C'est un petit bâtiment carré, muré jusqu'à la moitié de sa hauteur, le surplus est mis à jour au moyen de piliers de charpente qui soutiennent le toit. Au centre du bâtiment une poutrelle debout tourne sur son pivot, elle soutient une planche ronde entourée d'une sorte de balcon percé de trois trous circulaires : la tête passe par celui du milieu et les mains par ceux de chaque côté on fait tourner de temps en temps le pivot afin que le supplicié dont la tête et les mains sont bloqués par ces trois trous, tourne et présente sa face de tous cotés. Aboli par le décret du 12 avril 1848.
Le pilori est un dispositif destiné à exposer un condamné à l'infamie. Il pouvait prendre diverses formes : simple poteau de bois ou colonne de pierre. Il comporte parfois aussi une structure en lanterne pouvant contenir un homme plus ou moins debout. Une forme plus simple du pilori était le carcan ou cangue en Extrême-Orient, planche percée de trois trous où on coinçait la tête et les mains du supplicié de manière à pouvoir le promener.
On employait habituellement des chevaux, mais dans le cadre d'une torture judiciaire, on utilisait des palans, qui permettaient de doser la tension exercée sur les membres et de faire durer le supplice.

« Être cloué au pilori de l'opinion publique, exposé aux regards méprisants de la foule, c'est subir une mort bien plus cruelle que celle du bourreau. »
Fonction sociale et infamie publique
Le pilori constituait bien plus qu'une simple structure punitive : il était l'instrument par excellence de la mort sociale et de l'opprobre communautaire. En exposant le délinquant ou le criminel aux quolibets, aux jets de projectiles et au regard méprisant de la foule assemblée, la justice d'Ancien Régime frappait les consciences par l'exemplarité de la honte. Cette peine infamante visait à détruire la réputation du condamné au sein de la cité, transformant la punition en un spectacle cathartique pour l'ordre public.
Bibliographie sélective
- FOUCAULT, Michel, Surveiller et punir : Naissance de la prison, Gallimard, 1975.
- GARNIER, Florent, Le Châtiment et le Crime au Moyen Âge et à l'époque moderne, Presses Universitaires du Midi, 2008.
- ROCHE, Daniel, Le Peuple de Paris, Fayard, 1998.





