Archive de octobre, 2013

31
Oct

Savoir de quoi (ou de qui) l'on parle

   Ecrit par : heresie   in Non classé

Ils sont nombreux à parler de La Mort, mais combien la connaissent? Bah, après tout on ne refuse à personne de parler de beauté intérieure, de dignité ou d’honnêteté…

29
Oct

Deux citations pour son non-anniversaire

   Ecrit par : heresie   in Non classé

 

« J’ai déversé le contenu de mon calice, horreurs et maux et sortilèges, bourgeons noirs et racines amères. »

« J’ai des ennemis mais tu ne peux les voir »

 

Ce n’est pas son anniversaire mais on le cite quand même : Robert E. Howard, connu mais probablement peu lu.

Citations empruntées à http://nemedie.free.fr/site/article.php3?id_article=8 qui l’ont emprunté à Faeries n°5 automne 2001 qui l’ont donc emprunté à R. E. Howard.Si on ne livre pas ses sources les épées chanteront en s’abreuvant de sang!


29
Oct

Dans sa geôle, nulle nuit sans folie

   Ecrit par : heresie   in Non classé

Le paradoxe est toujours une illusion, tous les paysages sont en trompe-l’œil, avec la bonne clef on passe derrière la porte… Et donc paradoxe, pourquoi parlé-je de paradoxe? Parce que je souhaite placer deux citations contre l’érudition, citations de Armel Guerne dans son livre sur le romantisme L’âme insurgée.

« Pourquoi ne pas écrire plutôt que citer?

-Eh bien justement pour produire du paradoxe! Enfin, sinon pourquoi aurais-je parlé de paradoxe en préambule?! Vous, lecteurs, avez toujours de ces questions étranges, surtout pour des êtres qui ne sont pas vraiment là ni qui ne disent rien! »

(Laissez-moi vous dire est un copier-coller du site http://traverse.unblog.fr/2013/09/08/l%E2%80%99ame-insurgeed%E2%80%99armel-guerne-via-paul-emond/   Je ne vous conseille pas de lire le texte en entier dans le livre, vous ne le méritez pas, ne vous contentez même pas des passages les plus « positifs » présentés ici)

 

 

« Se réfugier dans l’érudition est une lâcheté facile, une paresse fatale; de toutes les anémies, la plus pernicieuse. »

 

 

« Laissez-moi vous dire

que le poète n’a pas la vie facile dans un monde devenu ce manteau de ténèbres, pailleté d’éphémère par une actualité exténuée en quelques heures, qu’on renouvelle tous les jours et qui tient toute la place avant de s’effacer. Un monde où le niveau des larmes, cependant, ne cesse de monter. Un monde pilonné, trituré, sermonné de plus en plus sévèrement par le verbe surnaturel des catastrophes, couché sous le vent fort de ce langage, le plus clair et le plus nu de tous, dont les statisticiens s’emparent aussitôt pour le rendre inintelligible. Les cœurs sans le savoir, les esprits sans le percevoir et, tout au fond, les âmes sans le dire sont tellement dans le besoin que le silence de leur cri – formidable colonne en creux – requiert et mobilise contre lui l’acharnement insupportable et sans répit de tous les bruits du monde, organise la fuite et le refuge de chacun dans ce supplice étroit, la collaboration funeste de tout individu, par soumission servile ou par complicité déshonorée, à cet attentat fracassant qui le disjoint, l’émiette, le pulvérise et le disperse. S’abstraire de l’essentiel, tout est là. Sortir le plus possible du dedans de la vie; rester dehors. L’information, laissez-moi vous le dire, est l’instrument parfait, la corde lisse et le nœud bien coulant de cette pendaison : l’information, procédé éminemment artificiel et abstrait, destiné à rendre informe et sans leçon tout ce qui peut, tout ce qui risque d’avoir, originalement, une forme certaine et peut-être un enseignement. L’informatique a perfectionné le système en le mécanisant et désormais, sans le concours de personne, l’analyse devient si fine que tout danger est écarté : même par accident il ne peut plus rester, non, même à la loupe on ne saurait trouver le grain le plus infime de concret dans la pensée lisse et liquide qu’elle dégorge. Le rien est souverain et triomphe dans le bourdonnement enthousiasmé des bavardages. Car sait-on jamais ? La trace seulement d’une poussière pourrait suffire à accrocher un souvenir, un rappel, découvrir une analogie, voire amorcer un rêve, éveiller un silence, engendrer l’incongruité d’une de ces légendes qui parlent à travers le temps !

