Le chien pourri par Claude Seignolle

C’était en octobre 1939. L’armée française pataugeait et renardait dans ses terriers, ses tranchées ou ses sapes, à l’exemple de la dernière Grande Guerre. Les ruses étaient nos combats ; celles pour la nourriture, le sommeil ou la maladie avec l’espoir de convalescence. La guerre ? oui, nous y trempions mais qu’elle était drôle, cette muette ! Nous, Renards kakis face à d’invisibles et pesantes hordes de Loups verts qui, massées à quelques kilomètres de là, prenaient gravement la guerre au sérieux.

Chaque jour il pleuvait plus que de raison ; le ciel, moribond d’un automne précoce, était affreux et cafardeux. La fin du Monde semblait proche mais nous finissions goulûment notre ère ratée grâce à une belle cuisine roulante qui, abritée sous une simple bâche, était le cœur de notre détachement motorisé, le Haut-lieu de la Sainte Pâture vénérée et respectée. Et, de même qu’autrefois les fidèles édifiaient leurs misérables demeures parasitaires aux flancs des édifices sacrés et, tout comme les hirondelles placent leurs nids-verrues contre les façades de nos maisons, de même la compagnie avait dressé ses toiles de tentes individuelles ou rangé ses camions dans l’orbite de la roulante, afin de pouvoir à tout instant se griser des senteurs nourricières du bœuf bourguignon, des frites, du riz au gras ou du jus rituel, précieux réconfort que nous cuisinait artistement Léon, mon complice, car j’étais alors le comptable des denrées régimentaires.

Je ne puis me retenir de parler encore de la roulante, notre Sanctuaire. Crapaude, elle avait deux ventres qui étaient les cuves de devant, pour la viande et les légumes ; et une vessie : la petite cuve sacrée de derrière, réservée au café, au fond de laquelle on trouvait immanquablement, lorsqu’on la récurait, une fois par mois, des peaux et des petits os de rats cuits, recuits, tombés là par maladresse car les voleurs de jus laissaient toujours le couvercle ouvert afin de ne pas renouveler leurs bruits. Les foyers étaient vastes et solides. Heureusement, parce que, pour faire prendre le bois vert et mouillé nous l’arrosions à grandes bolées d’essence : dix litres que nous enflammions de loin en jetant un brûlot. Le feu démarrait et soufflait sans jamais rater, projetant chaque fois hors de l’ouverture du foyer une queue de comète qui menaçait de déplacer l’engin à la manière d’un antique canon de siège.

Le dépotoir, plaie ouverte de toute cuisine en campagne, se trouvait un peu à l’écart. Chaque semaine nous versions un ou deux hectolitres d’essence sur sa

pourriture afin de la purifier des vers qui y grouillaient par milliards et dont le trop-plein se répandait sur la boue d’alentour en colonnes serrées, allant sans but, larves désorientées, les plus fortes repoussant les plus faibles et se réservant les meilleures places sur la pièce montée des détritus sans cesse renouvelés. Nous vidions trois ou quatre bidons ; une allumette là-dessus et, lorsque ça flambait, nous entendions le monstrueux grésillement des vers cramant et éclatant. Après il en restait autant. Il fallait voir cette masse puante grouiller sur vingt centimètres d’épaisseur, onduler telle une houle et se gonfler comme une poitrine qui respire !

Il y avait aussi les chiens. Des chiens errants, affamés : ces pauvres chiens lorrains qui avaient perdu d’un seul coup leur niche et leur maître qui, eux-mêmes, avaient perdu leur ferme et tous leurs biens, sommés par un ordre bref de quitter sur l’heure la zone franche de la Ligne Maginot où nous nous trouvions avec toutes ces épaves entre les jambes.

C’étaient les chiens perdus de ces villages perdus. Ils erraient autour de notre campement, les uns apeurés, les autres féroces, tous maigres. L’un d’eux, sans dieu ni diable – l’homme doit être le dieu ou le diable de son chien selon qu’il le caresse ou le frappe –, l’une de ces pitoyables bêtes venait chaque jour flairer le tas de détritus et, ayant fait son choix, emportait d’un brusque coup de gueule un os couvert d’une chair vert-de-gris.

