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Le Chevalet

Gravure extraite des Hexenprozesse, de E.König (Berlin, 1928)

Gravure extraite des Hexenprozesse, de E. König (Berlin, 1928) [cite: 1]

Le chevalet n'est pas, comme on pourrait le croire, d'origine médiévale. Déjà à Rome, Cicéron le décrit : au Ier siècle av. J.-C., l'instrument ne servait pas à faire dénoncer d’éventuels complices, mais agissait comme une véritable machine de mort [cite: 1]. On ne descendait pas vivant du chevalet, d'autant qu'on labourait au même moment les corps des condamnés avec des crochets de fer. Il est l'instrument dont tous les bourreaux d'Europe connurent la pratique jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, son application était si rapide qu'un duc d'Exeter ordonna de fabriquer un chevalet démontable en 1477 [cite: 1].

Le "Cheval" parmi les anciens était une machine de bois, faite à la ressemblance d'un vrai cheval, et ayant deux petites roues creuses ou polies aux deux extrémités où se trouvaient des trous pour les recevoir. Sur leurs axes, lorsque quelqu'un devait être torturé sur l'instrument, on plaçait des cordes et ces roues tournaient. Par ce moyen, la personne qui y était attachée était disloquée et distendue de diverses façons [cite: 1].

le chevalet

Arrêté à Malaga en 1620 car protestant, un commerçant écossais raconte dans ses mémoires [cite: 1] :

« Je fus mis tout nu et porté sur le chevalet (vertical posé contre un mur) où l'on me suspendit avec deux petites cordes. Étant hissé à la hauteur voulue, mon bourreau tira mes jambes de chaque côté du chevalet, attacha une corde sur chacune de mes chevilles et tira les cordes ensuite vers le haut, obligeant mes genoux à toucher les deux planches jusqu'à ce qu'éclatent mes jarrets. Je fus ainsi pendu pendant plus d'une heure. Ensuite mon bourreau plaçant mon bras droit au-dessus du gauche, enroula sept fois de suite une corde autour des deux bras et se tenant sur le dos et raidissant ses pieds contre mon ventre, tira de telle sorte les cordes qu'il me coupa les tendons du bras et mit mes os à nu, si bien que je fus estropié pour le reste de mes jours. » [cite: 1]

Cadre Juridique et Codification de la Torture

À l'époque moderne, l'usage du chevalet fut strictement encadré par les codes criminels européens, qu'il s'agisse de la Constitutio Criminalis Carolina dans le Saint-Empire romain germanique ou de la Constitutio Criminalis Theresiana (1769) [cite: 1]. Ces textes fixaient précisément les limites de la torture judiciaire (« question préparatoire »), visant théoriquement à obtenir des aveux sans entraîner la mort, bien que les séquelles physiques fussent permanentes.

Cliquez pour une image complète Constitutio criminalis 1769. Mode d'emploi du chevalet [cite: 1].
Cliquez pour une image complète Supplice du chevalet agrémenté d'une flagellation, Dictionnaire de la Bible de Dom Calmet [cite: 1].
Cliquez pour une image complète Extrait du Dictionnaire de la Bible, de Dom Calmet [cite: 1].

Bibliographie et Sources Historiques

  • Calmet, Dom Augustin. Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Paris, 1730 [cite: 1].
  • König, E. Hexenprozesse (Les Procès de Sorcellerie), Berlin, 1928 [cite: 1].
  • Marperger, Paul Jakob. Notitia Juris Germanici Criminalis, Leipzig, 1710 [cite: 1].
  • Vigor, Nicolas. Histoire des supplices et de la justice pénale du Moyen Âge au XVIIIe siècle, Éditions Historiques, Paris, 1965 [cite: 1].
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