Cette angoisse que je m’avoue par Marcel Allain

Deux heures du matin !… J’écris cette note que, lecture achevée, j’ai coutume de glisser entre les pages de tout livre qui m’a plu… Mais j’hésite.

Une fois encore, il me semble que les mots dont je dois me servir sont usés. Il m’en faudrait de neufs, de spécifiques. Où les trouver ? – Le peintre, en mélangeant les couleurs de sa palette, crée la nuance qui satisfait son besoin d’expression. L’écrivain n’a pas pareille ressource. Il faut se contenter, toujours, du même vocabulaire. Et il est si pauvre, ce vocabulaire usagé, quand il s’agit d’exprimer, d’expliquer, des sentiments, voire de confuses impressions…

Tout, pourtant, est tranquille autour de moi. De l’autre côté de mes fenêtres closes, une nuit de dense obscurité tend son rideau de velours. Pas un bruit.

Pourquoi ne dirai-je pas l’angoisse qui est la mienne, l’angoisse qui est née de ma lecture de ce soir ? J’ai devant moi le dernier livre de Claude Seignolle. Je viens d’en tourner les pages… et je réfléchis, frissonnant.

…Oh ! vraiment, je sais, de belle date, qu’un destin humain se débat entre deux incertitudes certaines !

Notre naissance, notre mort sont des « inconnues ». Si la Science dresse le constat physiologique de ces moments, elle n’en tente aucune explication. D’où vient la Vie de l’homme qui naît ? Où s’en va-t-elle quand il meurt ? Ces deux questions sont « valables » comme il s’écrit, de nos jours. Puisque rien ne se crée, que rien ne s’anéantit, que, seulement, tout se transforme les deux problèmes majeurs en découlent. Mais ils sont admis de tous, tolérés par nos résignations. Ils ne sauraient donc engendrer ce malaise surprenant, à goût nouveau, attirant comme un abîme, que la lecture de Claude Seignolle a mis en moi ?

Ne serait-ce pas qu’entre ces deux inconnues – naissance et mort – l’écrivain, logique en son audace, en a posé une troisième, en faisant intervenir le facteur « temps » ? En nous rendant perceptible, pendant notre vie, ce monde redoutable que notre pensée ose à peine soupçonner et qui, cependant, nous les pressentons presque, côtoie notre monde quotidien ? J’entends et veux parler de cet Univers où s’agite le Malin, où grouillent les effarantes incarnations du Mal, du Galoup, des SS loups-garous, aux Larves, aux Influences, aux Sorts ?

« Récits maléfiques », « Récits cruels » dit Seignolle. Peut-être ! Mais, plus encore, évocations révélatrices du Peuple des Ténèbres. Il n’est que de les lire, ces récits, pour sentir – comme je le sens, ce soir – tout ce que l’invisible peut ou doit enclore de Démons, de Désincarnés, de Revenants, de Ceux qui sont en n’étant pas… en n’étant plus !…

Point de scepticisme, alors, car ici, nul dogme n’est à combattre ! Pas davantage de croyance, car il n’est proclamé nulle Révélation sainte, nul Évangile sacré ! Non ! Ne suffit-il pas qu’il y ait, impossible à nier, ce malaise que je m’avoue ?

Elles sont cependant, ces histoires étranges, écrites d’un style clair, limpide, délicieusement français, et les images y abondent, qui éclaboussent les phrases de clartés jolies.

Et puis, je connais Claude Seignolle ! Je me flatte d’être son ami. Je sais sa poignée de main cordiale, franche, solide. Alors, une fois de plus, d’où vient ce malaise que distillent ces livres, et qui leur donne, je le répète, l’hallucinant et passionnant vertige des abîmes qui attirent ?

D’où ? Peut-être du « suspense » que, diaboliquement, Seignolle dose de pages en pages ? De la qualité rare de ce suspense qui n’est pas celui du simple roman policier, car il se fonde sur l’ignorance de notre condition humaine, car il se bâtit sur nos curiosités, sur nos aspirations profondes ? C’est possible…

… Et cependant, quand j’évoque la silhouette de cet Ami que j’aime autant que j’admire son Œuvre, quand ma pensée me montre ce garçon qui est la vie même, quand je songe à son rire si chaud, à sa voix si timbrée, quand le souvenir de l’Homme efface les mérites de l’Auteur, quand je mesure, nettement, ce qui semble opposer celui-ci à celui-là, le mystère de cette contradiction m’apparaît soudain facile à expliquer…

À expliquer d’un mot : le talent – un grand talent.

