Traditions et Superstitions aux portes de Paris Broché – 2000

De septembre 1935 à juin 1936, cinq jours pleins par semaine, deux jeunes garçons, Claude et son frère Jacques, entreprennent à bicyclette une tâche impensable de nos jours. : explorer la mémoire paysanne et populaire encore vivante aux portes de Paris. plus précisément clans le Hurepoix, aujourd’hui la grande banlieue sud de la capitale. Sous l’égide de leur maître. Arnold Van Gennep, le grand savant du folklore français, naissance, mariage, mort, fêtes patronales, corporatives et saisonnières, météorologie, remèdes de bonne femme. magie, sorcellerie. contes. légendes, chansons, jeux, font l’objet d’une enquête minutieuse dans plus de 170 communes parcourues inlassablement. Claude et Jacques Seignolle chasseurs de l’âpre connaissance populaire « . sont ainsi les ultimes témoins des savoirs du terroir de la région parisienne, là où maintenant  » enrichie de millions de nom eaux venus allant croissant. mis en tas dans d’immenses i filles nouvelles, les enfants qui y naissent et revendiquent la fierté de la terre natale. n’entendront jamais raconter le patrimoine local huile d’anciens occupants « . Ce premier ouvrage, un témoignage essentiel, va ensuite ensemencer l’oeuvre ethnographique et imaginaire de Claude Seignolle à la découverte d’autres régions françaises, dont la Sologne, source d’une saga qui, depuis, a fait le tour du monde.

Anne Guyonneau  » Les malédictions enluminées « 

 » Anne Guyonneau voit et vit mon œuvre paysanne avec un esprit enluminé car elle aime habiller ses créations de beau. Moi, j’ai laissé la boue millénaire aux miennes.
Elle, a la rigueur de la géométrie de sa vision autre et ordonnée.
La poésie, telle celle-ci, est la première que l’on tente de cette façon rigoriste sur mes vieux mots poussiéreux. Elle y met son cadre tout autant solide.
La permanence de mes histoires profite de ces images nouvelles qui en modifient et modernisent l’aspect. Ici c’est le cœur d’Anne que nous apercevons.
Il rénove les mythes sans effacer leur littérature…
Espérons que ces multiples tableaux, qui racontent un moment de mes romans, incite à aller fouiller dans les recoins des vieilles bibliothèques, les livres qui les ont fécondé et qu’ainsi, peinture et encre, s’unissent dans une complicité certaine dans la durée.
Merci, Anne »
Claude Seignolle, Mars 2004

Le Venin de l’arbre

Le Rond des sorciers

Le Matagot

Le Marchand de rats

La Malvenue

Le Hupeur

L’Isabelle

Le Diable en sabots

Les Chevaux de la nuit

Marie la louve

Promenades avec Seignolle – Denis LABBÉ

 

 

 

 

 

 

Illustration de Pierre GHYS. L’OEIL DU SPHINX (ODS), coll. La Bibliothèque d’Abdul Alhazred (II) n° (2), 2001.

Promenades avec Seignolle. Le titre s’imposait de lui-même, tant ce conteur aux mille visages sait nous mener le long de sentes magiques aux confins de nos légendes. C’est donc à un voyage que nous vous convions dans ces pages. Un voyage singulier et fabuleux aux côtés de celui qui symbolise le verbe des temps anciens, mais aussi ce chaînon manquant entre la voix des sachants les soirs de veillées et le fantastique du 20ème siècle. Aux détours des chemins apparaîtront, tour à tour, l’écrivain saisi par ses contemporains, l’enfant capté par l’oeuvre puis enfin l’homme face à son temps, démasquant — en partie seulement — ce Janus moderne de notre littérature.

Un hasard minutieux (1974)

Rue Réaumur, dans ce bureau de tabac dont on ravale la façade à l’aide d’un échafaudage en tubes d’acier, j’attends patiemment mon tour pour acheter un paquet de gitanes. Devant moi un homme âgé et bavard, de type calabrais, à l’œil un rien adjudant, pour qui sans doute venir se ravitailler en gros gris est l’occasion de commander encore quelqu’un, tient le tenancier immobile qui l’écoute par politesse commerciale.

Je n’ose rompre le visible besoin du vieil homme que j’observe avec intérêt tant il trahit un désir de s’accrocher là avec des propos en forme de grappin. Il amorce plusieurs fois son départ mais, sur une hésitation, il revient et trouve à nouveau quelque chose d‘autre à dire.

