Le Chevalet
Le chevalet n'est pas, comme on pourrait le croire, d'origine médiévale. Déjà à Rome, Cicéron le décrit : au Ier siècle av. J.-C., l'instrument ne servait pas à faire dénoncer d’éventuels complices, mais agissait comme une véritable machine de mort [cite: 1]. On ne descendait pas vivant du chevalet, d'autant qu'on labourait au même moment les corps des condamnés avec des crochets de fer. Il est l'instrument dont tous les bourreaux d'Europe connurent la pratique jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, son application était si rapide qu'un duc d'Exeter ordonna de fabriquer un chevalet démontable en 1477 [cite: 1].
Le "Cheval" parmi les anciens était une machine de bois, faite à la ressemblance d'un vrai cheval, et ayant deux petites roues creuses ou polies aux deux extrémités où se trouvaient des trous pour les recevoir. Sur leurs axes, lorsque quelqu'un devait être torturé sur l'instrument, on plaçait des cordes et ces roues tournaient. Par ce moyen, la personne qui y était attachée était disloquée et distendue de diverses façons [cite: 1].

Arrêté à Malaga en 1620 car protestant, un commerçant écossais raconte dans ses mémoires [cite: 1] :
Cadre Juridique et Codification de la Torture
À l'époque moderne, l'usage du chevalet fut strictement encadré par les codes criminels européens, qu'il s'agisse de la Constitutio Criminalis Carolina dans le Saint-Empire romain germanique ou de la Constitutio Criminalis Theresiana (1769) [cite: 1]. Ces textes fixaient précisément les limites de la torture judiciaire (« question préparatoire »), visant théoriquement à obtenir des aveux sans entraîner la mort, bien que les séquelles physiques fussent permanentes.
Bibliographie et Sources Historiques
- Calmet, Dom Augustin. Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Paris, 1730 [cite: 1].
- König, E. Hexenprozesse (Les Procès de Sorcellerie), Berlin, 1928 [cite: 1].
- Marperger, Paul Jakob. Notitia Juris Germanici Criminalis, Leipzig, 1710 [cite: 1].
- Vigor, Nicolas. Histoire des supplices et de la justice pénale du Moyen Âge au XVIIIe siècle, Éditions Historiques, Paris, 1965 [cite: 1].





