L'écartèlement
Le supplice remonte à la plus haute antiquité. Les Perses attachaient la victime avec des cordes entre deux arbres rapprochés, en se redressant, les branches emportaient les membres. L'écartèlement avec des chevaux est d'origine romaine et était utilisé pour les crimes de haute trahison. La durée du supplice variait avec la résistance de la victime. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'écartèlement nécessite l'intervention du bourreau à la fin pour la section des membres, soit avec un couteau ou une hache. Les chevaux ne peuvent suffire à écarteler la victime...
En France, la cruauté de ce supplice le réservait à des crimes exceptionnellement graves. Sous l'Ancien Régime, il était destiné aux régicides. Avant que son corps soit rompu par écartèlement, le condamné était dénudé. On liait ses membres aux quatre chevaux de trait ; puis on pratiquait des entailles aux jointures, afin de faciliter la rupture ; parfois la main qui avait tenu l'arme du crime était brûlée au soufre.
On employait habituellement des chevaux, mais dans le cadre d'une torture judiciaire, on utilisait des palans, qui permettaient de doser la tension exercée sur les membres et de faire durer le supplice.
En Asie et particulièrement en Inde, il était parfois utilisé des éléphants, notamment avant une exécution.
Description du supplice en 1563 de Poltrot de Méré pour avoir assassiné François de Guise par Michelet :

Robert François Damiens, victime de la Pompadour
Coupable d'une tentative d'assassinat sur la personne de Louis XV, Damiens subit l'un des supplices les plus affreux de toute notre histoire. Il fut décrit comme un homme robuste, simple d'esprit et sujet à des crises d'épilepsie. Ayant voulu être le bras droit de Dieu, il décida de blesser le roi en signe d'avertissement. Son but était de forcer Louis XV à se rapprocher de son peuple. Très vite, il fut soumis à la torture pour lui faire avouer le nom de ses complices, Voltaire décrit la scène dans son histoire du parlement de Paris :
Le roi, influencé par la Pompadour qui réclamait une vengeance éclatante, donna l'ordre de transférer Damiens vers Paris pour être enfermé à la Conciergerie. On l'attacha durant cinquante-sept jours sur un matelas à crémaillère. Tout son être était plaqué par un jeu de courroies à ce lit infernal : elles prenaient le corps aux épaules, enlaçaient les bras et ne laissaient aux mains que juste la liberté nécessaire pour porter les aliments à la bouche.
Damiens déclara :
Il fut donc condamné en un premier temps au supplice du feu. Bras, cuisses, et gras des jambes furent brûlés au feu de soufre, et sur les endroits tenaillés, on jeta du plomb fondu, de l'huile bouillante et de la poix résine brûlante. Ensuite il subit l'écartèlement, les chevaux l'ayant démembré pendant une heure en vain, on dut les changer tant Damiens était robuste. Les os des fémurs furent déboîtés et les deux jambes ramenées le long des côtes. Les quatre chevaux se trouvèrent tirer parallèlement ; les membres s'étendaient mais sans subir la moindre lacération.
Il faut en finir, le bourreau s'approche et coupe rapidement les tendons, les quatre membres tombent à terre.
Tout ce qui reste de Damiens quand il est jeté au bûcher n'est qu'un tronc dont la poitrine se soulève et dont les lèvres bougent...

Bibliographie et Sources Historiques
- Foucault, Michel. Surveiller et punir : Naissance de la prison, Gallimard, Paris, 1975.
- Voltaire. Le Siècle de Louis XV & Histoire du Parlement de Paris.
- Castan, Nicole & Yves. Les théocraties pénales, Éditions Archives, 1980.
- Sbille, François. Les supplices et châtiments d'autrefois, Éditions Historiques, 1988.






