Le Folklore du Languedoc (1960) (Gard – Hérault – Lozère )

Paris, G.P Maisonneuve, Besson et Chantemerle, 1960
302 p. Collection des Contributions au Folklore des provinces de France, Tome VI

Maisonneuve & Larose, Collection des Contributions au Folklore des provinces de France, Tome VI, 1977, 302p

Promenades à travers les traditions populaires languedociennes des Cévennes à la mer Broché – 22 mai 2001, 302p

Première Partie:

  • Naissance – Baptême
  • Enfance – Adolescence
  • Fiançailles
  • Mariage
  • Funérailles

Appendice:

  • Le mode de vie traditionnel
  • Alimentation
  • Cuisine sur le Causse de Blandas

Seconde Partie:

  • Sorcellerie
  • Guèrisseurs
  • Remèdes populaires
  • Animaux
  • Sources et Fontaines miraculeuses
  • Météorologie populaire

Lorsque vous ouvrez le livre « Promenades à travers les traditions populaires languedociennes », vous libérez des parfums de lavande et si votre ouïe est suffisamment exercée, vous entendrez peut-être le chant des grillons, qui, dans une joyeuse cacophonie, jouent de leurs ailes une sorte de marche prénuptiale.

Le Languedoc, où le bien vivre ressources le pauvre citadin en mal d’espace, chante ses lieux-dits et vante le nom de ses villes. Amoureuse de la poésie, Sète, aux mille homonymes, se baigne fièrement dans l’âme de Georges Brassens. Le citadin retourné dans la fourmilière métropolitaine doit déjà regretté d’avoir quitté ses copains, son arbre et la vision des écureuils en jupon.

Le livre de Claude Seignolle est un livre de recettes vieilles grands-mères ! S’exclamera la mauvaise langue aux papilles gustatives si atrophiées que nulle gourmandise ne sera appréciée.

Seigneur de Sologne qui êtes-vous ? Le Pape des escargots dit la Gazette ? Un aventurier guidé par les forces souterraines de la vouivre ?

Je ne sais point, sinon que j’ai omis de parler des animaux. Mais vous comprendrez cette évidence : par la nature même du livre, je ne puis en dire quelques mots. Seulement me poser cette question : Le Seigneur de Sologne a-t-il fait un pacte avec les loups ?

Patrick Clot, Président de l’association des amis de Jacques Bergier

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Lu, à peine reçu, un de ces livres trésor, porteur de milliers de bouches mortes : « Promenade au travers des traditions populaires languedociennes des Cévennes à la mer » par Claude Seignolle. Editeur Maisonneuve et Larose 302 pages 21×12 cm Paru le 05 mai 2001. 21,04 Euros (138 Francs)

Les Editions Maisonneuve et Larose rééditent cet ouvrage de Claude Seignolle, rare et introuvable jusqu’à lors, paru en 1955 sous le titre « Folklore du Languedoc ». Un nouveau titre a été chaudement recommandé par l’auteur qui tient à entraîner le chercheur ou le lecteur dans une richesse de pensées, un foisonnement de paroles recueillies. « Promenade au travers des traditions populaires languedociennes des Cévennes à la mer » est un livre au style sauvage, me confie Claude Seignolle. Il possède ses coquilles comme au temps de sa première édition, il est riche des mots prononcés sans cesse naturellement et sans littérature par les témoins de temps immémoriaux, aujourd’hui disparus. En cela, ce livre est intemporel. »

Claude Seignolle submergé, s’affairant ici ou là à la réimpression de ses livres, s’accorde un répit autour du café et des biscuits secs. Comme nous partageons bien des thèmes en commun qui nous renvoient tant à nos domaines de prédilection qu’aux plus profondes contrées de France, (notre continent disparu ?), je le pousse dans les raisons qu’il peut donner à la naissance de ce livre.

« C’est à cause de Modestine ! »

– L’ânesse de Stevenson ?

– Parfaitement ! J’avais entrepris de retrouver à vélo la trace de Robert Louis Stevenson depuis Meyrueis et suivre son cheminement lorsque étape après étape, il nous faisait connaître un peu plus de Modestine et davantage des Cévenols (Voyage avec un âne à travers les Cévennes-1879-RL Stevenson).

