Lectures autour de la Sologne

La municipalité de Pierrefitte, Pirkko Turunen, première adjointe et Mathias Hébert (à l’initiative) ont organisé une soirée lecture, mardi soir. Il était proposé de « venir partager le texte de votre choix sur la Sologne ». Pierre Aucante était l’invité, lui qui connaît si bien la région.
Ainsi, Rosine est venue lire quelques vers du poème Fuite en Sologne de Victor Hugo, véritable carte postale de la Sologne, Mathias des extraits du Raboliot de Maurice Genevoix, Pirrko avait choisi le livre En Sologne de Claude Seignolle, Odile a évoqué quelques pages du livre de Marieke Aucante En écartant les branches, histoire qui lui a rappelé des souvenirs d’enfance, Pascale, « amoureuse de la Sologne », a chanté La Sologne a cappella.
Après chaque ouvrage, une discussion se tenait avec Pierre Aucante, incollable sur la Sologne et sur les auteurs. On a parlé du loup, des grillages, de la chasse, de la manière dont les habitants se réunissaient autrefois dans les villages.
Une vingtaine de personnes était présente, toutes ont trouvé cette soirée agréable et aimeraient participer à d’autres lectures, sur d’autres thèmes.

Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/pierrefitte-sur-sauldre/lectures-autour-de-la-sologne

LA BRETAGNE COMME ILS L’ONT AIMÉE

 

Poètes, conteurs, peintres, photographes… Les éditions Omnibus ont réuni dans un livre des extraits d’œuvres parmi les plus belles consacrées à la Bretagne. Landes, forêts et villages nous mènent de Saint-Malo à Guérande, et de l’île de Sein à Brocéliande.

 

 

 

Le Bretagne comme ils l’ont aimée est une danse intemporelle résumée en cinq chapitres thématiques : An Arvor  (La mer), Nature ensorcelée, Une foi vibrante, Le sel de la nostalgie, Terre de légendes. Ainsi défilent les souvenirs de Chateaubriand, Pierre Loti, Mona Ozouf, Ernest Renan… ; des extraits de romans : Balzac, Julien Gracq, Pierre-Jakez Hélias, Simenon… ; Quelques contes et récits signés Claude Seignolle, Paul Sébillot, Émile Zola… Des chansons de Théodore Botrel et Hersart de La Villemarqué… ; des poèmes aussi : François Abgrall, Anatole Le Braz, Georges Cadoudal… Tous évoquent la Bretagne comme ils l’ont aimée avec une curiosité bienveillante.

La sélection des textes accompagnés de grands tableaux d’époque est faite par Valérie de Sahb. Sorte de voyage vers Pont-Aven particulièrement bien documenté. Dès l’introduction, une nouvelle de Maupassant évoque « L’image de la Bretagne qu’avait le Paris intellectuel de la IIIe République : celle d’une terre exotique, sorte de tiers monde à la fois proche et lointain qui restait à civiliser ». Paris ! Toujours Paris contre la province – Non pas l’inverse.  Mais les textes qui suivent évitent l’écueil du jacobinisme délétère ; on y retrouve le normand Flaubert et le (très) parisien Proust, qui parlent en premier lieu de la nature et laissent au second plan les autochtones pour se concentrer sur l’ensorcellement d’une Bretagne nourricière.

Ce recueil est un voyage, autant pour les Bretons que les étrangers ; manière de (re)découvrir la littérature locale à travers les œuvres que lui auront consacré bien des talents épistolaires. Un livre intelligemment construit où une introduction concise mais suffisante précède chaque texte. Il n’est pas à douter que l’ensemble touchera les amoureux de la Bretagne. Les autres aussi. Qui souhaitent la découvrir.

Jérôme ENEZ-VRIAD

La Bretagne comme ils l’ont aimée – Textes choisis par Valérie da Sahb – Préface de Daniel Cario – Éditions Omnibus  – 192 pages illustrées – 27€ – Format : 190 x 255 mm
Illustration: « Voiles » de Emil Benediktoff Hirschfeld – 1867 Odessa/1922 Concarneau  (Collection particulière)

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LA BELLE PETITE REINE

Le soleil du golfe battait à mes tempes. La plage vibrait de chaleur. Il faisait torride et ma peau cuisait en sacrifice à l’esthétique. C’était en mon temps d’errance et de culturisme – le temps du Corps – une de ces années 50 où je brunissais, sur dix couches, de dix soleils européens, allant des roches usées de la Baltique aux criques crétoises ; des plages atlantiques aux berges du Volga et respirant les santés de partout. Mais, ici comme ailleurs, je devais me dissimuler telle une honte et là, derrière un bouquet de tamaris, je gisais patiemment crucifié au sable, nu et seul au soleil de Grimaud.

Soudain, les tamaris trahirent une visite. Je me redressai vivement, me cachai des deux mains et vis cette jeune femme sportive, souvent aperçue dans les parages, qui, me rassurant d’un geste complice, hésita à peine pour se mettre dans la même tenue que moi, s’offrant elle aussi au soleil avec abandon à cette pureté qu’est – quoi qu’on en médise – le caractère et la communion des nudistes.