Cet homme est désorienté et n’agit pas de lui-même ; je serais prêt à jurer qu’il obéit à une force qui se joue de lui comme elle l’entend. Je ne me trompe pas, l’homme finit par avouer au tenancier que « ça ne va pas »… il ressent une sorte d’angoisse qui s’amplifie chaque fois qu’il veut s’en aller. Le « Tabac » rit, et, tout en me faisant le geste de prendre patience, lui rétorque un rassurant « s’il fallait s’écouter chaque fois que ça ne va pas !…»

Alors, avec une visible résignation, le vieux se décide à partir. Il sort. En passant sous l’échafaudage il chancelle et s’écroule d’une masse comme s’il avait reçu un lourd moellon sur la tête.

Nous nous précipitons. Il est mort. Ses yeux sont grands ouverts, les pupilles foudroyées par une surprise aiguë. On le dirait électrocuté. Si bien qu’on cherche aussitôt le fil criminel : point ! Puis le possible moellon assassin : rien ! On ne retrouve aucun matériau coupable. « Encore un coup du cœur » jette quelqu’un.

Les blanchisseurs de façades descendent enfin de leur perchoir-à-laver et, tout de même, au contact de leur responsabilité, s’inquiètent si un de leurs outils n’a pas vagabondé dans le vide : non ! De leur côté également rien. Rien n’est tombé et ce n’est certainement pas cet éclat de plâtre, qui a mis une insignifiante touche de blanc dans les cheveux du mort, que l’on pourrait accuser d’avoir fait office de merlin !

La Police venue emporte le corps vers quelque morgue et tout un chacun s’éloigne après ces sempiternels commentaires sur la fragilité de nos vies citadines.

Le surlendemain, revenu dans le même bureau de tabac, le tenancier me raconte, avec des phrases lissées à point par la force de répétition, que le médecin légiste ne trouvant aucune apparente raison à ce décès mystérieux, a procédé à l’autopsie. Ce n’est qu’en sciant la boîte crânienne qu’il a découvert dans le haut frontal la réponse à l’énigme : le défunt avait eu une jeunesse querelleuse et s’était souvent battu au couteau ; or, au cours d’un de ces assauts, la lame adverse se planta là et s’y brisa, laissant dans l’os un minuscule morceau de la pointe d’acier. Pendant cinquante ans cet homme vécut en condamné à mort, ignorant veinard d’un sursis. Le simple hasard l’acheva en le faisant passer sous l’échafaudage au moment où tombait un maigre éclat de plâtre. La confluence ne fut pas heureuse ; atteinte juste, la pointe d’acier progressa du fatidique millimètre.

Claude Seignolle, ethnologue du monde fantastique : « Je suis un menteur idéal… »

Écrivain-culte pour un grand nombre de lecteurs, outre-atlantique notamment, Claude Seignolle, était le sujet de l’émission « Appel d’Air » en 2002. Alors âgé de 85 ans, il expliquait comment il avait construit son oeuvre fantastique sur un minutieux travail d’enquête. Dès l’âge de vingt ans, sur les conseils de l’ethnologue Van Gennep, il avait entrepris de collecter les traditions, les croyances, les peurs ancestrales auprès d’une population rurale née sous le second Empire. De là devait naître, selon les propos d’Hubert Juin en son temps, « le plus beau florilège d’histoires à faire peur de la littérature d’aujourd’hui »…

Claude Seignolle expliquait comment était née, dès son enfance, sa vocation d’ethnologue du monde fantastique. Formé avec la peur du loup, la peur de se pencher sur un puits… il se qualifiait de « menteur idéal » . Il évoquait sa rencontre avec Arnold Van Gennep, folkloriste français et ses premières enquêtes dans l’esprit du collectionneur. Il racontait quelques mésaventures vécues lors de ses enquêtes dans le monde paysan concernant le surnaturel, sa méthode pour questionner les gens, comment il était passé de l’enquête à la fiction, grâce à sa rencontre avec « Marie la louve ».

Avec Claude Seignolle, Jean-Pierre Sicre et Jean Marigny

  • Production : Marie-Hélène Fraïssé
  • Réalisation : Christine Diger
  • Appel d’air – Les enquêtes de terrain de Claude Seignolle
  • 1ère diffusion : 27/09/2002

André Hardellet, MA MAIN… LETTRES INÉDITES À CLAUDE SEIGNOLLE

<< Pour mon ami « voyant » Éric Poindron, curieux en « plus-que-tout » et disant les « choses » à sa manière qui aurait plu à Hardellet, diable d’autre ami avec qui nous hantions les bistrots à filles des Halles où nous habitions face à face, rue Beaubourg, avant l’assassinat de notre quartier-à-Beaujolais et à chaude-pisse.
Souviens-toi du Bal chez Temporel où nous allions « marner » les filles si faciles mais àétre « venin ».
Claude Seignolle >>

Le Meneur de loups (1947)

 

 

 

 

 

 

In Le Meneur de loups. Paris, Berger-Levrault, 1981

 

 

 

 

 

 

 