Abandonné de tous, le génie souple et prompt de notre langue est sans emploi, comme un ange au chômage. Vu de demain, regardé seulement de la pointe du prochain matin, le français est déjà une langue morte, écrasée, accablée, enterrée sous ses mines où s‘amusent encore, inconscients, égarés, les producteurs rentiers d’une littérature qui n’a d’autres raisons que la « modernité », c’est-à-dire le goût du jour. L’argent, seul étalon de toutes les valeurs, ne quitte plus jamais le devant de la scène. Écoutez bien, tendez l’oreille: « euh… ! beuh… ! » Nous sommes entrés dans le siècle de l’onomatopée et nous voici déjà tout occupés à convertir les mots en chiffres. Sans le lyrisme des milliards, avouons-le, auquel les moins riches ne sont pas les moins accessibles, la politique serait sans effet, sans écho, et les prisons de l’idéologie s’ouvriraient d’elles-mêmes, relâchant en plein air la cohue de leurs détenus fascinés, tout surpris de se retrouver libres de leur pensée, de respirer un air de leurs propres poumons. L’argent (qui n’est depuis longtemps plus synonyme de richesse, mais de besoin), s’il fut depuis toujours servi par les ambitieux, ne l’a jamais été avec le cynisme imbécile et l ‘unanimité éhontée de nos contemporains: la masse humaine la plus mendiante et la plus lâche, la plus confuse et la plus confondue que le monde ait portée. Seul le nanti n’en a jamais assez ; et c’est toujours lui qui crie le plus fort, du haut en bas de l’échelle sociale, surtout en bas. Laissons.

(…)

Un pareil désarroi, des hommes plus humains, beaucoup moins négatifs, l’ont pressenti déjà comme pour nous aider, hurlant alors de toutes les manières la fureur de la faim spirituelle, clamant et proclamant l’insurrection de l ’âme aux quatre coins du monde, s’arrachant à leur siècle qu’ils jugeaient imbécile et qui ne manquait pas d ’incommodités, plongeant dans le passé, secouant l’avenir en le prophétisant jusqu’au bout de leur force d’imagination comme pour mieux l’exorciser, cherchant partout des appuis et des frères, recensant l’univers et les trésors intérieurs, se prodiguant à cœur ouvert, risquant sur eux un perpétuel tout pour le tout que rien ne pouvait arrêter, ni la folie, ni le suicide, ni la mort qu’ils ne cessaient de frôler, toujours a cet extrême d’eux-mêmes qu’ils ne cessaient de hanter par souci de vivre dignement, noblement, sans rien omettre. Jamais peut-être on n’avait fait autant de littérature ; et jamais sans doute on n’y mit tant de sang, tant de cœur, tant de fièvre et aussi de merveilleux caprice, de liberté. Ils ont tout essayé, tout appelé à leur secours pour étendre le cercle autour de la raison et trouver des issues, ne pas s’y enfermer. Ils ont couru tous les chemins qu’ils croyaient deviner. S’ils se trompaient, tant pis pour eux ! mais ils y allaient voir – et malheureusement, égarés dans le marécage d’une langue peu faite pour la rigueur, la rectitude ou le redressement de la pensée aventurée sur un terrain mystique, ils se trompèrent souvent et moururent beaucoup.

(…)

Ce Romantisme, bien évidemment, n’a rien de commun avec la gentillette école littéraire qui fit florès en France sous ce nom ; rien de commun non plus avec la rhétorique douceâtre et la fadeur sentimentale, les rubans et les fanfreluches que l’on s’est plu souvent à attacher à ce mot. Les Français à vrai dire, Nerval à peu près seul excepté, sont restés à l’écart de ce mouvement, qui a fleuri d’abord et surtout en Allemagne avec Hölderlin et Novalis, avec Arnim, avec Kleist, avec Hoffmann et tant d’autres, mais  aussi en Angleterre – avec Keats bien plus qu’avec Byron ou Shelley, et par-delà les sombres splendeurs du « Roman noir » jusqu’à Stevenson –, mais encore dans la lointaine Amérique chez deux êtres aussi différents — et aussi nécessairement complémentaires – que Poe et Melville, sans oublier les pays slaves où l’élan mystique du hassidisme juif et cet autre élan qui soulèvera plus tard les récits de Dostoïevski sont manifestement d’essence romantique, au sens le plus exigeant que l’on voudra bien donner à pareille désignation.

