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Mois : septembre 2016

Vous êtes détendu

Calmement vous inspirez, longuement, puis vous expirez, longuement aussi, avant de renouveler l’opération. Sérénité. Volupté. Douceur. Vous vous sentez concerné par votre respiration, vous vous sentez faire partie de cet élan respiratoire, car vous êtes ces mouvements d’inspiration, d’expiration, d’inspiration, d’expiration.
Vous êtes détendu, calme, serein, face à ce texte qui vous berce par ses mots et son rythme. Chaque phrase que vous lisez vous plonge davantage dans un état de détente, de transe, d’extase et de quiétude intérieure irradiant de vos ongles incarnés jusqu’à vos cheveux. Votre gorge ne vous gratte pas. Votre gorge ne vous gratte pas. Votre gorge ne vous gratte pas plus que votre oreille. Votre respiration est profonde ; vous inspirez, expirez, inspirez, expirez, malgré votre cuir chevelu qui vous agace… Puis vous inspirez, inspirez, inspirez, expirez, inspirez… et à chaque respiration vous ressentez l’air vous pénétrer comme autant de douces araignées parcourant votre gorge, vos poumons, dans un sens puis dans l’autre.
Tiens donc, vous souriez, parce que je viens de vous le demander, pourtant maintenant que je remarque que vous n’êtes ni manipulable ni abjecte, vous vous mettez à douter.
Ne pensez pas à mordre vos lèvres, ne pensez pas à vous mordre jusqu’au sang ni à vous crever les yeux, ne vous dites pas que si vous ne hurlez pas de douleur vous allez sombrer dans une morne apathie, finir neurasthénique dans une maison d‘aliénés où vous allez vous laisser mourir de faim. M’entendez-vous ? Ne le faites pas ! Votre pitoyable vie composée d’une suite d’absurdités plus émétiques les unes que les autres vaut le coup d’être endurée. Ne vous faites pas souffrir, ne vous torturez pas. Votre nom n’est pas Limon Crasseux. Vous n’êtes pas aussi minable que ce que vous pensez, tout au plus un peu faible, voire sot, peut-être un peu lamentable, à la limite du répugnant, certes immonde, mais tout de même, est-ce une raison pour tenter d’arracher vos ongles ? Cessez tout de suite. … Ou continuez, si vous souhaitez prouver que vous n’êtes pas influençable…

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Valoriser le temps

Chaque acte serait un choix, nous devrions prendre un chemin ou un autre, non par nonchalance mais sous l’effet d’une volonté argumentée – du moins lorsque l’on ne serait pas de ces bêlantes têtes de bétail qui se laissent aboyer dessus pour se mouvoir en troupeau.

Du temps, j’en manque, moi. Je suis probablement l’être le plus occupé au monde, je ne suis pas comme mon voisin, ce fainéant qui clame que son corps n’est qu’un garde-manger à nécrophage, que nous ne sommes que carcasses de vacuités, que tout est vain.
Comme je l’ai dit, tout est choix, et nous devons tous choisir de nous impliquer pour laisser une trace dans l’Histoire, dans les mémoires de nos contemporains et de nos descendants, être comme tous ceux qui ont naguère combattu pour une cause et dont on doit certainement garder le nom dans quelque registre… Nous devons nous employer auprès de nos concitoyens afin qu’ils nous estiment et qu’ainsi nous puissions être fiers de nous. Nous devons ne faire honte à personne pour ne pas avoir honte de nous-mêmes. Etc.
Ne soyons pas comme mon voisin, cet ahuri qui prétend lui non plus ne pas avoir de temps mais qui passe son temps à faire la sieste, à songer, à rêver, à s’abîmer dans ses onirismes, à philosopher, à penser, à sonder les métaphysiques, à essayer de comprendre, à noircir des pages qu’il brûle ensuite sur-le-champ, à méditer, à analyser, à imaginer, à côtoyer des personnages imaginaires, à élaborer des raisonnements, à contempler ses paysages intérieurs, et à toutes ces choses bizarres, futiles et inutiles qui laisseront tellement moins de trace dans le futur que moi qui suis un bon sujet de l’humanité.

Il perd tout son temps, pourtant le temps est précieux. Il n’existe pas, ce pauvre type, il n’existe pour personne sinon pour lui, et comme il n’est personne, il n’existe pas, c’est évident, d’ailleurs il l’avoue lui-même, même s’il prétend que moi non plus je n’existe pas ; et, d’ailleurs, s’il n’existe pas, sa parole n’a aucune valeur, donc j’existe !
Ne perdons jamais notre temps avec nous-mêmes, gagnons notre personnalité auprès d’autrui. Célébrons la vie et la fraternité. Et aimons tout de même mon voisin, car il a sa fonction puisqu’il est un contre-exemple et une contre-mesure, il nous rappelle ce que nous ne devons pas être.