Il y a soixante ans en 1936, 1937, Stevenson était mort depuis 1894, Claude Seignolle pensait avoir des chances de recueillir des témoignages de gens qui auraient pu le connaître. Finalement, il n’a pas suivi les traces de Stevenson pour coller à sa peau sur toute sa route, ce n’était plus l’objet. Il est resté ici et là, interrogeant cette aïeule dans le Gard, écoutant ces vieillards dans l’Hérault. Il a capté des pans entiers de la mémoire du Languedoc. A flanc de montagne, Il a ramené des chansons, des proverbes, des maximes et des superstitions. Il s’est faufilé dans des façons de vivre, auprès de gens simples et simplement riches de leurs seuls yeux aussi tranquilles que ceux du Gaspard Hauser de Verlaine.

Ce livre n’est pas « rédigé » à la manière dont Claude Seignolle écrira plus tard ses nouvelles et ses romans. Ni même comme son recueil des souvenirs des invités du « Château de l’Etrange ». Il s’agit là d’une masse brute d’informations. « La masse des roches donne des immenses plages. Le livre est la résultante des origines des grandes religions car il nous dit la parole des peuples qui par multiples maillages nous parvient à l’époque moderne où un type en vélo les récolte » Claude Seignolle sourit, son regard pétillant braqué sur mes réactions. Il ajoute : « Un livre comme celui-là est une épicerie, avec ses bocaux, ses pots de différents miels, ses herbes accrochées en herbier de santé. Des petites boîtes bourrées d’interdictions les plus variées et de solutions les plus prometteuses ».

Claude Seignolle replonge dans son travail. Un petit sourire au coin des lèvres, il me propose de méditer sur une image qui, pour lui, illustre bien la transmission de la pensée entre les générations dans une même famille : « Le petit-fils porte une culotte de velours, elle a été taillée dans le costume du grand-père ! ».

Patrick Ducôme

En Sologne : Moeurs et coutumes

 Lors de mon enquête de 1959, il me fut conseillé d’aller voir un sorcier-guérisseur. Je m’y rendis, impatient de curiosité et trouvai un homme « au regard sorcier » qui se défendit de posséder le moindre pouvoir.

Mais, l’ayant mis en confiance par l’imposante série de prières magiques que je lui débitais sans reprendre souflle, il m’avoua posséder un livre de sorcellerie qui ne courait pas les routes ; un grimoire plein de procédés du diable et qui lui avait été utile plus d’une fois.

Là-dessus il alla dans son grenier et revint avec le fameux livre. Ma surprise ! Il s’agissait de ma première édition de En Sologne, parue en 1945 sous une couverture épaisse et de couleur terreuse. C’était son grimoire !

 

  • Paris, G.P Maisonneuve, 1945 , 154 p avec une préface d’Arnold van Gennep.
  • Paris, G.P Maisonneuve, 1967, 224 pages (Réédition augmentée)

Traditions paysannes de Sologne, Hesse, 1999


Traditions paysannes de Sologne, Hesse, 2000

Le folklore du Hurepoix – Jacques et Claude Seignolle

De septembre 1935 à juin 1936, cinq jours pleins par semaine, deux jeunes garçons, Claude et son frère Jacques, entreprennent à bicyclette une tâche impensable de nos jours. : explorer la mémoire paysanne et populaire encore vivante aux portes de Paris. plus précisément clans le Hurepoix, aujourd’hui la grande banlieue sud de la capitale. Sous l’égide de leur maître. Arnold Van Gennep, le grand savant du folklore français, naissance, mariage, mort, fêtes patronales, corporatives et saisonnières, météorologie, remèdes de bonne femme. magie, sorcellerie. contes. légendes, chansons, jeux, font l’objet d’une enquête minutieuse dans plus de 170 communes parcourues inlassablement.

Claude et Jacques Seignolle chasseurs de l’âpre connaissance populaire « . sont ainsi les ultimes témoins des savoirs du terroir de la région parisienne, là où maintenant  » enrichie de millions de nom eaux venus allant croissant. mis en tas dans d’immenses i filles nouvelles, les enfants qui y naissent et revendiquent la fierté de la terre natale. n’entendront jamais raconter le patrimoine local huile d’anciens occupants « . Ce premier ouvrage, un témoignage essentiel, va ensuite ensemencer l’oeuvre ethnographique et imaginaire de Claude Seignolle à la découverte d’autres régions françaises, dont la Sologne, source d’une saga qui, depuis, a fait le tour du monde

  • Le folklore du Hurepoix (Seine- Seine-Et-Oise- Seine et Marne, Éditeur : G.P. Maisonneuve, Coll «  Contributions au folklore de France », Tome IV (1937). 328 p