Il était affreux avec ses plaies croûteuses, ses poils fauchés par la pelade et sa peau sécrétant une continuelle infection qui lui tirait un sang noir sur lequel la boue plaquait sa fragile armure de terre. Ses oreilles pendaient, flétries, presque détachées par une lèpre qui décharnait également ses babines et, comble de malheur, il traînait une patte brisée sans doute par quelque camion et généreusement gangrenée. Mais, bien qu’il ne fût plus qu’une infecte chose : un sac de pus procréé par un charnier plus pernicieux que notre dépotoir, il remuait le cœur de pitié, ce chien pourri et cela parce que son regard suppliant savait émouvoir les plus coriaces d’entre nous, pour la plupart des routiers ayant écrasé leur demi-douzaine de chiens et de chats, sans compter une kyrielle de poules si ce n’était quelques piétons téméraires.

Il ne restait de pur dans cette horreur animale, que les yeux.

— C’est un épagneul, me dit Léon, la première fois que nous le vîmes.

— C’était ! rectifiai-je.

On le tolérait autour de nous, mais un jour ce fut trop : s’étant roulé dans le dépotoir, il s’y endormit à nous couper l’appétit. Aussi décidâmes-nous de le tuer, Léon et moi.

Ce ne fut pas facile. Le courage nous manqua lorsque, ayant réussi à l’acculer dans un trou herbeux, nous commençâmes à le frapper à coups de bâton aussi violents que maladroits. La pauvre bête hurlait comme un enfant puni pour une faute qu’il n’a pas commise. Nous avions la sensation d’assassiner un

être humain et non, un chien. Pourtant nous faisions cela pour lui, afin qu’il ne souffre plus et que son martyre finisse une bonne fois pour toutes !

Certes, nous aurions pu l’empoisonner, mais nous pensions qu’à force de dévorer tant de saletés, il devait être immunisé contre les pires poisons. Nous aurions pu aussi l’étendre d’un coup de lebel, mais l’ordre était formel, strict et passible du peloton d’exécution : pas de coup de fusil, économie ! Bon sang ! nous étions pourtant en guerre, en guerre contre la boue, contre les vers, contre les chiens !

La misérable bête se roulait et hurlait toutes ses tripes dans le trou où, lâchement nous la torturions à coups de bâton. Chaque fois que nous la frappions, nous faisions un saut de côté dans la crainte que son corps bourré de pus n’éclatât et nous recouvrît d’une giclée de microbes.

« Il faut lui briser la tête, rageait Léon, entre ses dents serrées. »

Évidemment, mais c’était l’endroit le plus pénible à atteindre, non que le chien en se débattant esquivât lourdement les coups, mais parce que, là, débordaient les yeux implorants qui demandaient l’indulgence et ne se résignaient pas à voir en nous des tortionnaires.

Alors, fermant les nôtres, nous écrasâmes les siens au jugé et l’animal ne bougea plus, enfin mort. Jetant loin nos bâtons contaminés, nous recouvrîmes le trou d’un haut tumulus de lourdes pierres.

*

Le soir, en me couchant entre les roues de notre camion-abri, sur la paille épaisse et remuante de rats, j’avais le cœur encore retourné. Assoupi, je sentais bien que je ne perdais pas conscience. Léon, lui, dormait parce qu’il avait trop bu, pour oublier.

Et voilà que j’entendis un bruit irrégulier de feuilles froissées. Puis, après une rapide séquence de sommeil, ce furent des lapements proches. Une odeur fétide flotta autour de moi. Je me redressai. Ma main saisit la lampe électrique. J’éclairai.

Horreur ! là, devant moi se dressait le chien pourri. En plus des plaies anciennes, il portait sur tout le corps celles fraîches, au sang coagulé et terreux, ouvertes par nos bâtons. Sa langue rose, seul morceau de chair pure qui restait en lui, pendait et haletait.

Il flaira et trouva une gamelle de riz qu’il lapa gloutonnement.

Poussé et mis à genoux par une sourde épouvante, je reculai vers le renfoncement où dormait Léon que je secouai. Il avait le sommeil mauvais et se réveilla, féroce à me lancer un coup de pied.

« Regarde !… mais regarde donc ! hurlai-je avec des hoquets de dégoût.

Alors, saisissant nos lebels tabous, nous tirâmes comme deux forcenés toutes nos balles défendues sur ce monstrueux revenant de l’au-delà canin.

Et, enfin, trépassa une seconde fois et définitivement, le chien pourri du pays perdu que la faim avait ressuscité.