Allongés l’un non loin de l’autre ; parfaitement à l’aise de corps et d’esprit, nous fîmes conversation, liant peu à peu connaissance. C’était une stéphanoise. Elle campait non loin en compagnie de ses deux enfants, une fille et un garçon. Avec une douceur atteignant peu à peu à la mélancolie, elle me parla longuement de cette fille, une enfant de quatorze ans, sa petite reine.

Cependant, à mesure qu’elle me décrivait sa beauté, sa grâce, son intelligence et aussi sa grande fragilité, je me sentis non exalté mais envahi par une indéfinissable gêne, au point que j’eus envie de briser la conversation. Pourquoi ? Ce sont là plus que des sensations : des avertissements.

J’appris alors que sa petite reine était condamnée à mourir bientôt, dans un mois, dans un an, tout à l’heure, peut-être maintenant. Elle savait qu’elle allait partir là-haut mais on la préparait avec tant de délicatesse à ce voyage qu’elle était pressée d’aller dans cet autre pays où il n’y aurait plus maman tout de suite, ni son frère, et pourtant encore plus de gentillesse autour d’elle.

« Elle sait tout, monsieur, elle devine tout. Si vous la voyiez, si vous étiez sous son regard, vous comprendriez ce qu’est l’intelligence vif argent. Elle ne peut presque plus bouger, mais son corps est aussi harmonieux et souple que si elle jouait avec les autres enfants. C’est une petite reine blonde : Ophélie ou Ondine, prisonnière. Voulez-vous la voir et lui dire que vous l’aimez beaucoup, qu’elle est bien plus belle qu’on n’ose le dire. Voulez-vous lui parler un peu. Cela nous ferait tant plaisir… »

Et elle me quêtait avec espoir. Nous passâmes nos maillots de bain. Je la suivis. Le camping était proche. La caravane de cette dame à l’écart. Une vaste toile déployée en fer à cheval et maintenue par de hauts piquets, protégeait la petite reine du soleil et, aussi, des passants indiscrets.

Je m’approchai, ému… Mais, aussitôt, je me mordis les lèvres pour ne pas trahir mon effroi au spectacle que la mère inconsciente ne m’épargnait pas, soulevant la couverture sans pudeur ni honte sur une épouvantable dégénérescence humaine, coquette d’un maillot deux pièces en fines dentelles, pitoyable petite monstruosité, corps décharné aux membres grêles, éparsement velue, d’âge indéfinissable, squelette ramassé en crabe, remuant d’un perpétuel tremblement, tête hydrocéphale mais au regard si beau, profond, si vif qu’à mon tour, malgré moi, je lui dis dans un élan de sincérité : « Que tu es belle ! »

Un voyage dans le temps dans les archives de la police parisienne? Une probable légende urbaine

 

 

 

 

 

Article de Bruno Mancusi

 

Dans Invitation au château de l’étrange (1), Claude Seignolle (1917-2018) raconte une curieuse histoire de voyage temporel.

« En fin de journée » (pas de date), un étudiant vient s’asseoir sur un banc, avenue de Breteuil [Paris 7e]. Un vieil homme s’y trouve déjà, habillé « en redingote 1900 ». Ils discutent, se trouvent un intérêt commun pour la musique et l’homme âgé invite l’étudiant à le suivre jusque chez lui pour un petit concert. Le dîner et le concert sont excellents, les invités agréables, on se sépare donc très tard, avec regret. Le lendemain matin, l’étudiant s’aperçoit qu’il a oublié son briquet sur le rebord d’une fenêtre du salon. Il retourne donc chez son hôte et sonne, mais personne n’ouvre. Il frappe et tambourine à la porte, tant et si bien que la concierge rapplique avec deux policiers. L’étudiant est embarqué au commissariat où on lui apprend que cet appartement, qui est sous scellés, est vide depuis 2 ans. Stupeur de l’étudiant qui n’a vu aucun scellé et qui décrit au commissaire son hôte et l’intérieur de l’appartement. On y retourne donc : les scellés sont intacts. On entre dans l’appartement. L’étudiant reconnaît les lieux, mais il n’y a plus de meubles, tapis et tableaux, il n’y a plus que de la poussière, sauf… sauf dans le salon, bien sûr, où il récupère son briquet.

