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La morale des esclaves

A leurs yeux, on se conduit bien quand on possède un emploi. Ils ne connaissent rien d’autre. Leur vocabulaire se limite à ces mots : avoir un emploi, travailler. Misérables esclaves ! Il n’est pas surprenant que le monde appartienne aux puissants. Les esclaves n’ont qu’une obsession : leur esclavage. L’emploi est pour eux une sorte de fétiche devant lequel ils tombent à genoux et joignent les mains !

Suis-je Providence ?

Bon, on fait un autodafé des œuvres de Lovecraft pour faire avancer le progrès ?

Déjà en 2014 le combat avait commencé, mais comme il n’a pas été mené jusqu’au bout, comme Lovecraft n’est toujours pas devenu tabou, il y a désormais des pillages : des gens cherchent les livres de Lovecraft que les commerçants possèdent pour les purifier par le feu de manière saine. Cessons de croire aux informations officielles : nous, nous savons que la justice sociale passe par un bon feu de joie alimenté par des livres. Des émeutes… ah ah ! Comme si nous n’entendions pas la vibration, l’appel, en provenance de R’lyeh !

Nous n’écrirons pas seulement le futur, nous réécrirons le passé ! Les Grands Anciens, c’est fini. Iä, Iä; Cthulhu fhtagn !

La voix d’un idéal

Etiez-vous là, à Venise, lorsque Schopenhauer, Chateaubriand et Byron y résidaient ? Non évidemment. Et vous ne les avez jamais vus ailleurs réunis, pourceaux prosaïques que vous êtes, misérables humains, odieuses fanges rassemblées en complexions simiesques.

Moi non plus je n’étais pas stricto sensu présent à Venise à cet instant où j’aurais pu trouver des interlocuteurs à peu près valables, infiniment plus agréables que vous, mais je les ai toujours auprès de moi, ces gens avec qui je peux deviser tout comme il est impossible de le faire avec vous.

« Menteur ! Arrogant ! Allez vous me qualifier.

« Tu es comme nous, un humain, allez-vous vous fourvoyer.

Je vous maudis tous, bande de personnages réels, et m’en retourne, après vous avoir craché à la gueule, à mon état imaginaire, là où se peuvent trouver des gens de bon esprit et de bonne langue, dans ma bibliothèque.

Une nouvelle voix avec laquelle hurler

A travers ma vie tremble sans plainte,

Sans soupirs, profonde et sombre, une douleur.

De mes rêves la pure neige en fleur

Bénit mes jours les plus silencieux.

 

Mes plus souvent la grande question croise

Mon chemin. Je me fais petit et passe

Froid devant elle comme près d’un lac

Dont je n’oserais mesurer les flots.

 

Puis une souffrance en moi descend, morne

Comme le gris de nuits d’été sans éclat,

Percée d’une étoile scintillante – ça et là – :

 

Mes mains tâtonnent alors vers la mort

Car j’aimerais tant prier en des sons

Que ma bouche brûlante ne peut trouver…

 

Franz Kappus (modestement amélioré par F. Thievicz)

 

Vous êtes dans la norme, pas de soucis !

Cet homme-là, j’en suis jaloux jusqu’à m’en faire tourner la bile. Il est idiot, nous n’en discuterons pas, mais qui vous dit qu’un homme normal ne devrait pas être un idiot – qu’en savez-vous ? Peut-être même est-ce très bien.

Fédor D.

« Saut mortel depuis la tour Eiffel » avec Franz Reichelt

 

Fait a Paris le 3 février 1912
Je soussigne fait don de tout ce que jé posede a Madame Luise Schillmann emploiye depuis de longsanné pour le devoument et les service quel me rendu. Et jé l’autorise de toucher tout le factures reste non paye et garder le montent en plus jé voudrais que dans le cas mon invention porterai le fruit que on verse a cet personne un rente anuelle de quinze cent franc dan le cas mon invention rapporterai moin de troi mille franc, Madame Luise Schillmann ne Reis doit partageravec mes parent en 2 partis égale. mai jé vous prie de faire savoir a me parent que jéne voudrai jamai que ma seur Katarina ne touche qelque chose.
jé vous prie don Madame Schillmann de bing executer ma derniere volonté et exusé moi de la douleur quel je pourrai vous causer.
envoyé mes vetement a mon père ainsi mes bijou
ma bague et montres.
en vous embrassan bin sincerement
Reichelt
8 rue Gaillo

Donnez-moi une scie assez longue et je vous couperai le monde !

Tant qu’il existera des lames de scie assez longues il y aura des arbres assez épais pour être coupés.