Claude Seignolle, 1959

Découverte de Seignolle par Thomas Owen

J’ai voulu connaître ce personnage qui m’avait autant impressionné – au demi siècle de ma vie – que l’avait fait Jean Ray quand j’avais dix-sept ans. Une correspondance se noua et une amitié griffue, pleine de flammes et de ténèbres. Jean Ray m’impressionnait par les prestiges de son inspiration brumeuse et le rayonnement d’une aventureuse personnalité.

Claude Seignolle faisait naître en moi une sourde terreur, par une sorte d’immobilité menaçante, par un mystère autour de sa personne, par la sensation qu’il constituait le point de rencontre d’un réseau de sortilèges, de malédictions et de conjurations qui n’étaient pas seulement de la littérature, mais une science appliquée, un savoir aussi riche que la Somme du Grand-Albert. Jean Ray était un bourlingueur dont l’imagination parcourait le monde. Claude Seignolle était un paysan madré, sorte d’araignée au centre de sa toile, bien au chaud dans son poil visqueux.

Je l’ai rencontré depuis et j’ai appris à le connaître. Il est sympatique, redoutablement. Volontiers rieur. Il pourrait être achéologue, professeur, éleveur d’abeilles, guérisseur. Il a le physique rassurant. Mais dans son regard brille une flamme qui ne peut être que le reflet du grand brasier.

Depuis des années, Claude Seignolle – par l’innocent détour et sous couvert du folklore – collectionne les diableries comme d’autres les papillons. Au contact de la terre de Sologne, toute gonflée des bouillonnements de la légende, il sent, il vit le monde des croyances paysannes, des craintes toujours présentes, des hantises inavouées. Il en est devenu en quelque sorte le conservateur le plus qualifié et personne, dans la littérature d’aujourd’hui, ne peut lui disputer cette place d’initié, au carrefour de l’ethnographie et du subconscient. Au coeur de ces magies qui poussent leurs racines bien loin dans le passée, il respire (comme il le dit lui-même) « les âcres senteurs qui émanent des perpétuelles flambées de l’imagination populaire ».

Son oeuvre littéraire, d’une haute et rare qualité, est née d’une longue fermentation de l’âme au contact des sorciers, de rebouteux, des jeteurs de sorts, des loups-garous, ou encore des lavandières de la nuit. Il a lu les vieux grimoires ; interprété les présages, connu les secrets de l’envoûtement. Il a guetté les revenants derrière un mur de cimetière, s’est perdu dans les marécages maudits, a pénétré la nuit, lumignon au poing, dans les étables malèficiées où on le mandait pour Dieu sait quels exorcismes.

Cet observateur passionné et lucide de l’angoisse des hommes, au contact de l’étrange et de l’inexplicable, ne demeure pas longtemps insensible à la peur qu’il sent naître et grandir autour de lui. Les minces nappes de ce brouillard mental qui sourd de la terre, des êtres et des choses, viennent peu à peu s’épaissir autour du conteur qui ne les a point conçues. Le voilà pris dans les enroulements reptiliens de cette opacité redoutable. Comme l’enlisé, il veut crier, retrouver l’air libre en tendant désespérément le bras. Trop tard !… Il ne s’appartient plus. Il se perd et nous avec lui !

Ce portrait de Claude Seignolle demeurait incomplet si un mot n’était dit de cette sensualité quasi primitive qui donne à ses personnages leur véritable dimension humaine au coeur même de l’aventure fantastique. Un feu venu du fond des âges échauffe les reins des hommes aux gestes lourds ; une odeur de foin, de feuilles et de peau caressée par le soleil monte du corsage et des bras nus des filles cherchant l’amour et le fuyant dans le même temps ; l’herbe, la rivière, les souches brûlées, le chien mouillé, le troupeau qui passe ajoutent un bouquet particulier aux senteurs paysannes. Mais les plaisirs champêtres sont dans l’ombre des buissons. La porte de la grange s’est ouverte brusquement sur un courant d’air galcé. Une petite flamme a couru au ras du chemin.

Un grand cri sur la lande. Des yeux verts qui trouvent la nuit. Est-ce lui ? A n’en pas douter… Ma peau se hérisse… Sur ma main, une patte griffue…

Thomas Owenreproduit avec l’aimable autorisation de la revue Dryade (Belgique)


Claude Seignolle au milieu des ses objets et livres, témoins d'un passé fantastique et mystérieux.

