« Hier j’ai eu très peur, j’ai croisé une petite fille. »
Un vieil homme avec une faux
Bernard et Philomène Césure étaient deux scientifiques de génie à qui nous souhaitons rendre hommage. Outre les mathématiques en base Pi utilisant des nombres non finis permettant de résoudre la quadrature du cercle, ils furent entre autre les inventeurs du tabac sans fumée, des chaussures antivol, du pain sans farine ou encore des chapeaux anti-calvitie. Et bien que leurs dons furent raillés par leurs confrères universitaires englués dans leurs sclérosantes traditions, ils ont toujours affronté avec une honorable dignité les quolibets même les moins inspirés.
Néanmoins il y a un an tout juste ils ont choisi de prendre un ballon pour la lune où ils feront halte avant de s’en aller pour Mars où nous leur souhaitons de passer une belle vie et de rencontrer un peuple plus disposé à laisser s’épanouir leur originalité.
« Sur une planète où avoir deux troncs, deux sexes, pour une seule paire de jambe, fait rire tout le monde et discrédite toute trouvaille, nous n’avons pas notre place » furent les mots que le frère et la sœur prononcèrent d’une même voix.
Alors au revoir à ces jumeaux siamois et bon vol.
« La nouvelle Jérusalem, ses palmiers, ses oliviers, ses miasmes, et Jésus! Oui, la nouvelle Jérusalem c’est Nice! Je crois en Jésus, je l’ai croisé au Casino sur l’eau. »
Voici les derniers mots de Maupassant sur le quai de la gare, quelques semaines avant sa mort, avant qu’on ne le qualifie de fou. Mais d’une part nul ne peut endurer Nice plus de quelques heures sans devenir un peu fou (son huile d’olive et ses dattes que l’on peut cueillir sur la promenade des Anglais ont réputation de poisons), et d’autres part il n’a peut-être pas tant divagué que ça, car il y a bien un casino municipal sur l’eau, et Jésus qui parfois vagabonde entres les riches russes et les distingués britanniques!
« Chère Stiple, avez-vous rendu visite à ce cher Alex D. West du Museum of Madness?
– Un méprisable personnage. Il ne sait rien dire de sérieux, il se moque de tout et de tout le monde, sans sourire. Ah ce sournois cynique… Il n’a bien que cela pour lui car sans son ironie on lui ferait bien des misères. Vous aurez remarqué les verrues sur son cou, des immondices poilues et spongieuses suppurant incessamment du pus qu’il tente d’essuyer sur ses visiteurs. De plus je suis certaine qu’il porte un masque de cire tels ces habitants de Kingsport! On ne peut être si laid sans artifice!
– Certes mais il offre une absinthe excellente!
– N’en buvez goutte, j’y ai versé de l’huile de ricin. Je vous le dis, un jour nous apprendrons la vérité sur ce personnage et nous en tremblerons d’épouvante! »
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