C’est logique, pensez-y : l’univers est né pour l’humain, le temps est apparu pour l’humain, les étoiles, le soleil, la lune, la gravité, la pluie, le soleil, les saisons, les plaines et les montagnes, tout est là pour l’humain, afin de le servir. Alors vous pensez bien que la végétation n’aura jamais l’audace ni l’impolitesse de ne pas faire l’effort de s’adapter aux inventives technologies de ceux qui sont fait à l’image du dieu qu’ils ont fait à leur image…

L’apocalypse est proche, vive l’apocalypse !

Bien chers frères,

Ne voyez-vous donc pas l’évidence ? Ne comprenez-vous donc pas ?

Les bolides que vous nommez OVNI ne vous rappellent-ils pas la forme de la Sainte Hostie ? Jésus n’est-il pas monté au ciel en prévenant qu’il allait revenir ? Vous voyez des objets célestes qui se déplacent tels des anges à la vitesse de la pensée, et pourtant vous ne croyez pas que ce sont là des vaisseaux christiques ? Les églises, vues du ciel, ont la forme d’un crucifix, ce n’est pas pour rien !

Le jugement dernier est proche. Les messagers astraux survolent nos contrées pour nous prévenir que l’apocalypse est proche, que nous devons communier, et, surtout ne pas oublier que, comme l’a dit notre seigneur Jésus Christ Roi des Juifs :  » Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu.  » Empressez-vous de vous débarrasser de vos richesses ! Il y a pour cela des solutions : de braves gens se sont portées volontaires pour prendre en charge nos fardeaux, ils seront damnés pour l’éternité afin que nous puissions jouir du Paradis. Je vous conseille tout particulièrement le saint homme Thievicz, il est là pour nous sauver des Enfers ! Achetons tous ses livres et préparons-nous à la béatitude éternelle !

Hosanna, alléluia !

Jorge Mario Bergoglio,

alias Pape François

Actes 1:1-11

Jésus monte au ciel
Les apôtres sont donc réunis avec Jésus et ils lui demandent : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume d’Israël ? » Jésus leur répond : « Vous n’avez pas besoin de connaître le temps et le moment où ces choses doivent arriver. C’est mon Père qui décide cela, lui seul a le pouvoir de le faire. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde. »
Après que Jésus a dit cela, il monte au ciel sous les yeux de ses apôtres. Ensuite, un nuage le cache, et ils ne le voient plus.
Mais pendant que Jésus s’éloigne, les apôtres continuent à regarder le ciel. Tout à coup, deux hommes en vêtements blancs sont à côté d’eux. Ils disent aux apôtres : « Hommes de Galilée, vous restez là à regarder le ciel. Pourquoi donc ? Jésus vous a quittés pour aller vers le ciel. Et il reviendra de la même façon que vous l’avez vu aller vers le ciel. »

Le baptême du Christ – Aert De Gelder, 1710

La spirite

« Est-ce bien ici la divination ?

– Installez-vous, madame.

– Mais, vous n’êtes pas une escroc, au moins ?

– Commencer, comme le ferait un charlatan, en disant que la première lettre du prénom de votre époux décédé était un M.

– Oh !

– Puis prononcer son nom, puis tâtonner, comme tous les faux médiums en glanant des informations que vous trahiriez pour que je puisse vous faire tout un laïus sur le fait qu’il se tient à côté de vous, qu’il vous dit qu’il vous aime, qu’il vous attend, qu’il veille sur vous, qu’il regrette de ne pas vous avoir assez dit tous les sentiments qu’il entretient encore à votre égard…

– Vraiment ?

– Non, je ne procède pas ainsi !

– Vous voyez tout cela dans votre boule de cristal ?

– Avez-vous bien fait une offrande d’or et de diamants à la déesse Isis ?

– Certes, oui, j’ai placé tout ce qui m’avait été demandé dans l’urne au pied de la statue égyptienne.

– C’est primordial, car une fois l’offrande faite…

– Elle vous parle !

– Non : vous ne pouvez plus rien récupérer car vos bijoux partent dans un coffre scellé dans l’étage inférieur.

– Et mon époux ?

– Il a trépassé dans d’atroces souffrances.

– Terribles !

– Chez vous, durant la nuit. Il a suffoqué, hurlé, s’est tordu de douleur, comme possédé.

– Comment le savez-vous ?

– C’était un nigaud qui me consultait, comme la plupart de ceux dont les épouses viennent ensuite me voir en espérant parler à l’âme inexistante de leur amour perdu. Je l’ai empoisonné parce qu’il se faisait trop avares en prétentions concupiscentes et trop pingres en donations pécuniaires.

– Plait-il ?

– Oh n’y voyez aucune solidarité féminine, c’est juste que je suis une esthète : les mâles me dégoûtent et j’ai besoin d’avoir de quoi entretenir un certain train de vie. Mais désormais que vous voilà veuve… »

 

 

Au-delà

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