Cette angoisse que je m’avoue par Marcel Allain

Deux heures du matin !… J’écris cette note que, lecture achevée, j’ai coutume de glisser entre les pages de tout livre qui m’a plu… Mais j’hésite.

Une fois encore, il me semble que les mots dont je dois me servir sont usés. Il m’en faudrait de neufs, de spécifiques. Où les trouver ? – Le peintre, en mélangeant les couleurs de sa palette, crée la nuance qui satisfait son besoin d’expression. L’écrivain n’a pas pareille ressource. Il faut se contenter, toujours, du même vocabulaire. Et il est si pauvre, ce vocabulaire usagé, quand il s’agit d’exprimer, d’expliquer, des sentiments, voire de confuses impressions…

Tout, pourtant, est tranquille autour de moi. De l’autre côté de mes fenêtres closes, une nuit de dense obscurité tend son rideau de velours. Pas un bruit.

Pourquoi ne dirai-je pas l’angoisse qui est la mienne, l’angoisse qui est née de ma lecture de ce soir ? J’ai devant moi le dernier livre de Claude Seignolle. Je viens d’en tourner les pages… et je réfléchis, frissonnant.

…Oh ! vraiment, je sais, de belle date, qu’un destin humain se débat entre deux incertitudes certaines !

Notre naissance, notre mort sont des « inconnues ». Si la Science dresse le constat physiologique de ces moments, elle n’en tente aucune explication. D’où vient la Vie de l’homme qui naît ? Où s’en va-t-elle quand il meurt ? Ces deux questions sont « valables » comme il s’écrit, de nos jours. Puisque rien ne se crée, que rien ne s’anéantit, que, seulement, tout se transforme les deux problèmes majeurs en découlent. Mais ils sont admis de tous, tolérés par nos résignations. Ils ne sauraient donc engendrer ce malaise surprenant, à goût nouveau, attirant comme un abîme, que la lecture de Claude Seignolle a mis en moi ?

Ne serait-ce pas qu’entre ces deux inconnues – naissance et mort – l’écrivain, logique en son audace, en a posé une troisième, en faisant intervenir le facteur « temps » ? En nous rendant perceptible, pendant notre vie, ce monde redoutable que notre pensée ose à peine soupçonner et qui, cependant, nous les pressentons presque, côtoie notre monde quotidien ? J’entends et veux parler de cet Univers où s’agite le Malin, où grouillent les effarantes incarnations du Mal, du Galoup, des SS loups-garous, aux Larves, aux Influences, aux Sorts ?

« Récits maléfiques », « Récits cruels » dit Seignolle. Peut-être ! Mais, plus encore, évocations révélatrices du Peuple des Ténèbres. Il n’est que de les lire, ces récits, pour sentir – comme je le sens, ce soir – tout ce que l’invisible peut ou doit enclore de Démons, de Désincarnés, de Revenants, de Ceux qui sont en n’étant pas… en n’étant plus !…

Point de scepticisme, alors, car ici, nul dogme n’est à combattre ! Pas davantage de croyance, car il n’est proclamé nulle Révélation sainte, nul Évangile sacré ! Non ! Ne suffit-il pas qu’il y ait, impossible à nier, ce malaise que je m’avoue ?

Elles sont cependant, ces histoires étranges, écrites d’un style clair, limpide, délicieusement français, et les images y abondent, qui éclaboussent les phrases de clartés jolies.

Et puis, je connais Claude Seignolle ! Je me flatte d’être son ami. Je sais sa poignée de main cordiale, franche, solide. Alors, une fois de plus, d’où vient ce malaise que distillent ces livres, et qui leur donne, je le répète, l’hallucinant et passionnant vertige des abîmes qui attirent ?

D’où ? Peut-être du « suspense » que, diaboliquement, Seignolle dose de pages en pages ? De la qualité rare de ce suspense qui n’est pas celui du simple roman policier, car il se fonde sur l’ignorance de notre condition humaine, car il se bâtit sur nos curiosités, sur nos aspirations profondes ? C’est possible…

… Et cependant, quand j’évoque la silhouette de cet Ami que j’aime autant que j’admire son Œuvre, quand ma pensée me montre ce garçon qui est la vie même, quand je songe à son rire si chaud, à sa voix si timbrée, quand le souvenir de l’Homme efface les mérites de l’Auteur, quand je mesure, nettement, ce qui semble opposer celui-ci à celui-là, le mystère de cette contradiction m’apparaît soudain facile à expliquer…

À expliquer d’un mot : le talent – un grand talent.