(…)

C’est que pour eux, le Romantisme était vraiment une façon d’être. Un combat pour la plénitude. Une bataille désespérée contre l ‘abdication capitale, contre ce vide désespérant qui laisse l’homme comme une viande douée de réflexes dès qu’il oublie son âme, dès qu’il quitte ses rêves, dès qu’il cesse de reconnaître et de nourrir – pour ne plus faire qu’alimenter l’autre – Cette moitié divine dont il est compose’ et qui respire au milieu des étoiles.

Car on ne devrait jamais l’oublier, la vie n’est pas un état mais un risque, et qui s’ouvre toujours plus. Grandiose. Une conquête qui n’en finit pas. Un « voyage » – au sens où Schubert l ’a certainement vécu – mais un voyage incertain et dur, à la mesure de ceux, et de ceux-là seuls, qui sont capables de marcher.

Il vaut donc mieux, croyez-moi, ne pas trop se fier aux ruminants intellectuels qui vivent à la ferme, engrangeant le foin et la paille de leurs savoirs récoltés. Les hommes de cabinet, laissez-moi vous le dire, ne font pas de bons compagnons de route.

Vivent les hommes de plein vent ! »

 

Armel Guerne, L’âme insurgée

 

26
Oct

Que j'aime la chasse!

   Ecrit par : heresie   in Non classé

« Par la sainte poudre noire, que j’aime la chasse!

– Mais vous n’avez ramené aucun gibier… Par contre vous avez été à l’origine de trois accidents qui ont causé deux blessés et un mort parmi les chasseurs.

– Certes, c’est bien pour ça que c’est une activité qui me plait bien. Les accidents, ça arrive, et il est si facile de prendre un ennemi pour un ours… Demain, ça va hurler! »

 

 

 

25
Oct

Savoir être voluptueux

   Ecrit par : heresie   in Non classé

  • un gentleman escorte toujours une dame en restant sur sa gauche, afin de pouvoir tirer son arme sans la gêner (pour les droitiers uniquement)
  • un gentlemen ne fume jamais devant une dame avant que celle ci ne l’ai invité à le faire. (d’où l’utilité des fumoirs entre autres)
  • un gentleman ne jure jamais en présence d’une dame
  • un gentlemen ouvre toutes les portes à une dame et tire les chaises pour qu’elle puisse s’assoir.
  • un gentleman ne parle pas de sa maîtresse ou de sports vulgaires en présence d’une dame, surtout si c’est une jeune fille.
  • un gentleman ne retire jamais sa veste ou sa cravate lorsqu’il est en bonne compagnie.
  • un gentleman qui escorte une dame quelque part, prend sa pelisse et son bonnet, puis les tend à un domestique.

Extraits du Guide du savoir vivre de GG Allin


Ps: le poil dans ma main m’a empêché d’écrire les règles de savoir vivre, je les ai trouvées ici

23
Oct

Une affirmation sceptique irréfutable

   Ecrit par : heresie   in Curiosités

 »                                       « 

20
Oct

A la SIME de l'onirisme

   Ecrit par : heresie   in Non classé

« Est-ce que mes rêves m’avaient dévoré ? Fus-je écorché et ma chair remplacée par un tissu onirique ?  

J’ai lavé ma cervelle au laudanum et au jus de belladone, ne resteront que l’essence d’autres mondes avec un arrière-plan de plomb et un arrière-gout de poudre noire. Du mercure dans mes veines, du saturnisme dégoulinant de mes pensées… Il n’est pas impossible que ma dissolution soit autre chose que le fruit de l’Yggdrasil auquel j’ai mis le feu, un fruit rôti.

Ceux qui s’agitent pour réclamer la liberté commune sont les mêmes qui sont incapables d’être libres en eux-mêmes. Qu’importe de pourvoir porter un chapeau rouge ou voter ou chômer ou chanter, tant qu’en soi on possède tout? »

Extrait de l’article « Comment devenir en évitant d’être un autre que soi » du numéro 7 de La gazette du syphilitique, tiré à un demi exemplaire en 1899

 

17
Oct

Voyage à Headland

   Ecrit par : heresie   in Non classé

Peut-être sommes-nous tous coincés dans la tête de quelqu’un… dans la cervelle d’une tête réduite baignant dans du laudanum d’apothicaire estropié et fou. Peut-être que la tête réduite est une contrefaçon ouvragée en peau de bouc enragé et dément. Peut-être que cette fausse tête réduite en peau de bouc baignant dans un bocal rempli de liquide opiacé glauque est agitée par un enfant turbulent et roux, voire une jeune fille en pleine période d’expulsion de ses ovules infécondés qui exerce sa rage irraisonnée sur ce maudit bocal en attendant de recueillir l’infertilisé fruit de ses entrailles pour le mêler au laudanum rance. Ah, et nous qui sommes prisonniers dans les rêves de la tête réduite, que va-t-il nous arriver? Un squelette borgne et hydrocéphale, frère de la gamine en chaleur, pour laver ses os dans notre eau et jouer à Gulliver ou à Gargantua?

