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La Crémation

La crémation

Le bûcher, dont les souverains légalisèrent la pratique, tant elle satisfait les instincts cruels de leurs prêtres et de leurs peuples. Attachés en croix et enduits de résine, ils éclairèrent à la manière des flambeaux, quelques-unes des plus belles scènes de l'orgie romaine. L'histoire humaine est jalonnée de bûchers et d'incendies, l'homme est pareil au démon à la vue du feu. (Roland Villeneuve)

« On commence par planter un poteau de sept ou huit pieds de haut, autour duquel, laissant la place d'un homme, on construit un bûcher en carré, composé alternativement de fagots, de bûches et de paille, on laisse un intervalle pour arriver au poteau ; le bûcher est élevé jusqu'à la hauteur de la tête du patient. Le criminel arrivé est déshabillé et on lui met une chemise souffrée ; on le fait entrer et monter sur les rangs de fagots et de bois au bas du poteau. On lui attache le col avec une corde, le milieu du corps avec une chaîne de fer et les pieds avec une corde, ensuite on bouche l'endroit par lequel il est entré et on y met le feu... »

Détail du supplice

Il y a un moyen pour qu'il ne sente pas la douleur du feu qui s'exécute ordinairement sans qu'il s'en aperçoive : les exécuteurs se servent pour construire le bûcher de crocs de batelier dont le fer a deux pointes, l'une droite, l'autre crochue, puis ajustent un de ces crocs dans le bûcher en le fermant, de façon à ce que la pointe se trouve vis-à-vis du cœur. Dès que le feu est mis, on pousse fort le manche de ce croc et la pointe perce le cœur du patient qui meurt sur le champ.

« Je franchis la montagne et m'abattis sur la forteresse de mon ennemi Hulaï... Je m'abattis sur la ville. Six cents guerriers je passai au fil de l'épée, trois mille prisonniers je livrai aux flammes... Hulaï, je le pris vivant, je l'écorchai, j'étendis sa peau sur la muraille... »

— Assur-Nasirpal, roi assyrien

Le Bûcher et la Logique Inquisitoriale

Dans le cadre des tribunaux d'exception et de l'Inquisition, la crémation revêtait une double dimension : punitive et purificatrice. Le feu était censé purifier l'âme de l'hérétique impénitent ou de la sorcière tout en préservant la société de la « contagion » spirituelle. Souvent, pour épargner aux condamnés l'atrocité des flammes lents, des dispositions tacites ou de généreux dons au bourreau permettaient d'étrangler le condamné au moyen d'un garrot avant l'embrasement, ou d'asphyxier rapidement ce dernier grâce à des masses de fumée soufrée.

Cliquez pour une image complète Crémation de captifs mexicains suivant les méthodes de l'inquisition, Amsterdam 1620.
Cliquez pour une image complète Le roi Hérode fait brûler plusieurs jeunes gens avec leurs maîtres à penser.
Cliquez pour une image complète Fin du supplice des hérétiques.
Cliquez pour une image complète Persécutions religieuses XVIIe siècle.
Cliquez pour une image complète Asphyxies et brûlures, persécutions religieuses.
Cliquez pour une image complète Thomas Cranmer brûlé vif.

Bibliographie et Sources Historiques

  • Villeneuve, Roland. Le Diable, Hachette, Paris, 1968.
  • Mandrou, Robert. Magistrats et sorciers en France au XVIIe siècle, Seuil, Paris, 1968.
  • Vigor, Nicolas. Histoire des supplices et de la justice pénale du Moyen Âge au XVIIIe siècle, Éditions Historiques, Paris, 1965.
  • Flügge, Johannes Christian. Geschichte der Tortur, Leipzig, 1798.
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