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Théâtre de l’étrange – Delphine ou La Nuit des Halles

Audio 12 févr. 1967 – 39min 24s

Fiction radiophonique adaptée du roman « Delphine ou La Nuit des Halles » de Claude SEIGNOLLE, auteur reconnu de littérature contemporaine dite « fantastique ». Dans une auberge de Sologne, un narrateur raconte une mystérieuse aventure qui lui est arrivée dans le quartier du futur « plateau Beaubourg » à Paris… : Intrigué par une étrange silhouette errant dans les ruelles du quartier historique de Paris, le jeune homme suivit une femme au regard de terreur qui semblait déterminée à se jeter dans la Seine. Immédiatement amoureux et hanté par le désir de la retrouver, il apprend qu’elle se prénomme Delphine et cherche désormais sa trace à travers les voûtes et les galeries souterraines du quartier, tout proche de l’église Saint Merri et de l’endroit où se pendit le poète Gérard de NERVAL…

Réalisateur
Alain Barroux

Auteur de l’oeuvre pré-existante
Claude Seignolle

Adaptateur
Hubert Juin

Interprète

Jean Jacques Aslanian
Jean Brassat
Michel Bouquet
Daniel Ivernel
Fernand Ledoux
Valérie Quincy

Intervention de Claude Seignolle en tant que personnage. dans le pantacle de l’ange déchu de Charles-Gustave Burg

PREMIÈRE PARTIE

Comment fut trouvé le pantacle qui déclencha la réminiscence d’une histoire ancienne et sinistre.

I

J’avais commencé à déblayer avec ardeur une grotte camouflée qui, selon mes présomptions, devait me livrer des vestiges d’un étrange culte préceltique dont je connaissais déjà divers éléments, à vrai dire assez disparates. L’accès de cette grotte se trouvait compromis par un éboulis de pierres et une jungle de ronces. J’avais d’ailleurs calculé qu’une semaine de labeur me serait nécessaire pour dégager ces obstacles. Je partis le matin, sac au dos, pour ne revenir qu’une fois la nuit tombée, exténué et les mains en sang.

C’est alors qu’un soir, en rentrant, je trouvai chez moi un message urgent de Claude Seignolle. Le texte disait laconiquement Chez moi vendredi soir. Que me voulait donc Claude Seignolle ? Il n’est pas homme à demander un voyage de cinq cents kilomètres pour m’inviter à déjeuner, et il connaît mon aversion d’envisager un séjour à Paris, même bref. Qu’avait-il découvert pour solliciter ma présence d’une manière aussi impérative, aussi inattendue ?

Était-il en danger ? Non, je chassai aussitôt cette idée de mon esprit : Maître Claude ne craint ni l’envoûtement ni les fluides maléfiques, et encore moins les menaces physiques. Il est doté des armes nécessaires pour parer aux coups les plus sournois comme aux plus violents. Une compétence liée à une longue expérience lui valent cette prérogative. Oh oui ! Je lui fais confiance pour cela : un vieux renard connaît l’odeur du fusil et sait tromper le molosse lancé à ses trousses ou bien il se fait loup et mord.

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Un hommage à Claude Seignolle très suivi au Braco

Après les animations proposées par l’UCPS (Union pour la culture populaire en Sologne) autour de Claude Seignolle la semaine dernière, c’était au tour de la Maison du braconnage de rendre un bel hommage à ce grand écrivain français, auteur de moult ouvrages, dont de nombreux consacrés à la culture populaire. Bien que né en Périgord, il avait un attachement particulier à la Sologne où il viendra se réfugier après avoir été fait prisonnier en Allemagne. Chacun se souvient des spectacles adaptés de ses écrits « La Malvenue » et « Marie la louve » qui en sont la concrétisation.
Dès vendredi soir, le conteur québécois Michel Faubert a donné le ton en évoquant sa première rencontre avec Claude Seignolle. S’en est suivi un chapelet d’histoires à ne pas dormir debout autour du lac des deux montagnes. Le charme de l’accent ajouté aux mimiques du « folkloristique », ont captivé les 70 spectateurs présents.
Samedi soir, place à la chanson française et folklorique avec Sylvie Berger et « Les Noumènes ». Encore une belle soirée au cours de laquelle le trio a obtenu un beau succès devant une petite cinquantaine de personnes.
L’hommage s’est poursuivi dimanche avec une balade contée à travers le village de Chaon avec dans l’après-midi, une table ronde autour de « Ce diable de Seignolle » animé par Jean-Claude Botton, en présence de l’éditeur de Claude Seignolle, Jacques Hesse et son illustrateur, Philippe Legendre-Kvater. Entre ces deux événements, les participants ne se sont pas quittés et ont partagé un pique-nique au Braco. Tradition oblige.
Spectacles soutenus par les Pact (Projets artistiques et culturels de territoires).

 

Source : La nouvelle république

Ce Diable de SEIGNOLLE ! du 24 Mai au 02 Juin 2019

Le BRACO (Repaire Culturel Solognot) et l’UCPS (Union pour la Culture Populaire en Sologne) ont le plaisir de vous convier aux rencontres pluriculturelles organisées en hommage à l’écrivain Claude Seignolle disparu l’été passé.

A cette occasion, de nombreuses manifestations se tiendront en Sologne du 24 Mai au 02 Juin 2019 mêlant conférence, table ronde, exposition, projection mais également conte et musique.

Le conteur québecois Michel Faubert, la chanteuse Sylvie Berger, le groupe Tourloubicarne, les auteurs Pierre Dubois (fondateur de l’Elficologie) et Marie-Charlotte Delmas, l’illustrateur Philippe Legendre-Kvater nous feront l’honneur et le plaisir de leur présence artistique pour évoquer la figure inoubliable de l’auteur de La Malvenue et des Evangiles du Diable.