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La Vierge de Fer

la vierge de fer

C'était une statue de fer de grandeur naturelle, d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, mais posée sur un bas piédestal qui s'enfonçait ou se haussait, de manière à mettre la tête de la statue bien au niveau de la tête de l'être humain qui devait être sa victime. Cette statue représentait une femme sobrement drapée, les bras nus. Ces bras étaient articulés, assez ingénieusement aux épaules, aux coudes et aux poignets, les mains aux doigts écartés, crochus et acérés, demeurant à demi fermés, dans le mouvement de saisir violemment quelque chose ou quelqu'un... La victime hurlant de peur se cambrait, espérant échapper à l'étreinte : quel spectacle !... Les gros cierges éclairaient la jeune femme. Son visage convulsé, sa bouche hurlante, ses yeux horrifiés... Son sein gauche jaillit, splendide et lourd, jeune et gonflé, d'une blancheur délicate... Et les contorsions de son corps flagellaient les longues mèches de sa chevelure. Et le sang parut, tomba par gouttes puis ruissela... C'est que des yeux de la statue, tout aussi lentement, sortait une autre pointe d'acier... lentement encore, les bras de fer resserraient leur étreinte, l'un étant resté un peu au-dessous de l'épaule gauche de la victime, l'autre étant remonté et lui enfonçant ses ongles dans le crâne, à travers les cheveux.

La Vierge de Fer par Edmond Cazal (Extrait littéraire)

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La réalité historique et le mythe de la Vierge de Fer

Populaire dans l'imaginaire collectif du romantisme et des représentations spectaculaires du XIXe siècle, la fameuse « Vierge de fer » (ou Iron Maiden) relève le plus souvent de la construction historique et du fantasme du XIXe siècle plutôt que d'une authentique machine de torture médiévale courante. La plupart des exemplaires exposés ou décrits dans les cabinets de curiosités de cette époque ont été fabriqués ou reconstitués a posteriori pour nourrir la fascination morbide pour les « heures sombres » du Moyen Âge.

Bibliographie sélective

  • CAZAL, Edmond, Œuvres littéraires et historiques.
  • SCHMITT, Jean-Claude, Le Corps, les Rites, les Rêves au Moyen Âge, Gallimard, 2001.
  • SPIERENBURG, Pieter, The Spectacle of Suffering, Cambridge University Press, 1984.
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