Le site officiel, conforme aux normes sanitaires

Mois : avril 2017

Ouvrir nos frontières : pourquoi pas !

Iä, Iä,

Les temps sont venus de libéraliser les voies de la main gauche et tous les courants sénestres,

Cessons enfin ce malsain repli sur soi, cessons de nous scléroser dans notre nombrilisme, et acceptons de nous ouvrir aux autres, acceptons de nous enrichir en accueillant la fertile diversité. Et formons-nous aux langues étrangères, apprenons l’énochien, le summérien, le chant des oiseaux conspirateurs, le langage astral, l’atlante… Formons-nous à l’école de Dagon, invtons Adompha à partager sa politique agricole avec nous, apprenons à nos enfants à lire le Necronomicon dès le primaire, employons-nous à libérer les frontières qui nous séparent des sphères extérieures, entretenons des rapports diplomatiques sereins avec Yog-sothoth, Béhémoth, Fenrir, Crom, Tiamat ; invitons les nécromants de Zothique à nous enseigner leur art, ne fermons pas nos portes à tout ce qui rampe sur notre seuil, n’ayons pas peur des races telles que celle de Yith ou des Grands-Anciens qui ont tant à nous apprendre, commerçons avec Zagan, le prince de l’enfer qui convertit le métal en pièces de monnaie, trouvons des accords commerciaux avec les goules, les spectres et tous les esprits volontaires et laborieux, pactisons avec les entrepreneurs de bonne volonté comme le bon Dr. Faust et tant d’autres l’ont déjà fait.

Que ces attentats contre la vérité cessent enfin : nous sommes manipulés par des auteurs de fantaisies qui prétendent décrire des faits réels en distordant la vérité sous le prisme de leur poésie afin d’instiller un sentiment d’inquiétude et de xénophobie envers tout ce qui ne concerne pas notre réalité. Des solitaires rendus fous par les augures de la nuit et de la vésanie, des aigris rejetés par la société, devenus misanthropes, conservateurs moisissant dans leur isolement, des acrimonieux ; ne les suivons pas, ces faiseurs de merveilles !

Si nous nous replions sur nous-mêmes, nous n’aurons que le choix entre la servitude par l’indigence ou par l’emploi, nous resterons esclaves du prosaïque. En nous ouvrant vers d’autres univers, nous nous offrirons une totale liberté cosmique vers un nouvel âge réminiscent.

Alors vive le brassage inter-univers, vive le cosmos.

Iä, Iä, Cthulhu ftaghn !

Une nouvelle aussi fantastique qu’une géronte sans passion

« C’est une femme étrange, dont le menton en galoche faisait penser à une faux renversée, et dont les cheveux gris perlaient de son crâne fripé comme les rais de lune perleraient de… d’un ciel fripé.

 » Elle se postait tous les matins sur son perron et, tout en parlant à son chat, tricotait.

– Je vois de qui vous voulez parler : Lady Burgoughout.

– Pas du tout ! Elle tenait d’une main ferme son aiguille tandis que l’autre passait et repassait les fils pour former d’inextricables nœuds que, le soir venu, elle entreprenait de défaire, pour, prétextait-elle, économiser le fil pour le lendemain.

– Et ce fil était en une matière incroyable, n’est-ce pas ?

– Du fil tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Taisez-vous et laissez-moi raconter : En rentrant chez elle, elle emportait son sac de fil, reformait une bobine, fichait ses aiguilles dedans, jetait négligemment le tout dans un panier en osier, s’agenouillait pour une petite prière.

– Au diable !

– Non.

– A une divinité païenne ?

– Non, non, à Jéhovah, Yahvé, Adonaï, et à celui qui ne peut se contenter d’un seul nom.

– Mais… Et ensuite ?

– Ensuite elle s’endormait.

– Et s’abîmait en des songes ineffables ? Ou elle était victime de somnambulisme macabre ?

– Rien de si fantastique : elle dormait jusqu’au lendemain d’un sommeil juste et régulier.

– Mais pourquoi me raconter cette histoire inutile, alors ?

– Parce qu’il faut bien meubler…

– Et pourquoi cette illustration qui n’a rien à voir ?

– Parce que l’érotisme gras qui s’en dégage fera oublier que nous avons fait perdre son temps ô combien précieux au lecteur.  »

 

En guise de distraction

« En voilà une mine déconfite…

– Connaissez-vous cette démonstration de l’automate joueur d’échecs que nul n’arrive à battre que les forains présentent ?

– On ne peut mieux !

– J’ai été parmi la foule qui s’est fait ridiculiser, et je n’aurais pas été plus contrit si je n’avais découvert qu’il n’est aucun automate mais…

– Mais une petite femme cachée à l’intérieur.

– Comment savez-vous ? Et comment fait-elle pour tant dominer tous les autres joueurs ?

– Une femme à barbe lui souffle des mouvements.

– Deux femmes ne valent pas un mâle.

– Certes, mais un homme souffle à la femme à barbe.

– Mais tous ces maîtres d’échecs qui ont perdu ?

– Vous donneriez cher pour savoir, n’est-ce pas ?

– En effet.

– Qu’avez-vous vu, exactement ?

– Une foule patientant devant la pièce où se trouvent l’échiquier et l’automate. Et les joueurs qui en sortent tous penauds.

– Ils en sortent tous penauds car je m’occupe des autres.

– Des autres ?

– Ceux qui ne se font pas pulvériser par les pions finissent avec moi : je les soudoie, et ceux qui n’acceptent pas…

– Eh bien ?

– Je leur trouve une place de cascadeur pour notre numéro de catapulte.

– Bien, bien… Mais pourquoi m’avouer tout ceci ?

– Parce que personne n’a gagné depuis deux jours et nous manquons de boulets. »

 

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par

RSS
Follow by Email