Broché: 328 pages
Editeur : G. P. Maisonneuve et Larose, Coll «  Contributions au folklore de France », Tome IV (1978)


Traditions et Superstitions aux portes de Paris. Hesse Editions 2000, 361p


Traditions et superstitions aux portes de Paris. Hesse Editions 2010

 

Traditions et Superstitions aux portes de Paris Broché – 2000

De septembre 1935 à juin 1936, cinq jours pleins par semaine, deux jeunes garçons, Claude et son frère Jacques, entreprennent à bicyclette une tâche impensable de nos jours. : explorer la mémoire paysanne et populaire encore vivante aux portes de Paris. plus précisément clans le Hurepoix, aujourd’hui la grande banlieue sud de la capitale. Sous l’égide de leur maître. Arnold Van Gennep, le grand savant du folklore français, naissance, mariage, mort, fêtes patronales, corporatives et saisonnières, météorologie, remèdes de bonne femme. magie, sorcellerie. contes. légendes, chansons, jeux, font l’objet d’une enquête minutieuse dans plus de 170 communes parcourues inlassablement. Claude et Jacques Seignolle chasseurs de l’âpre connaissance populaire « . sont ainsi les ultimes témoins des savoirs du terroir de la région parisienne, là où maintenant  » enrichie de millions de nom eaux venus allant croissant. mis en tas dans d’immenses i filles nouvelles, les enfants qui y naissent et revendiquent la fierté de la terre natale. n’entendront jamais raconter le patrimoine local huile d’anciens occupants « . Ce premier ouvrage, un témoignage essentiel, va ensuite ensemencer l’oeuvre ethnographique et imaginaire de Claude Seignolle à la découverte d’autres régions françaises, dont la Sologne, source d’une saga qui, depuis, a fait le tour du monde.

Anne Guyonneau  » Les malédictions enluminées « 

 » Anne Guyonneau voit et vit mon œuvre paysanne avec un esprit enluminé car elle aime habiller ses créations de beau. Moi, j’ai laissé la boue millénaire aux miennes.
Elle, a la rigueur de la géométrie de sa vision autre et ordonnée.
La poésie, telle celle-ci, est la première que l’on tente de cette façon rigoriste sur mes vieux mots poussiéreux. Elle y met son cadre tout autant solide.
La permanence de mes histoires profite de ces images nouvelles qui en modifient et modernisent l’aspect. Ici c’est le cœur d’Anne que nous apercevons.
Il rénove les mythes sans effacer leur littérature…
Espérons que ces multiples tableaux, qui racontent un moment de mes romans, incite à aller fouiller dans les recoins des vieilles bibliothèques, les livres qui les ont fécondé et qu’ainsi, peinture et encre, s’unissent dans une complicité certaine dans la durée.
Merci, Anne »
Claude Seignolle, Mars 2004

Le Venin de l’arbre

Le Rond des sorciers

Le Matagot

Le Marchand de rats

La Malvenue

Le Hupeur

L’Isabelle

Le Diable en sabots

Les Chevaux de la nuit

Marie la louve

Promenades avec Seignolle – Denis LABBÉ

 

 

 

 

 

 

Illustration de Pierre GHYS. L’OEIL DU SPHINX (ODS), coll. La Bibliothèque d’Abdul Alhazred (II) n° (2), 2001.

Promenades avec Seignolle. Le titre s’imposait de lui-même, tant ce conteur aux mille visages sait nous mener le long de sentes magiques aux confins de nos légendes. C’est donc à un voyage que nous vous convions dans ces pages. Un voyage singulier et fabuleux aux côtés de celui qui symbolise le verbe des temps anciens, mais aussi ce chaînon manquant entre la voix des sachants les soirs de veillées et le fantastique du 20ème siècle. Aux détours des chemins apparaîtront, tour à tour, l’écrivain saisi par ses contemporains, l’enfant capté par l’oeuvre puis enfin l’homme face à son temps, démasquant — en partie seulement — ce Janus moderne de notre littérature.

Un hasard minutieux (1974)

Rue Réaumur, dans ce bureau de tabac dont on ravale la façade à l’aide d’un échafaudage en tubes d’acier, j’attends patiemment mon tour pour acheter un paquet de gitanes. Devant moi un homme âgé et bavard, de type calabrais, à l’œil un rien adjudant, pour qui sans doute venir se ravitailler en gros gris est l’occasion de commander encore quelqu’un, tient le tenancier immobile qui l’écoute par politesse commerciale.

