Articles tagués ‘Lovecraft’

3
Mar

Nouvelle traduction de Lovecraft

   Ecrit par : thievicz   in Non classé

Extrait d’une interview que j’ai donnée à l’occasion d’une nouvelle traduction de Lovecraft que j’ai prévue de faire.

 

– Comment vous est venue la rare idée de retraduire Lovecraft ?

– Privé du moindre esprit créatif je me dirige naturellement vers la reproduction et l’adaptation, rien d’autre. Etant de formation universitaire, je ne suis doté d’aucun autre talent que de remuer les excréments, et j’observe avec jalousie tout ce monde qui patauge joyeusement dans les égouts en ce moment. Et moi, je veux suivre le mouvement.

– Comment avez-vous découvert Lovecraft ?

–  En jouant aux jeux de rôle lors de mes études, et je me suis toujours dit qu’un jour je le traduirai à mon tour, même si en réalité je n’avais lu que des textes signés Derleth et quelques extraits du Necronomicon de Simon pour avoir une solide base de connaissance pour les parties.

– Le défi est d’autant plus courageux de votre part qu’il est risqué.

– La mode est avec moi, les grands dieux ayant mis à mal le peu de santé mentale de tous ces lecteurs avides d’achats, tous ces crétins pour qui Lovecraft se résume à Cthulhu ou aux Grands Anciens, nombreux sont les nantis prêts à mettre la main à la poche pour tout un tas de choses inutiles.

– Peut-on espérer des suppléments ?

– En effet. Tout se passera par financement participatif et chacun se fera son propre lot. Nous proposerons des figurines Cthulhu toute mignonnes, des illustrations, des porte-clefs avec le signe des Grands Anciens, des pins parlants, des ouvre-bouteilles… Bref ce que tout le monde peut attendre d’une nouvelle traduction.

– Mais en ce qui concerne le contenu précisément ?

– Je veux être absolument clair là-dessus : puisque les gens payent avant d’avoir le livre consultable, des mois voire des années avant, nous comptons sur le buzz et les réseaux sociaux pour ramener le maximum de gens possible. Personne ne sera déçu, ça sera un intégral des œuvres comme dans l’édition Bouquins mais avec toutes les lettres, essais et collaborations en moins, donc bien mieux.

– En ce qui concerne la traduction beaucoup s’inquiètent.

– C’est inutile car tout sera modernisé ! J’aimerais faire comme l’un de mes collègues (pour un autre auteur) et traduire même les noms propres ! Lovecraft deviendra Taillamour, Charles Dexter Ward sera renommé Charles Dexter Quartier. Il faudra s’y faire. Les virgules seront remplacées par des points, les mots rares par des synonymes plus courants, le subjonctif par l’indicatif, les formes poétiques et abstraites par des métaphores prosaïques contemporaines, etc.

– Le monde éditorial actuel vit une période excitante : les littératures de l’imaginaire se réduisent à de la fantasy niaise et à des récits SF anthropocentriques, il n’y a plus de fantastique mais il y a de la bit-lit. Quelle sera la place d’une nouvelle traduction de H.P.L. ?

–  Je voudrais assécher les passions littéraires en réduisant le domaine à quelques auteurs emblématiques en jouant sur une saturation éditoriale redondante. Je ne veux pas que soient traduits M.R. James, Ambrose Bierce, Blackwood, Belknap Long ni les lettres de Lovecraft, ni rien d’inédit ou rare ! Il faut que ce soient les mêmes récits qui soient déclinés en une dizaine de traductions différentes. Et je veux aussi écrire une préface dénonçant le racisme de Lovecraft, et aussi apprendre aux clients que toute la légende de H.P.L. est fausse : il n’était pas aussi solitaire ni fou qu’on le pensait. J’ai procédé à d’intenses recherches en collaboration avec des psychanalystes et des spécialistes internationaux, et j’en suis arrivé à des conclusions qui surprendront tous ceux qui ont des livres mais ne les ont jamais ouverts.

– Lovecraft – ou plutôt Taillamour – appartient au passé. Qui s’y intéresse encore ?

– Beaucoup de monde aime à se plonger dans les anciens temps comme l’époque de Lovecraft lorsque les voitures étaient à vapeur et que les gens devaient subir le moyen-âge, et certains de ses récits, une fois remaniés, seront d’une actualité incroyable !