MARCEL ALLAIN
alias Fantômas

Croyances et légendes de la mort en Bretagne et pays celtiques: sur les chemins de l’Ankou

Sur les Chemins de l’Ankou , croyances et légendes de la mort en bretagne par Daniel Giraudon, Prix Claude-Seignolle de littérature orale 2013, Editeur : YORAN EMBANNER

Daniel Giraudon, bien connu pour ses ouvrages sur les traditions populaires de Bretagne , a cette fois enquêté, plus d’un siècle après Anatole le Braz, sur les croyances et légendes de la mort en Bretagne.

Fidèle à sa méthode habituelle, il est allé chercher dans la mémoire des anciens des témoignages inédits, afin d’en savoir plus sur un sujet dominé par un personnage mystérieux et inquiétant, l’Ankou. C’est ainsi que sur les chemins creux et tortueux de la mort, il a rencontré l’homme à la faux et entendu le grincement inquiétant des roues de sa charrette. Il l’a décrit tour à tour comme la Mort personnifiée, comme messager ou pourvoyeur de la Mort. Il a vérifié la dimension humaine de l’Ankou qui côtoie les vivants et va même s’asseoir à leur table.

Il a aussi écouté et remarqué tous les autres signes annonciateurs du trépas, les bruits insolites, le comportement et les cris des animaux, les pressentiments, les rêves prémonitoires, les apparitions, les hallucinations. Il s’est longuement attardé au bord de l’eau avec les lavandières de nuit. Il a croisé dans la pénombre des êtres fantastiques, les uns plus terrifiants que les autres. Il s’est trouvé en présence de cortèges funèbres nocturnes, également de mauvais augure mais qui firent aussi le jeu des fraudeurs de tabac. Il a assisté les âmes en peine dans l’attente d’une délivrance. Il a noté la présence constante des défunts parmi les vivants et le souci permanent de ne pas les mécontenter. Il a encore assisté à certaines veillées mortuaires et constaté que si la mort était source de chagrin, on savait également en parler avec un certain humour.

Ce qui fait l’originalité de cet ouvrage consacré aux traditions populaires relatives à la mort, c’est l’abondance des récits livrés à l’état brut dans la langue maternelle de ceux qui en furent les témoins. La Haute-Bretagne est également présente dans ce légendaire et des rapprochements sont établis avec les pays celtiques outre Manche. L’iconographie reste très proche du texte pour lui donner encore plus de force. Anatole Le Braz avait bien raison de penser qu’il restait encore beaucoup à moissonner en Bretagne sur ce thème de l’Ankou qui, après tout, n’était pas un si mauvais diable que ça.

Préfaces Claude Seignolle

Traduit de l'anglais par Jacques Papy. Préface de Claude Seignolle. Lithographies originales de Gérard Gachet. Strasbourg, Société alsacienne d'éditions et de diffusion d'art, (achevé d'imprimer le 10 septembre 1979) In-f°. En ff. Sous couv. titrée. 32 lithographies originales de G. Gachet. Tirage à 200 ex. + qqs h.c. Exemplaire n°47 sur vélin d'arches comportant 1 lithographie originale sur Grand Style gris perle, 1 lithographie originale sur Romana beige et une suite sur Japon nacré. 

 

 

 

 

 

 

Boutet, Gérard, ‎La petite histoire de la Sologne et de ses alentours‎, 1981, 192 p. ‎Avant-propos de Claude Seignolle.‎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Maquis de Souesmes en Sologne
Enquête sur un combat héroïque de la Résistance
préface de Claude Seignolle
Royer éditeur 1992

 

Il ne faut jamais réveiller les légendes, Paris, Les Silènes, 1993, Préfaces de Claude Seignolle,

L’avant-dernier et le dernier voyage de Jean Ray, Bruxelles, 1964
Mise en garde en guise de préface (Grand Albert), Paris, 1965
Mon ami Thomas (hommage à Thomas Owen), Bruxelles, 1966

 

 

 

 

 

 

John Flanders-Jean Ray, l’unité double.‎ Editions Hêtre Pourpre / Collection La Bibliothèque d’Alice 1997

