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Dans la voie lactée

« Que pensez-vous de cette religion qui vénère les vaches?

– Je pense que je serai toujours l’adversaire du démiurge, quel qu’il soit, et donc je prends ceux qui s’inclinent devant les ruminants pour de viles serfs.

– Mais voyons, quel rapport?

– Eh bien les vaches produisent du lait, et dans la voie lactée nous ne sommes qu’un grumeau…

– Arg. Vous et vos syllogismes… »

 

 

Perdez-vous!

 » Allons mon ami, à observer les astres vous allez finir par perdre votre tête dans les étoiles.

– Nul vœu ne pourrait m’être plus cher. Plus je lève les yeux au ciel moins j’ai envie de les baisser ici-bas. Que sont quelques disproportions de nains ou d’hydrocéphales, que sont les difformités de siamois, lorsque des dimensions inconcevables s’offrent à la vue et l’esprit, lorsque des explosions incommensurablement plus puissantes que la dynamite pulvérisent des étoiles entières… L’héliocentrisme, l’anthropocentrisme, et toutes ces billevesées… Je ne vois aucun milieu, nulle part, seulement l’expression de notre petitesse, seulement…
– Vous allez être bon pour la maison de santé! Gardez les pieds sur terre et les yeux fermés, il n’a jamais fait bon rêver, observer ni penser, l’inquisition a changé de nom pour s’appeler hygiène, bonne morale, santé publique, psychologie, on ne brûle plus mais on enferme, on lave aux eaux froides, on trépane, on lobotomise, mais on n’autorise toujours pas de parler ainsi que vous commencez à le faire.

– Je ne le sais que trop, mais je dois avouer que sans ma folie stellaire j’aurais un pessimisme bien affligé plutôt que mon pessimisme jubilatoire.

– Êtes-vous certain que votre laudanum n’y est pour rien?

– Qui sait? Ça ou la preuve par l’observation cosmique que la vie et la mort ne sont que peu de choses… et le saint laudanum.  »

 

Le ciel est aussi vide qu’ailleurs

« Pourquoi lèves-tu les yeux au ciel? Crois-tu que Dieu se penchera sur toi? Il ne te regarde pas, il ne connait pas ton nom et ignore ton existence. »

Père Vine, curé sobre

 

Vive l’art, vive la cuisine, vive la boue

Je ne vois aucun véritable artiste culinaire, seulement la participation en amont d’un préparateur de productions défécatoires futures. L’art de leurrer le véritable artiste qui avec ses intestins produira la fange artistique, la symbiose du cuisiner qui agence la matière sublimée par le gourmet.

Que vive cet art que j’appelle brute parce qu’il n’attend pas des centenaires pour se dégrader en boues, parce qu’il produit avec évidence de la merde : l’art culinaire.

Que sont des vers s’ils ne nagent pas dans un pot de chambre? (les vers rimés? ah ah! seuls les vers solitaires savent savourer le dernier art!) Que sont des notes de musique si elles ne sont modulées par un sphincter? Que sont des couleurs si elles ne sont pas digérées? Qu’est l’imaginaire face à la réalité?

L’art culinaire est la consommation d’une décadence totale, on honorera ses fondements arrières avec des pages de poésie, on valsera au son des rots, on peindra avec du vomi de glouton.

Au jardin d’acclimatation

« Je suis allé au jardin d’acclimatation de Paris, quelles fantaisies n’y trouve-t-on pas. J’aurais bien vanté l’immoralité qui y règne, tous ces animaux en cage, ces autruches que l’on fait monter par des pintades, ces chameaux (ou dromadaires) que l’on fait s’agenouiller pour que des lape-soupe souillent la selle de leurs culottes crottées, ces éléphants que l’on tourmente pour les faire devenir fous afin de pouvoir les abattre et leur prélever leur précieux ivoire ou les naturaliser. Oui, tout cela était délicieusement charmant, succulent, et aurait pu être parfait si l’on ne vous refusait pas le droit de pouvoir chevaucher de l’indien ou même du nègre, pas même le droit de sauter sur les épaules d’un mahométan. Soit disant ces animaux ne supporteraient pas de nous amuser en les montant, qu’il n’existe aucune selle adaptée (comme si c’était un argument qui n’était pas valable pour les autres bêtes) et qu’ils pourraient se montrer agressifs.

– Mais quelle honte!

– Je ne vous le fait pas dire. Et pis : j’ai pu goûter du steak d’antilope, de cheval, d’autruche, mais demandez à goûter de l’africain on vous le refusera tout net… Ils préfèrent les laisser mourir pour rien, et je ne vous cache pas que je pense que les soigneurs vont même jusqu’à les inhumer!

– Quel drame!

– Oh n’ayez crainte, fort heureusement il y avait de l’italien en liberté et une pauvresse autochtone qui a bien voulu me vendre du muscle de son bras, mais imaginez si je n’en avais pas trouvé… je serais mort d’ennui et j’aurais pu avoir faim de viande exotique. « 

Dance with the dead in my dreams

Un tour de magie au Club de Curiosités

Chers amis,

Ce n’est pas sans émotion que je partage ma trouvaille : une bobine cinématographique tournée au Club de Curiosités. Notez comme cet homme qui perd la tête perd par la même tout respect pour son banjo!

Des pieds au pilori, l’esprit vers le seigneur

J’ai voulu faire ainsi que ce religieux défroqué dans Là-bas : tatouer une croix sur la plante de mes pieds pour pouvoir marcher sur le Seigneur, hélas je crois bien que pour être luciférien, ou au moins sataniste, il faut un minimum de liberté d’esprit dont la nature ne m’a rien fourni, alors je fais pénitence. Mais puisque mon âme s’est retournée vers l’aveuglement de la Bible ce ne sont que mes pieds qui sont à mettre au pilori, pas le reste de ma personne!

L’encre indélébile du satanisme… Il va désormais me falloir rompre avec l’hérésie de sous mes chevilles si je veux pouvoir me déplacer. Heureusement mon bottier va me revendre le patron de mes pieds, je pourrai les fixer à mes moignons et faire illusion.

 

 

Un voile

 » Miss Stiple, pourquoi donc ce voile sur votre visage? Vous savez pourtant que la beauté n’est pas mal venue au Club. Une verrue sur le nez, un bouton sur le front, un vilain orgelet, une verdâterie d’opiomane, quelque autre vanité?

– Un voile sur mon visage? Mais vous n’y êtes pas du tout : j’ai mis un voile sur le reste du monde, sur tout ce qui justement est laid et difforme.

– Hum, pour moi cela reste de l’intérêt de vaniteux.

– Je ne vous vois pas, mais je me rends compte que cela ne suffit pas à me faire oublier tout ce qui n’est pas moi… Hélas! »

L’oeuf et la poule

De l’œuf ou la poule je ne me demande pas qui est arrivé en premier, mais que fait une poule dans un œuf… Hum, non je ne me le demande pas non plus, mais ce qui m’inquiète c’est comment la cuisiner.

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