J’ai goûté à l’ataraxie, c’était bien fade, avec un arrière-goût un peu corrompu, comme de l’eau croupie où aurait baigné du citron pourri. Tandis que le nihilisme, ah! un bon fumet de chair grillée et de poudre explosive.

A un beau jardin je crois que je préfère une ville en flammes, hélas! Je suis de ceux qui tendent à la détestation plutôt qu’à l’indifférence, de ceux qui inclinent à la détonation d’un cigare de dynamite plutôt qu’au crincrin d’une lyre. Il est si bon d’avoir quelque chose à détester, quelque chose à détruire, avoir un obstacle entre soi et le néant plutôt que d’être déjà dans un rien parfait.

Si l’on rêve toujours on se lasse, tandis que tant que le rêve reste une échappatoire, le reste du temps est aigreurs vivifiantes.

Il y a quatre façons de boire : à la source de l’onirique pur, à la source de l’ataraxie, dans le même verre que les autres, ou dans des crânes débordant de sang et d’adrénochrome.

 

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