Histoires mystérieuses des trésors enfouis de Didier Audinot, Préface : Claude Seignolle, Grancher , 2005

Le Grand et le Petit Albert, Le Pré aux clercs 2008, Albert de Groot, Préface : Claude Seignolle

Le Grand et Le Petit Albert, deux fameux traités de magie noire et de sorcellerie, doivent être considérés comme des ouvrages dont la lecture n’est pas sans danger : ils s’adressent de préférence aux initiés car les recettes secrètes qu’ils révèlent comment vaincre la chance, être heureux en amour, retrouver les affections perdues, acquérir .1a santé, construire sa fortune, se défendre contre ses ennemis peuvent devenir des armes redoutables entre les mains des profanes. On apprendra à changer le plomb en or fin, à confectionner toutes sortes de talismans, à élaborer des parfums, voir en songe la personne que l’on va épouser, à avoir de la chance aux jeux, à récupérer un pucelage perdu, à soigner ses maux…

Les soufflants du bonnet – Fabliaux et contes drolatiques. L’Hydre Editions (16 octobre 2007)

Philippe Legendre-Kvater Claude Seignolle (Préfacier)

Philippe Legendre-Kvater, auteur-illustrateur, est aussi peintre-graveur. Ses fabliaux sont inspirés par ses peintures, ou parfois, ce sont les textes qui donnent naissance à des images fantasques.

Philippe Legendre à pris la plume, celle que l’on trempe dans l’encre dissipée prête à se livrer à un jeu de flashs littéraires, déroutant délire de mots ! C’est un foyer ronflant alimenté de petits fagots de fabliaux, historiettes ou textes inattendus et inclassables par leurs pirouettes de situations. C’est plein d’inventivité sorties des délires de son imagination gargouillante. Puis il a dessiné et avivé de couleurs chaque personnage mis en scène, mi-humain, mi-fantastique. C’est inventif, torturé, cocasse et complète idéalement l’élan soutenu de ce petit livre magique, hors norme, à lire à petites goulées directement au tonneau dont on réouvrira souvent le robinet pour s’enivrer de leurs meilleures doses de vertiges.

 

Quand je serai grand, je serai mort, Editions Les 2 Encres, 2008

Nicolas Liau (Auteur), David Dunais (Préface), Claude Seignolle (Introduction)

La hantise de la mort pousse à toutes les folies… Ici, une fillette amuse de ses chansons le cadavre d’un pendu, une veuve voit sa maison peu à peu envahie par l’odeur de la putréfaction, un simple d’esprit cache la dépouille de son père dans une soupente. Là, un vagabond jette son cœur à des chiens errants, deux gaillards jouent aux osselets au milieu d’un cimetière, un vieux solitaire trouve un œil de verre clans son jardin. Là encore, un scieur de bois trempe ses mains dans le sang des arbres, un paysan piétine des sépultures pour s’enrichir, un poète enfouit son mal-être sous un masque à gaz. Plus loin, un reclus laisse une jeune flâneuse chuter dans un puits, une mourante joue de la viole à l’intérieur d’un couvent en ruine, un vieillard enfonce ses doigts dans les yeux d’une statue équestre. Là-bas, enfin, un jeune homme regarde ses rêves pourrir près d’une fontaine, un souffleur de verre fabrique d’étranges cercueils à ses cinq fils et deux amoureuses affrontent le vide au sommet d’un pigeonnier. Mourra bien qui mourra le dernier..

Contes et légendes d’Alsace, Place Stanislas Editions, 2009

Roger Maudhuy (Auteur), Claude Seignolle (Préface)

Pour la première fois, un ouvrage de référence est consacré aux légendes de l’ensemble de L’Alsace , du nord au suc : chaque canton est représenté par au moins une légende, soit plus d’une centaine de récits ! Grâce aux enquêtes menées depuis trente ans par Roger Maudhuy, aux visites des sites et lieux légendaires, aux rencontres avec de nombreux témoins de la tradition orale, l’ouvrage rassemble des légendes pour la plupart inédites et soigneusement vérifiées. Roger Maudhuy a également eu accès à un vaste ensemble de manuscrits inédits et notamment les chroniques de l’abbé Kramer de Niederhaslach (Alsace du Nord) et des comptes rendus d’enquêtes menées sur le terrain. Ce travail de recherche sur l’univers légendaire alsacien confère un caractère incontournable à cet ouvrage destiné à devenir le livre de référence. Accompagné d’une trentaine d’illustrations d’artistes des années 1900, « Contes et légendes d’Alsace » est appelé à figurer dans toutes les bibliothèques des lecteurs désirant connaître le passé légendaire de leur région.

