De la sueur ourlait la soie duveteuse qui apparaissait au soleil printanier au-dessus de ses lèvres malingres et violacées. De la sueur amère et salée comme les pleurs d’un enfant à qui l’on aurait arraché un ongle, de ces sueurs qui donnent envie de lécher, de ligoter la bougresse qui oserait agiter ses pattes par une pudeur incertaine mais violente, de ces sueurs délicieuses lorsqu’on les accompagne d’un véritable baiser populaire (où l’on met la langue pour lécher le pain rance pourrissant sur la langue sèche de sa partenaire en passant par les interstices laissés libres entre les dents gâtées). La sueur de cette vieille danoise bien grasse, il fallait la voir perler comme autant de bijoux peu rares mais toujours incandescents, scintillant tels des étoiles mortes dans un ciel nuageux, brillant de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf feux. La femme n’était pas belle, tout juste possédait-elle une intéressante laideur, ses formes évoquaient un morse famélique passé entre les mains d’un taxidermiste lépreux, mais sa sueur la rendait plus désirable que l’impératrice d’Autriche-Hongrie et la duchesse du Tyrol réunies.

Parfois j’aimerais raser les montagnes, tondre les lettres de l’alphabet cyrillique, et répandre des os broyés dans des jardins suspendus aux cordes de la constellation de la Lyre. Enfin j’aurais de la poudre de joie dans le cœur et je tiendrai colloque avec les canards, ils ignoreraient que je serais un requin dont la cervelle a été greffée à partir de celle d’un calamar. Ainsi tout prendra son sens, ainsi ma cervelle aura fini de pourrir et de fleurir.

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Curieusement

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