Dans notre maison tête-réduite nous attendons en cauchemardant…

14
Oct

La maison hantée

   Ecrit par : heresie   in Non classé

« Mais que votre teint est pâle, n’aviez-vous pas dit que vous alliez prendre le soleil et les eaux à je ne sais quelle ville thermale?

– Si, les eaux étaient merveilleuses, que des gens très comme il faut, le soleil n’a jamais été voilé par le moindre nuage…

– Mais vos mains tremblent. De quelle tragédie êtes-vous donc victime?

– Oh, je n’ose le dire!

– Confiez-vous, cher ami.

– C’est que lorsque je suis rentré chez moi j’étais exténué par le long voyage en train et en fiacre, il faisait nuit, mes domestique étaient absents… Je suis tout de même allé me coucher, sans boire d’infusion ni allumer la moindre bougie, ni m’être déchaussé, ni m…

– Bien, bien, personne pour vous servir, mais ce n’est pas une raison pour suer à si grosses gouttes et faire perdre à votre peau sa décadente teinte hâlée de saison estivale…

– C’est que dans mon sommeil j’ai commencé à entendre des rires. J’ai cru mes domestiques revenus, même si je ne reconnaissais le timbre de leurs voix. Je les hélai mais ils ne répondirent pas, bien au contraire un grand silence se fit, un silence terrifiant.

– Et ensuite?

– Ensuite je suis resté sous mes draps. J’ai pu saisir dans les ténèbres un objet qui me parut faire office d’arme, et j’attendis.

« Des animaux chimériques, des visages abjectes parodiant l’humanité, des corps simiesques s’éventrant les uns les autres, tout cela se jouant sur le mur tandis qu’un spectre apparut au seuil de la porte qui s’était ouverte en grinçant sur ses gonds, une phosphorescence armée d’une longue dague ensanglantée, présence sardonique sans visage mais ne pouvant cacher ses sombres desseins.

« Puis ils rirent, de terribles éclats de rires comme peuvent en moduler les hordes barbares lorsqu’elles montent à l’assaut. Des chaos de chaines que l’on roulait au loin, des hurlements, des enfants dialoguant entre eux, une prière païenne, des litanies impies…

– Mais qu’avez-vous fait alors?

– J’ai pleuré, j’ai enfoui ma tête sous mes draps et j’ai pleuré tandis qu’on détruisait la vaisselle, le mobilier, qu’on rampait aux murs dans cette atmosphère glaciale. Voyez : j’en ai conservé de telles gerçures que le froid devait être pour le moins intense.

– Étrange que le Club de Curiosité n’ait rien vu, ils sont restés dans le kiosque de votre jardin tout la nuit. Ils y sont même probablement encore, ils vous attendaient pour le concert sur viole de terre que vous deviez offrir à la constellation de la Lyre…

– Bouge de bougre! C’est qu’alors ils m’ont joué un sale coup! »

Nous nous rendîmes à la rue F…. et trouvâmes embusqués les membres du Club, surpris de me voir avec notre victime.

« Pardon mais vous m’avez déjà infligé la nuit la plus cauchemardesque de ma vie!

– Pas du tout : toute la soirée nous avons veillé en silence, puisque les instruments sont dans la maison et que nous n’avions les clefs; mais rien : personne n’est passé. Vous deviez pourtant donner ce récital astral avec nous!

– Par contre, ajouta Riviera, vos voisins ont fait un boucan de tous les diables!

– Mais je n’ai pas de voisins, ils sont morts depuis 10 ans exactement et leur maison tombe en ruine…

– Alors c’est qu’hier soir vous avez dû confondre votre maison avec la voisine et… »

 

Si tout le monde imite, singe, reproduit, galvaude, ingurgite et régurgite sans rien créer par lui-même, se contente de se plier à son atavisme et à ses acquis, alors personne ne pense.

Si « je pense donc je suis » signifie qu’il faut penser pour être, alors personne n’est.

Le premier qui pense est le centre de l’existence.

 

Syllogisme? Rhétorique? Ombre sur les parois d’une caverne? Démence? Lucidité?

Solipsisme!