Francis Thievicz

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Au feu, à la photographie!

Après maints essais infructueux j’ai enfin réussi à photographier ma mauvaise humeur. En Amérique, avec leurs grattes-ciels, je vais probablement réussir à photographier d’autres belles expressions de mon âme, surtout qu’il y semble couler à flots d’intéressants liquides inflammables.

 

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Est-ce que Suicide Club et Autres Curiosités vous rendra hideux, pauvre et inconnu? Assurément, oui.

Est-ce qu’il est imprimé sur le parchemin des cauchemars avec de l’encre de répugnance? Indubitablement.

Est-ce qu’après l’avoir lu les diverses productions qui suintent de votre corps produiront des émanations émétiques absolument intolérables? Bien entendu.

 

Alors n’hésitez plus, achetez Suicide Club et Autres Curiosités, et assurez-vous d’avoir aussi de quoi liquéfier votre cervelle avec de bonnes Vanités et autres curiosités ainsi que Le miroir noir et autres curiosités

 

Bas les mains, cesse tout et pense

Difficile de se représenter un penseur s’activant à autre chose qu’apparemment rien. Il est assis, tout au plus il marche en soliloquant silencieusement (mais s’arrêtant quand toute sa pensée accapare ses facultés et enraye ses automatismes moteurs) mais il ne fait pas grand chose. Se figure-t-on Le penseur de Rodin à l’usine, au bureau à discuter pinaillage administratif, ou…………………………………………………………………………… ……………………………………………….. ……………………………………………….. Oh, mon doigt n’a plus fonctionné je pensais  : n’est-ce pas s’empêcher de penser que d’écrire ou lire? Et puis pourquoi penser? Et puis pourquoi lire? Et puis, pourquoi Rodin a eu la volonté de représenter un penseur? Et puis, ne peut-on réellement pas penser en courant, en discutant pâtisserie avec des veaux bureaucratiques, en ronflant à l’opéra, en grattant son cuir chevelu pouilleux au théâtre, voire en se rasant?

Mais voici deux énigmes qui vous feront peut-être penser (non je ne parlerai pas de la rumeur qui évoque sa position et le fait qu’il soit en bronze!) : pourquoi Le penseur de Rodin est-il nu? Et où sont passés son pénis et ses testicules?

Credo quia absurdum

Assurément suis-je le nain d’un géant

 

 

Ce sont les autres qui sont handicapés par d’inutiles membres pendant de leurs épaules.

Quel malade es-tu?

« La différence entre le romantique et le romantique frénétique c’est la maladie. Le premier est tuberculeux, le second est syphilitique.

– Certes, mais tous les autres malades, et ceux en bonne santé, que sont-ils?

– Ne me parlez pas d’eux, ils sont gangrénés par la vie. »

 

La différence entre le romantisme et le romantisme frénétique c’est la maladie. Le premier est tuberculeux, le second est syphilitique. Les deux vont mourir, ce n’est pas grave, c’est même probablement mieux ainsi, rien de mieux que ce qu’on trouve sous une dalle funéraire.

 

Comment savoir?

En écoutant un bon penseur on doit pouvoir croire que l’on a affaire à un bon tueur en série.

 

Bonjour, vous n’êtes pas tout à fait mort

Il avait les deux jambes arrachées, les bras calcinées, les tripes révélées à tous sans aucune pudeur, le visage brûlé par de l’acide, les yeux hors de leurs cavités agréées, mais il était inconscient. Alors je lui ai jeté un grand seau d’eau froide pour le réveiller, qu’il ne puisse pas ignorer qu’il était en train de mourir, même si cela lui coûta quelque douleurs.

 

Ich bin alles

Le climat ne change pas, c’est sa pensée qui s’échaude – ou bien serait-il mon imagination?

 

Souriez, vous êtes tous laids

Délectons-nous d’un beau poème de Paul Scarron :

 

Vous faites voir des os quand vous riez, Hélène,
Dont les uns sont entiers et ne sont guère blancs ;
Les autres, des fragments noirs comme de l’ébène
Et tous, entiers ou non, cariés et tremblants.

Comme dans la gencive ils ne tiennent qu’à peine
Et que vous éclatez à vous rompre les flancs,
Non seulement la toux, mais votre seule haleine
Peut les mettre à vos pieds, déchaussés et sanglants.

Ne vous mêlez donc plus du métier de rieuse ;
Fréquentez les convois et devenez pleureuse :
D’un si fidèle avis faites votre profit.

Mais vous riez encore et vous branlez la tête !
Riez tout votre soûl, riez, vilaine bête :
Pourvu que vous creviez de rire, il me suffit.

 

 

Pauvre de vous

« Je vous plains de ne pas être fous… Ah ah, je plaisante, je ne vous plains pas, bande d’escargots emmaisonnés »

Un sage ivrogne rencontré dans la rue, dansant avec ses maîtresses imaginaires tout en professant tel un philosophe du Stoa Poikilè.

 

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