Théophile Gautier et sa Comédie de la mort n’est pas d’actualité. Il ne permet pas de se sentir mieux dans sa vie ni avec ses amis ni dans la société. Il n’optimise aucune performance ni productivité. Il n’a pas été retraduit du français au français, et, donc, les virgules n’ont pas été remplacées par des points et les mots compliqués n’ont pas été changés. Aucun universitaire ne s’est penché dessus pour livrer une étude psychanalytique et critique en guise de préface. D’ailleurs le livre n’est plus officiellement réédité hors intégrale, et c’est tant mieux !

Les lecteurs de vieux livres sont des losers qui s’exposent à des maladies disparues telles que la mélancolie ou le spleen !

 

Tristesse

Avril est de retour.
La première des roses,
De ses lèvres mi-closes,
Rit au premier beau jour ;
La terre bienheureuse
S’ouvre et s’épanouit ;
Tout aime, tout jouit.
Hélas ! j’ai dans le cœur une tristesse affreuse.

Les buveurs en gaîté,
Dans leurs chansons vermeilles,
Célèbrent sous les treilles
Le vin et la beauté ;
La musique joyeuse,
Avec leur rire clair
S’éparpille dans l’air.
Hélas ! j’ai dans le cœur une tristesse affreuse.

En déshabillés blancs,
Les jeunes demoiselles
S’en vont sous les tonnelles
Au bras de leurs galants ;

La lune langoureuse
Argente leurs baisers
Longuement appuyés.
Hélas ! j’ai dans le cœur une tristesse affreuse.

Moi, je n’aime plus rien,
Ni l’homme, ni la femme,
Ni mon corps, ni mon âme,
Pas même mon vieux chien.
Allez dire qu’on creuse,
Sous le pâle gazon,
Une fosse sans nom.
Hélas ! j’ai dans le cœur une tristesse affreuse.

 

Cet article a été publié le mercredi 29 novembre 2017 à 16 h 30 min et est classé dans Non classé. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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