Je n’ose rompre le visible besoin du vieil homme que j’observe avec intérêt tant il trahit un désir de s’accrocher là avec des propos en forme de grappin. Il amorce plusieurs fois son départ mais, sur une hésitation, il revient et trouve à nouveau quelque chose dautre à dire.

Cet homme est désorienté et n’agit pas de lui-même ; je serais prêt à jurer qu’il obéit à une force qui se joue de lui comme elle l’entend. Je ne me trompe pas, l’homme finit par avouer au tenancier que « ça ne va pas »… il ressent une sorte d’angoisse qui s’amplifie chaque fois qu’il veut s’en aller. Le « Tabac » rit, et, tout en me faisant le geste de prendre patience, lui rétorque un rassurant « s’il fallait s’écouter chaque fois que ça ne va pas !…»

Alors, avec une visible résignation, le vieux se décide à partir. Il sort. En passant sous l’échafaudage il chancelle et s’écroule d’une masse comme s’il avait reçu un lourd moellon sur la tête.

Nous nous précipitons. Il est mort. Ses yeux sont grands ouverts, les pupilles foudroyées par une surprise aiguë. On le dirait électrocuté. Si bien qu’on cherche aussitôt le fil criminel : point ! Puis le possible moellon assassin : rien ! On ne retrouve aucun matériau coupable. « Encore un coup du cœur » jette quelqu’un.

Les blanchisseurs de façades descendent enfin de leur perchoir-à-laver et, tout de même, au contact de leur responsabilité, s’inquiètent si un de leurs outils n’a pas vagabondé dans le vide : non ! De leur côté également rien. Rien n’est tombé et ce n’est certainement pas cet éclat de plâtre, qui a mis une insignifiante touche de blanc dans les cheveux du mort, que l’on pourrait accuser d’avoir fait office de merlin !

La Police venue emporte le corps vers quelque morgue et tout un chacun s’éloigne après ces sempiternels commentaires sur la fragilité de nos vies citadines.

Le surlendemain, revenu dans le même bureau de tabac, le tenancier me raconte, avec des phrases lissées à point par la force de répétition, que le médecin légiste ne trouvant aucune apparente raison à ce décès mystérieux, a procédé à l’autopsie. Ce n’est qu’en sciant la boîte crânienne qu’il a découvert dans le haut frontal la réponse à l’énigme : le défunt avait eu une jeunesse querelleuse et s’était souvent battu au couteau ; or, au cours d’un de ces assauts, la lame adverse se planta là et s’y brisa, laissant dans l’os un minuscule morceau de la pointe d’acier. Pendant cinquante ans cet homme vécut en condamné à mort, ignorant veinard d’un sursis. Le simple hasard l’acheva en le faisant passer sous l’échafaudage au moment où tombait un maigre éclat de plâtre. La confluence ne fut pas heureuse ; atteinte juste, la pointe d’acier progressa du fatidique millimètre.

Claude Seignolle, ethnologue du monde fantastique : « Je suis un menteur idéal… »

Écrivain-culte pour un grand nombre de lecteurs, outre-atlantique notamment, Claude Seignolle, était le sujet de l’émission « Appel d’Air » en 2002. Alors âgé de 85 ans, il expliquait comment il avait construit son oeuvre fantastique sur un minutieux travail d’enquête. Dès l’âge de vingt ans, sur les conseils de l’ethnologue Van Gennep, il avait entrepris de collecter les traditions, les croyances, les peurs ancestrales auprès d’une population rurale née sous le second Empire. De là devait naître, selon les propos d’Hubert Juin en son temps, « le plus beau florilège d’histoires à faire peur de la littérature d’aujourd’hui »…

Claude Seignolle expliquait comment était née, dès son enfance, sa vocation d’ethnologue du monde fantastique. Formé avec la peur du loup, la peur de se pencher sur un puits… il se qualifiait de « menteur idéal » . Il évoquait sa rencontre avec Arnold Van Gennep, folkloriste français et ses premières enquêtes dans l’esprit du collectionneur. Il racontait quelques mésaventures vécues lors de ses enquêtes dans le monde paysan concernant le surnaturel, sa méthode pour questionner les gens, comment il était passé de l’enquête à la fiction, grâce à sa rencontre avec « Marie la louve ».

Avec Claude Seignolle, Jean-Pierre Sicre et Jean Marigny

  • Production : Marie-Hélène Fraïssé
  • Réalisation : Christine Diger
  • Appel d’air – Les enquêtes de terrain de Claude Seignolle
  • 1ère diffusion : 27/09/2002