MARCEL ALLAIN
alias Fantômas

Croyances et légendes de la mort en Bretagne et pays celtiques: sur les chemins de l’Ankou

Sur les Chemins de l’Ankou , croyances et légendes de la mort en bretagne par Daniel Giraudon, Prix Claude-Seignolle de littérature orale 2013, Editeur : YORAN EMBANNER

Daniel Giraudon, bien connu pour ses ouvrages sur les traditions populaires de Bretagne , a cette fois enquêté, plus d’un siècle après Anatole le Braz, sur les croyances et légendes de la mort en Bretagne.

Fidèle à sa méthode habituelle, il est allé chercher dans la mémoire des anciens des témoignages inédits, afin d’en savoir plus sur un sujet dominé par un personnage mystérieux et inquiétant, l’Ankou. C’est ainsi que sur les chemins creux et tortueux de la mort, il a rencontré l’homme à la faux et entendu le grincement inquiétant des roues de sa charrette. Il l’a décrit tour à tour comme la Mort personnifiée, comme messager ou pourvoyeur de la Mort. Il a vérifié la dimension humaine de l’Ankou qui côtoie les vivants et va même s’asseoir à leur table.

Il a aussi écouté et remarqué tous les autres signes annonciateurs du trépas, les bruits insolites, le comportement et les cris des animaux, les pressentiments, les rêves prémonitoires, les apparitions, les hallucinations. Il s’est longuement attardé au bord de l’eau avec les lavandières de nuit. Il a croisé dans la pénombre des êtres fantastiques, les uns plus terrifiants que les autres. Il s’est trouvé en présence de cortèges funèbres nocturnes, également de mauvais augure mais qui firent aussi le jeu des fraudeurs de tabac. Il a assisté les âmes en peine dans l’attente d’une délivrance. Il a noté la présence constante des défunts parmi les vivants et le souci permanent de ne pas les mécontenter. Il a encore assisté à certaines veillées mortuaires et constaté que si la mort était source de chagrin, on savait également en parler avec un certain humour.

Ce qui fait l’originalité de cet ouvrage consacré aux traditions populaires relatives à la mort, c’est l’abondance des récits livrés à l’état brut dans la langue maternelle de ceux qui en furent les témoins. La Haute-Bretagne est également présente dans ce légendaire et des rapprochements sont établis avec les pays celtiques outre Manche. L’iconographie reste très proche du texte pour lui donner encore plus de force. Anatole Le Braz avait bien raison de penser qu’il restait encore beaucoup à moissonner en Bretagne sur ce thème de l’Ankou qui, après tout, n’était pas un si mauvais diable que ça.

Préfaces Claude Seignolle

 

 

 

 

 

 

Boutet, Gérard, ‎La petite histoire de la Sologne et de ses alentours‎, 1981, 192 p. ‎Avant-propos de Claude Seignolle.‎

Il ne faut jamais réveiller les légendes, Paris, Les Silènes, 1993, Préfaces de Claude Seignolle,

L’avant-dernier et le dernier voyage de Jean Ray, Bruxelles, 1964
Mise en garde en guise de préface (Grand Albert), Paris, 1965
Mon ami Thomas (hommage à Thomas Owen), Bruxelles, 1966

 

 

 

 

 

 

John Flanders-Jean Ray, l’unité double.‎ Editions Hêtre Pourpre / Collection La Bibliothèque d’Alice 1997

Histoires mystérieuses des trésors enfouis de Didier Audinot, Préface : Claude Seignolle, Grancher , 2005

Le Grand et le Petit Albert, Le Pré aux clercs 2008, Albert de Groot, Préface : Claude Seignolle