In Anthologie du loup et autres carnassiers. Paris, Hatier, 1991

 

 

 

 

 

 

In Le Conteur loups, Hesse, 1995

 

 

 

 

 

 

In La Dimension fantastique. Librio, n°150, 1996

 

 

 

 

 

 

In Anthologie du loup. Paris, Delachaux & Niestlé, 2006

Fanzine  » Lunatique  » n° 28 de 1967

 

Jean Ray – Howard Philips Lovecraft – Claude Seignolle – Bram Stoker – Ray Bradbury – Collectif‎

‎Fanzine  » Lunatique  » n° 28 de 1967. Spécial Pastiches : A la Manière de…‎

‎ Revue Lunatique n° 28 de 1967. In-8 broché de 58 pages au format 21 x 29,5 cm. Couverture illustrée par Mario Kwiat. Numéro spécial Pastiches : à la manière de…. Jean Ray & Claude Seignolle : La passion de Bernard Peris par Pierre Brands – Anatole le Braz : La macabre aventure de Josik par Walter Simons – H.P. Lovecraft : L’arcane XVI par Gilbert Maisonnaue – Nathalie Ch. Henneberg : La rose du temps par Alain Dorfner – Jacqueline H. Osterrath : Hystéricum par Jacques Herment – Jimmy Guieu, Ray Bradbury, Nathalie Henneberg, A.E. Van Vogt, René Barjavel : Quatre couplets par Jean-Pierre Andrevon – Fredric Brown : Le mot par Jacqueline H.Osterrath – Bram Stoker : La clairière oubliée par rené Prédal. Illustrations de R. Goavec, Philippe Gouret, Philippe Kailhenn, Mario Kwiat, Claude-Elza Orsimi, & Tina Sol. 1er plat avec bord un peu bruni, pâle trace verticale & chiffre inscrit en haut à droite. Intérieur frais. Etat superbe. Rare édition originale, tirée à petit nombre d’exemplaires, de ce fanzine consacré au Fantastique, à l’Insolite & à la Science-Fiction.‎

Courts métrages Cinéma & TV

1969 – Le Faucheur, Court métrage en N&B de Alain Gassener ; 26 mn

1971 – Désirée la Sangsue, Court métrage couleur de Jean-Claude Boussard ; 30 mn

1972 – Celui qui avait toujours froid, Court métrage en couleur de Atahualpa Lichy ; 26 mn

1975 – Pauvre Sonia, Court métrage en couleur de Dominique Maillet ; 26 mn

1976 – Le Miroir, Court métrage en couleur de Dominique Maillet ; 26 mn


Claude Seignolle et la Télévision

 

1969

Le Millième cierge, Téléfilm en N&B de Raymond Barrat, Télévision Suisse-Romande ; 75 mn

1973

Roc ou la malédiction (Le Diable en sabots), Téléfilm en n&b de Daniel Wronecki, FR3 ; 52 mn

1980

Femme fidèle (L’Isabelle), Court métrage en couleur de Dominique Maillet, TF1 ; 26 mn

1987

Le Venin de l’arbre, Court métrage en couleur de Dominique Maillet, FR3 ; 26 mn

1989

Le Miroir, Court métrage en couleur, FR3 Bretagne ; 15 mn

1991

Marie la Louve Téléfilm en couleur de Daniel Wronecki, FR3 ; 80 mn

1991

Celui qui avait toujours froid, Court métrage en couleur, FR3 Rennes ; 80 mn

1994

Claude Seignolle, la mémoire des pierres et des chemins, Documentaire en couleur de Rose-Marie Godier ; 15 mn

Téléfilms 

1969 – Le Millième cierge, Réalisation : Raymond Barrat. Diffusion TV Suisse, 27/11/1969

1973 – Roc ou la malédiction, réalisation de Daniel Wronecki

1991 – Marie La louve, réalisation de Daniel Wronecki

Seignolle – Acteur


1967
– Vampirisme – 13 min – N&B.
Un film de Bernard Chaouat et Patrice Duvic (1967).

Un pastiche de reportage ORTF façon enquête sociologique sur les vampires, avec un casting épatant : l’écrivain Claude Seignolle ; le spécialiste des fées Pierre Dubois ; les peintres lettristes Roland Sabatier et Micheline Hachette ; des figures excentriques du cinéma français comme Jean Benguigui ; le comédien Michel Beaune ; le réalisateur Pascal Bonitzer ; l’auteur des surréalistes couvertures de la revue Fiction, Jean-Claude Rault ; l’historien du cinéma Jean-Pierre Bouyxou, et les plumes midi-minuistes, Alain Le Bris et Raphaël-G. Marongiu. Défendu dans le n° 17 de MMF, le film a obtenu le prix du court métrage lors du tout premier festival de Sitgès, en 1968.