Ne vivez pas dans une médiocre pauvreté, ne vivez pas dans une médiocre opulence pécuniaire. D’ailleurs ne vivez pas!

…Et si malgré tout vous faites l’erreur de continuer d’exister, ayez au moins l’honnêteté d’avouer que votre fourreau est accessoire de vaniteux ; pour son épée on n’a besoin de rien d’autre que de son entrejambe (spécificités féminines non-illustrées mais aisément imaginables).

 

 

Ils sont lisses comme des miroirs (avec qui ils partagent bien d’autres propriétés). Gentils, dans l’abnégation et l’acceptation, ils aiment tout, pensent bien parce qu’ils ne pensent pas, agissent avec modération, portent l’épée bien huilée et sans trace de sang dans un fourreau impeccable, ils ne savent rien mais écoutent, ils ne disent pas plus que s’ils se taisaient, ils sont appréciés parce qu’on ne se souvient pas d’eux, d’eux aucun miasme ne se répand, ils sourient, ils refusent de croire que Jésus est né en 1 après l’humour et en 0,5 après le ridicule, ils ne connaissent pas l’esclandre et la rage ne les connait pas, ils ont faim quand c’est les aiguilles de leurs montres ou que l’agitation environnante le leur indique, ils ne ronflent pas, on ne sait pas s’ils rêvent mais on sait qu’ils ont l’ambition de n’avoir ni poussière ni pellicules sur leurs vêtements – à défaut se secouer les esprits – ,  ils savent réparer les routes de fiacre et les trois roues dans leur cervelle ne sautent jamais.

Des chiens dans l’estomac, 1905

 

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