Le Grand et Le Petit Albert, deux fameux traités de magie noire et de sorcellerie, doivent être considérés comme des ouvrages dont la lecture n’est pas sans danger : ils s’adressent de préférence aux initiés car les recettes secrètes qu’ils révèlent comment vaincre la chance, être heureux en amour, retrouver les affections perdues, acquérir .1a santé, construire sa fortune, se défendre contre ses ennemis peuvent devenir des armes redoutables entre les mains des profanes. On apprendra à changer le plomb en or fin, à confectionner toutes sortes de talismans, à élaborer des parfums, voir en songe la personne que l’on va épouser, à avoir de la chance aux jeux, à récupérer un pucelage perdu, à soigner ses maux…

Les soufflants du bonnet – Fabliaux et contes drolatiques. L’Hydre Editions (16 octobre 2007)

Philippe Legendre-Kvater Claude Seignolle (Préfacier)

Philippe Legendre-Kvater, auteur-illustrateur, est aussi peintre-graveur. Ses fabliaux sont inspirés par ses peintures, ou parfois, ce sont les textes qui donnent naissance à des images fantasques.

Philippe Legendre à pris la plume, celle que l’on trempe dans l’encre dissipée prête à se livrer à un jeu de flashs littéraires, déroutant délire de mots ! C’est un foyer ronflant alimenté de petits fagots de fabliaux, historiettes ou textes inattendus et inclassables par leurs pirouettes de situations. C’est plein d’inventivité sorties des délires de son imagination gargouillante. Puis il a dessiné et avivé de couleurs chaque personnage mis en scène, mi-humain, mi-fantastique. C’est inventif, torturé, cocasse et complète idéalement l’élan soutenu de ce petit livre magique, hors norme, à lire à petites goulées directement au tonneau dont on réouvrira souvent le robinet pour s’enivrer de leurs meilleures doses de vertiges.

 

Quand je serai grand, je serai mort, Editions Les 2 Encres, 2008

Nicolas Liau (Auteur), David Dunais (Préface), Claude Seignolle (Introduction)

La hantise de la mort pousse à toutes les folies… Ici, une fillette amuse de ses chansons le cadavre d’un pendu, une veuve voit sa maison peu à peu envahie par l’odeur de la putréfaction, un simple d’esprit cache la dépouille de son père dans une soupente. Là, un vagabond jette son cœur à des chiens errants, deux gaillards jouent aux osselets au milieu d’un cimetière, un vieux solitaire trouve un œil de verre clans son jardin. Là encore, un scieur de bois trempe ses mains dans le sang des arbres, un paysan piétine des sépultures pour s’enrichir, un poète enfouit son mal-être sous un masque à gaz. Plus loin, un reclus laisse une jeune flâneuse chuter dans un puits, une mourante joue de la viole à l’intérieur d’un couvent en ruine, un vieillard enfonce ses doigts dans les yeux d’une statue équestre. Là-bas, enfin, un jeune homme regarde ses rêves pourrir près d’une fontaine, un souffleur de verre fabrique d’étranges cercueils à ses cinq fils et deux amoureuses affrontent le vide au sommet d’un pigeonnier. Mourra bien qui mourra le dernier..

Contes et légendes d’Alsace, Place Stanislas Editions, 2009

Roger Maudhuy (Auteur), Claude Seignolle (Préface)

Pour la première fois, un ouvrage de référence est consacré aux légendes de l’ensemble de L’Alsace , du nord au suc : chaque canton est représenté par au moins une légende, soit plus d’une centaine de récits ! Grâce aux enquêtes menées depuis trente ans par Roger Maudhuy, aux visites des sites et lieux légendaires, aux rencontres avec de nombreux témoins de la tradition orale, l’ouvrage rassemble des légendes pour la plupart inédites et soigneusement vérifiées. Roger Maudhuy a également eu accès à un vaste ensemble de manuscrits inédits et notamment les chroniques de l’abbé Kramer de Niederhaslach (Alsace du Nord) et des comptes rendus d’enquêtes menées sur le terrain. Ce travail de recherche sur l’univers légendaire alsacien confère un caractère incontournable à cet ouvrage destiné à devenir le livre de référence. Accompagné d’une trentaine d’illustrations d’artistes des années 1900, « Contes et légendes d’Alsace » est appelé à figurer dans toutes les bibliothèques des lecteurs désirant connaître le passé légendaire de leur région.