Sieste

Pyorrhée

Ce fut comme si les lueurs des candélabres avaient été des soleils et que le crépuscule était en train de s’abattre dans la pièce, bien qu’aucune chandelle ne se fut éteinte.
Celui qui partageait le salon du club avec moi était de ces individus circonspects et sibyllins dont les seules paroles sont réservées à eux-mêmes. J’avais déjà entendu parler de lui, de l’impossibilité de le côtoyer plus d’une heure sans avoir à chanceler vers la neurasthénie, et, évidemment, cela n’avait fait qu’attiser mon besoin de le rencontrer.
L’horloge n’égrainait pas ses moissons de plus en plus lentement, la température n’avait pas baissé, pourtant chaque instant était une souffrance, chacun de mes mouvements trahissait un tremblement nerveux. Je tentai de me donner contenance en fumant et en buvant tout en feuilletant un journal, mais rien n’y fit : tout mon être parut s’enlinceuler d’un morbide ridicule, d’une camisole de tragique terreur.
Je dus vouloir m’en aller, je crois, car je me levai, moins maître de moi-même qu’un somnambule, mais à peine fus-je debout que mon regard fut attiré par l’ombre que projetait cette sorte de Lucifer inversé, ce porteur de ténèbres. Il n’y eut plus que cette ombre, cette ciselure dans le sol et sur la plainte dessinant de complexes abstractions mouvantes dont j’aurais pu jurer qu’elles prenaient substance et épaisseur. Il n’y eut que cette ombre, cette ombre vers laquelle je m’inclinai pour m’y laisser abîmer et sombrer, m’y précipitant en une longue chute. Mes bras restèrent le long de mon corps, tétanisés ; peut-être sus-je au fond de moi que je ne heurterai pas le sol mais que j’allais plonger dans ces opacités sans couleurs, ou peut-être mes instincts et réflexes furent-ils annihilés par ces déraisonnables vertiges.
Je chus, encore et encore, parcourant des landes de jais et d’obsidienne, flottant dans des éthers charbonneux, me noyant en des océans de poix et d’ébène, hantant des contrées sans dimensions, voguant dans l’ombre de ce morgue et délétère rêveur suppurant ses onirismes spleenétiques jusqu’en la réalité commune. Des éons et des éons, au sein d’une vésanie matérialisée, des éons à me perdre dans un infini fragment d’obscurité.
Lorsque je revins à moi, ce Smarra des limbes s’en était allé, et la moitié de mon visage et de ma barbe qui embrassait le sol avait perdu sa pigmentation.

liseuse

La poudreuse voie vers Ailleurs

Je n’ai jamais donné foi aux élucubrations des mystiques, d’autant moins lorsqu’ils s’adonnent aux drogues et qu’ils en font les vecteurs de leurs philosophies. Ce fut principalement l’ennui qui me mena à Nidaros où je réussis à trouver un Norwégien qui parlait quelque chose d’anglais et de français. Profitant de cette longue nuit septentrionale aux ténèbres glacées invitant à boire plus que de mesure et à s’adonner à la torpeur sous les aurores boréales, je l’assommai et le ligotai avant de lui injecter le mélange secret.

Ce fut mon ami Gustave Sénestre qui n’avait cessé de me décrire ses épopées dans les mondes éthérés, ses rencontres avec des cônes intelligents, ses lectures dans de vastes et indescriptibles bibliothèques, ses odyssées entre les dimensions, et autres niaiseries dont je me doutais qu’il les empruntait à quelque ouvrage de merveilleux fantastique décadent. Sans cesse me rabâchait-il que ce n’étaient ni les effets de la folie ni ceux des narcotiques mais de véritables visions, que les alcaloïdes savamment sélectionnés et dosés ne servaient qu’à neutraliser les digues cérébrales empêchant les flots cosmiques de pénétrer la conscience. Il me proposa même d’expérimenter quelques fioles, mais au lieu de me les infliger je décidai d’agir en scientifique, me rendre ailleurs sur ce pitoyable orbe qu’est la Terre et inoculer le poison à d’autres, afin de comparer leurs témoignages et éviter que les substrats culturels ne corrompent leurs chimères.

Le Norwégien – lorsqu’il revint à lui et qu’avec quelques tortures je l’invitai à se confier en toute franchise – me décrivit exactement ce que mes amis, le Sud-Africain ainsi que le birman, m’avaient narré.
La solution révélatrice de vérité est très simple à produire pour qui possède la recette, et vous avez de la chance, celle-ci est en vente à très bon prix auprès de nul autre que moi-même. Pourvu que vous ayez quelque inclination au voyage (et non au vulgaire déplacement géographique)…

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In Nomine Meo


Parce que les grands personnages ont besoin d’une biographie et que nul ne saurait dépeindre mon excellence avec autant de talent que moi-même, j’ai décidé de faire éditer la première partie de ma modeste et honnête autobiographie : In Nomine Meo.

Le livre qui a inspiré Snorri Sturluson, Robert E. Howard et bien d’autres…

Ce premier opus d’In Nomine Meo renferme quelques unes des formidables aventures à travers le monde de Francis Thievicz, tour à tour confronté au brigandage, à la piraterie et à moult périls innommables.
L’on y découvre au passage la misanthropie paroxystique dudit personnage, mais aussi la modestie inégalable avec laquelle il narre ces épisodes incroyables non dénués d’humour (noir, s’il en faut).

http://nocturlabe.jimdo.com/

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