La légende de la mort,  Anatole Le Braz, Archipoche, 2011. Préface : Claude Seignolle

La Bretagne regorge de légendes, de superstitions et de contes fantastiques, et je dois avouer être fasciné par la mythologie, les légendes et la mort, il y a tant encore à découvrir. Un des thèmes les plus abordés est la mort. Sa forme la plus représentative est celle de l’Ankou (son nom peut varier selon les régions, mais c’est toujours le même personnage). Cet ouvrier de la mort (oberour ar maro) est en fait, dans chaque paroisse, le dernier mort de l’année et il le reste jusqu’au dernier mort de l’année suivante et ainsi de suite. On le dépeint de biens des façons ; grand, maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre… Dans tous les cas, il tient à la main une faux dont la tranchant est tourné vers l’extérieur. Il se déplace généralement dans une charrette (karriguel ann Ankou), comme celles qui servaient autrefois à transporter les morts, cette charrette est traînée par 2 chevaux attelés en flèche, celui de devant est maigre et arrive à peine à marcher, le second est gras et fort. L’Ankou se tient debout sur la charrette, il est escorté de deux hommes, l’un tient la bride du cheval de tête et l’autre ouvre les barrières et les portes pour ce convoi funeste, et empile aussi les morts que l’Ankou a fauché sur son chemin.

« Lorsqu’un mourrant trépasse les yeux ouverts, c’est que l’Ankou n’a pas fini sa besogne dans la maison, et il faut s’attendre à le voir revenir à bref délai pour quelque autre des membres de la famille. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ange de la mélancolie  –  2012

 

 

 

 

 

 

Un si pur souvenir, Yvonne Sévoz, 2013 & 2015

 

 

 

 

 

 

Louis le Galoup Tome 5, Le coeur de Tolosa, 2014

Jean-Mathias Xavier (Illustrateur) , Claude Seignolle (Préfacier)

L’ombre recouvre Tolosa… Derrière les murs de la ville rousse, le noir Vicomte, s’apprête à épouser Darne Stéphanie pour s’approprier ses pouvoirs, et noyer Occitània dans ses ténèbres…

 

 

 

Le Conteur de loups

Hesse, 2001, illustrations Philippe Legendre-Kvater

Préface de Philippe Legendre-Kvater
Des contes recueillis par Claude Seignolle il y a plus d’un demi-siècle, et des récits « qui laissent un parfum étrange qui ne vous quitte plus, comme une odeur de loup… ». (nouvelle édition augmentée).
14,5 x 22,5cm, broché – 147 pages

2006 Année Claude Seignolle

2006 Année Claude Seignolle

En 1984, l’oeuvre de Seignolle est célébrée pour la 1ère fois en Sologne, avec la création par l’UCPS d’un spectacle théâtral itinérant, adaptation de ‘’Marie la Louve’’. Un autre spectacle en 1999, ‘’La Malvenue’’, connaîtra le même succès. Depuis, ils ne se sont plus quittés ! L’UCPS place Claude Seignolle au coeur de randonnées à thèmes, de soirées contes et d’expositions. Une histoire qui ne peut que continuer !

C’est pourquoi l’UCPS organise en 2006 une grande année de festivités. Afin de continuer à faire connaître un grand auteur-ethnologue… Claude Seignolle ! 2006 : Une riche année en perspective ! Des animations sont prévues tout au long de cette année pour célébrer l’auteur : conférences, festival-contes, lectures, rencontre avec des professionnels, échanges avec l’étranger…

Pour découvrir Seignolle, l’UCPS vous ouvre sa mallette ! L’UCPS a rassemblé pour vous, cette année, une pléiade d’artistes, conteurs et autres acteurs de la vie associative et culturelle. Bibliothèques, Associations, Organismes publics ou privés, Ecoles et Collèges… il y en a pour tous les genres et pour tous les âges, faites votre choix : randos, expos, animations, spectacles, lectures, contes… Tout ce que l’UCPS vous propose… C’est ça, l’Année Claude Seignolle ! (24-25-26 mars 2006)