
Les carcans

L'un des supplices-roi en matière de peines infamantes, les condamnés devaient porter le carcan durant une longue période et rester ainsi exposés au public. Le condamné est conduit à pied, les deux mains liées devant et attachés au cul de la charrette de l’exécuteur des basses oeuvres, jusqu'à un poteau planté dans la place publique ; à ce poteau est attachée une chaîne au bout de laquelle pend un collier de fer de trois doigts de large, ayant une charnière pour l'ouvrir. On fait entrer le col nu du patient dans ce collier qu'ensuite on ferme avec un cadenas ; parfois il porte un écriteau devant et derrière où est écrit son délit, comme banqueroutier, usurier, etc. Il reste en état aux termes de son arrêt plus ou moins d'heures, un ou plusieurs jours.
Le carcan a été aboli par la loi du 28 avril 1832.
La dimension symbolique de l'infamie publique
Sous l'Ancien Régime, la justice pénale ne se contentait pas de châtier le corps : elle instrumentalisait la honte comme vecteur fondamental de régulation sociale. Le carcan, tout comme le pilori, matérialisait la mort civile du délinquant ou du fraudeur, offrant la communauté en spectatrice active d'une punition exemplaire destinée à marquer durablement les esprits.
Bibliographie et Sources Historiques
- Foucault, Michel. Surveiller et punir : Naissance de la prison, Gallimard, Paris, 1975.
- Garçon, Maurice. Le Droit pénal de l'Ancien Régime, PUF, Paris, 1951.
- Sbille, François. Les supplices et châtiments d'autrefois, Éditions Historiques, 1988.









