caution, aucun certificat irréfutable ne garantissant qu'il s'agit bien de la tête de Saint-Vitalis d'Assise. Néanmoins, la science moderne offre des outils d'identification rigoureux. En janvier 2011, Margherita Nasi soulignait sur Slate.fr, à propos de l'authentification de la tête supposée d'Henri IV :

« En effet, d'autres méthodes permettent d'authentifier une relique si l'ADN est endommagé, comme les examens médico-légaux (anthropologie, reconstitution, superposition faciale, particularités physiques, traumatismes anciens, état sanitaire, pilosité particulière, examen biochimique, âge, sexe...) et les données historiques. »
Source : Slate.fr (25/05/2011) / Inquisitor - Heresie.com
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