– Avez-vous prévu de traduire, dans un second temps, ses correspondances ou les livres qui ont inspiré Lovecraft, comme l’a fait Hippocampus press ?

– Ce serait un échec inutile. Hippocampus press sont des losers. Je passe par le financement participatif pour la publicité, pas pour réunir les fonds dans l’inepte but de mener à bien un projet underground et périlleux tel que les lettres de Lovecraft ou les veux bouquins poussiéreux qu’il lisait. On mettrait quoi dessus pour attirer les geeks s’il n’y a pas de Cthulhu ou de nom hype ? lol

– Lol. Hihi.

27
Jan

Une trace gluante

   Ecrit par : thievicz   in Publications

 » J’ai lu l’anthologie Sur les traces de Lovecraft volume 2. Mon vieux il y a de ces horreurs là-dedans !

– Ah ! Ne m’en parlez pas, tous ces personnages pathétiquement humains qui grouillent, s’effraient d’un rien, se perdent dans un pauvre angle non-euclidien, abandonnent la raison sous l’effet d’une misérable torsion de l’espace-temps, se rattachent à leurs misérables vies comme des moules à leur rocher… J’en ai vomi de l’encre.

– Quelques sublimes apparitions se devinent néanmoins, de belles créatures cosmiques, des perspectives chaotiques, des goéties blasphématoires, mais cela ne suffit pas à me faire chevroter.

– A moi non plus, allons trouver l’un des auteurs et le tourmenter dans ses rêves!

– Ensuite nous rendrons fous les lecteurs.  »

 

19
Août

Il est mort mais il attend en rêvant…

   Ecrit par : thievicz   in Non classé

 

Iä, Iä,

Il ne serait pas improbable qu’un nom vous soit familier dans le second volume d’une anthologie à venir…

https://fr.ulule.com/sur-les-traces-de-lovecraft/

 

 

27
Avr

Ouvrir nos frontières : pourquoi pas !

   Ecrit par : thievicz   in Non classé

Iä, Iä,

Les temps sont venus de libéraliser les voies de la main gauche et tous les courants sénestres,

Cessons enfin ce malsain repli sur soi, cessons de nous scléroser dans notre nombrilisme, et acceptons de nous ouvrir aux autres, acceptons de nous enrichir en accueillant la fertile diversité. Et formons-nous aux langues étrangères, apprenons l’énochien, le summérien, le chant des oiseaux conspirateurs, le langage astral, l’atlante… Formons-nous à l’école de Dagon, invtons Adompha à partager sa politique agricole avec nous, apprenons à nos enfants à lire le Necronomicon dès le primaire, employons-nous à libérer les frontières qui nous séparent des sphères extérieures, entretenons des rapports diplomatiques sereins avec Yog-sothoth, Béhémoth, Fenrir, Crom, Tiamat ; invitons les nécromants de Zothique à nous enseigner leur art, ne fermons pas nos portes à tout ce qui rampe sur notre seuil, n’ayons pas peur des races telles que celle de Yith ou des Grands-Anciens qui ont tant à nous apprendre, commerçons avec Zagan, le prince de l’enfer qui convertit le métal en pièces de monnaie, trouvons des accords commerciaux avec les goules, les spectres et tous les esprits volontaires et laborieux, pactisons avec les entrepreneurs de bonne volonté comme le bon Dr. Faust et tant d’autres l’ont déjà fait.

Que ces attentats contre la vérité cessent enfin : nous sommes manipulés par des auteurs de fantaisies qui prétendent décrire des faits réels en distordant la vérité sous le prisme de leur poésie afin d’instiller un sentiment d’inquiétude et de xénophobie envers tout ce qui ne concerne pas notre réalité. Des solitaires rendus fous par les augures de la nuit et de la vésanie, des aigris rejetés par la société, devenus misanthropes, conservateurs moisissant dans leur isolement, des acrimonieux ; ne les suivons pas, ces faiseurs de merveilles !

Si nous nous replions sur nous-mêmes, nous n’aurons que le choix entre la servitude par l’indigence ou par l’emploi, nous resterons esclaves du prosaïque. En nous ouvrant vers d’autres univers, nous nous offrirons une totale liberté cosmique vers un nouvel âge réminiscent.

Alors vive le brassage inter-univers, vive le cosmos.

Iä, Iä, Cthulhu ftaghn !