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… et il rêva à quelque ermitage dans les montagnes, bien loin des bruits et des puanteurs de l’humanité.
Comment ne pas être heureux ?
Partout de quoi s’épargner de subir la nature, partout de quoi faire des rencontres humaines, partout où accéder aisément.
Chacun mesure sa parole pour ne pas écorcher la sensibilité des hystériques, mais on rit tout de même. On rit tant !
L’humanité est digne lorsqu’aux beaux jours tout le monde ne s’habille que de sous-vêtements pour barboter dans des eaux puantes sous un soleil de plomb.
Tout est beau, tout est magique, tout est onirique, formidable, intelligent, savoureux. On n’édite certes que très peu de poésie dépassée, Byron et Tennyson sont presque introuvables, mais au moins nous avons de bons thrillers et des biographies romancées, au moins nous avons du neuf.
Les musées et les galeries croulent sous l’art moderne plutôt que tout ce qui est réellement artistique. Et, puisque la cuisine est devenu un art, il y a de l’art à chaque repas, et chacun est un artiste. Une société de créatifs, une civilisation de génies !
Que j’aime le fait que le sens de la philosophie ait été galvaudé pour désormais inclure la psychanalyse et le moindre rot de personnalités connues. Que j’aime tout ! On bouge, tout va vite, si vite que nous n’avons plus à nous torturer les méninges pour analyser et prendre de la distance car le présent est déjà du passé ; il suffit de savoir, pas de comprendre.
J’aurais à violer ce monde que j’aime si tout ce même monde n’était déjà d’accord pour copuler dans cette noble orgie contemporaine.
Tout est trop parfait, trop merveilleux, je dois être en train de rêver ! Serai-je à la hauteur de tout ce bonheur ?
Paix, amour et empathie. Vive la vie. Vive la vie !

Bientôt l’infection se répandit, elle rongea tous les tissus de ce corps jusqu’à oblitérer sa nature pour le faire devenir son mal lui-même. La chose garda le nom de son hôte premier, car il n’était pas mort au sens propre, mais elle n’avait plus rien à voir avec lui. La plèbe béotienne ne remarqua pas plus que les érudits attentifs la corruption radicale à l’œuvre.
Le monde n’avait pas changé, il demeurait tout aussi médiocre, mais un nouveau lambeau de sa dignité était parti en poussière. En cet automne de l’humanité, une branche avait pourri, et une autre avait poussé, tirée de l’humus, sans pourtant devenir végétale mais conserver son état merdique.
La modernité parait si belle aux yeux du scatophile..!
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Lines Written in the Realization That I Must Die
The Black Door gapes and the Black Wall rises;
Twilight gasps in the grip of Night.
Paper and dust are the gems man prizes—
Torches toss in my waning sight.
Drums of glory are lost in the ages,
Bare feet fail on a broken trail—
Let my name fade from the printed pages;
Dreams and visions are growing pale.
Twilight gathers and none can save me.
Well and well, for I would not stay:
Let me speak through the stone you gave me:
He never could say what he wished to say.
Why should I shrink from the sign of leaving?
My brain is wrapped in a darkened cloud;
Now in the Night the Sisters are weaving
For me a shroud.
Towers shake and the stars reel under,
Skulls are heaped in the Devil’s fain;
My feet are wrapped in a rolling thunder,
Jets of agony lance my brain.
What of the world that I leave forever?
Phantom forms in a fading sight—
Carry me out on the ebon river
Into the Night.
R.E. Howard
Malheur aux nouveau–nés !
Maudit soit le travail ! maudite l’espérance !
Malheur au coin de terre où germe la semence,
Où tombe la sueur de deux bras décharnés !
Maudits soient les liens du sang et de la vie !
Maudite la famille et la société !
Malheur à la maison, malheur à la cité,
Et malédiction sur la mère patrie !
Musset

In Jove’s fair image Man was shaped at birth.
The beasts for lesser parts were next designed;
Yet were they too remote from humankind.
To fill the gap, and join the rest to Man,
Th’Olympian host conceiv’d a clever plan.
A beast they wrought, in semi-human figure,
Filled it with vice, and called the thing a Nigger.

Ah ! si la rêverie était toujours possible !
Et si le somnambule, en étendant la main,
Ne trouvait pas toujours la nature inflexible
Qui lui heurte le front contre un pilier d’airain !
Si l’on pouvait se faire une armure insensible !
[…]
Pourquoi promenez-vous ces spectres de lumière
Devant le rideau noir de nos nuits sans sommeil,
Puisqu’il faut qu’ici-bas tout songe ait son réveil,
Et puisque le désir se sent cloué sur terre,
Comme un aigle blessé qui meurt dans la poussière,
L’aile ouverte, et les yeux fixés sur le soleil !
Musset
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