La légende de la mort,  Anatole Le Braz, Archipoche, 2011. Préface : Claude Seignolle

La Bretagne regorge de légendes, de superstitions et de contes fantastiques, et je dois avouer être fasciné par la mythologie, les légendes et la mort, il y a tant encore à découvrir. Un des thèmes les plus abordés est la mort. Sa forme la plus représentative est celle de l’Ankou (son nom peut varier selon les régions, mais c’est toujours le même personnage). Cet ouvrier de la mort (oberour ar maro) est en fait, dans chaque paroisse, le dernier mort de l’année et il le reste jusqu’au dernier mort de l’année suivante et ainsi de suite. On le dépeint de biens des façons ; grand, maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre… Dans tous les cas, il tient à la main une faux dont la tranchant est tourné vers l’extérieur. Il se déplace généralement dans une charrette (karriguel ann Ankou), comme celles qui servaient autrefois à transporter les morts, cette charrette est traînée par 2 chevaux attelés en flèche, celui de devant est maigre et arrive à peine à marcher, le second est gras et fort. L’Ankou se tient debout sur la charrette, il est escorté de deux hommes, l’un tient la bride du cheval de tête et l’autre ouvre les barrières et les portes pour ce convoi funeste, et empile aussi les morts que l’Ankou a fauché sur son chemin.

« Lorsqu’un mourrant trépasse les yeux ouverts, c’est que l’Ankou n’a pas fini sa besogne dans la maison, et il faut s’attendre à le voir revenir à bref délai pour quelque autre des membres de la famille. »

 

 

 

 

 

 

Un si pur souvenir, Yvonne Sévoz, 2013 & 2015

 

 

 

 

 

 

Louis le Galoup Tome 5, Le coeur de Tolosa, 2014

Jean-Mathias Xavier (Illustrateur) , Claude Seignolle (Préfacier)

L’ombre recouvre Tolosa… Derrière les murs de la ville rousse, le noir Vicomte, s’apprête à épouser Darne Stéphanie pour s’approprier ses pouvoirs, et noyer Occitània dans ses ténèbres…

 

 

 

Le Conteur de loups

Hesse, 2001, illustrations Philippe Legendre-Kvater

Préface de Philippe Legendre-Kvater
Des contes recueillis par Claude Seignolle il y a plus d’un demi-siècle, et des récits « qui laissent un parfum étrange qui ne vous quitte plus, comme une odeur de loup… ». (nouvelle édition augmentée).
14,5 x 22,5cm, broché – 147 pages

2006 Année Claude Seignolle

2006 Année Claude Seignolle

En 1984, l’oeuvre de Seignolle est célébrée pour la 1ère fois en Sologne, avec la création par l’UCPS d’un spectacle théâtral itinérant, adaptation de ‘’Marie la Louve’’. Un autre spectacle en 1999, ‘’La Malvenue’’, connaîtra le même succès. Depuis, ils ne se sont plus quittés ! L’UCPS place Claude Seignolle au coeur de randonnées à thèmes, de soirées contes et d’expositions. Une histoire qui ne peut que continuer !

C’est pourquoi l’UCPS organise en 2006 une grande année de festivités. Afin de continuer à faire connaître un grand auteur-ethnologue… Claude Seignolle ! 2006 : Une riche année en perspective ! Des animations sont prévues tout au long de cette année pour célébrer l’auteur : conférences, festival-contes, lectures, rencontre avec des professionnels, échanges avec l’étranger…

Pour découvrir Seignolle, l’UCPS vous ouvre sa mallette ! L’UCPS a rassemblé pour vous, cette année, une pléiade d’artistes, conteurs et autres acteurs de la vie associative et culturelle. Bibliothèques, Associations, Organismes publics ou privés, Ecoles et Collèges… il y en a pour tous les genres et pour tous les âges, faites votre choix : randos, expos, animations, spectacles, lectures, contes… Tout ce que l’UCPS vous propose… C’est ça, l’Année Claude Seignolle ! (24-25-26 mars 2006)