Francis Thievicz

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Homo sapiens lupus

L’homme est un loup pour l’homme…

L’homme est aussi un loup pour le loup. … Enfin si seulement c’était le cas…

 

« Chassons ces loups à deux pattes qui pullulent en nos contrées et déciment, entre autres, nos congénères. »

Entendu à un conseil de loups

 

« Développons nos industries, développons nos cités, développons l’emploi, développons les colonies, développons l’économie, et ensuite plaignons-nous des sangliers, des loups, des hyènes, des moustiques, des rats, des pigeons, et de tout ce qui n’a pas été développé et voulu par nous. Ensuite nous développerons des cités sous marines et nous chasserons les vilains requins. Et plus tard… plus tard… Plus tard l’humain se transformera en tarte au jambon et il parlera de développements durables parce que là où il aura chassé les forêts il aura bâti des temples de grattes-papier œuvrant dans des cubes aussi ineptes que leur labeur et que la nature qui les entoure aura été façonnée par des jardiniers, et ils parleront de la sagesse des anciens (donc de nous), comme si nous étions sages, comme si un développement n’était pas durablement néfaste à tout sauf à nous. Nos enfants seront des tartes, nos petits-enfants seront des quiches, nous sommes des glands. Qu’on vienne me parler de Darwinisme et d’homo sapiens sapiens! Les nouveaux chasseurs seront des loups à visage de tarte au jambon, ou de quiche, les loups à physionomie de loup, eux, seront dans des enclos. Au développement, mes amis, au développement et à nos enfants et à nos petits-enfants! »

Entendu à une réunion d’humanistes

 

Allez, et pour être un peu moins dans le cynisme (quoi que) voyons ce qu’en Europe le loup représentait réellement dans la tradition  : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loup_dans_la_culture_europ%C3%A9enne#Pal.C3.A9olithique_et_N.C3.A9olithique

  Cependant pour les habitants des campagnes dans une Europe en pleine expansion démographique et en phase de défrichement massif, le loup passait plutôt pour un envoyé du Diable, et comme il était un des symboles du paganisme, les autorités religieuses de l’époque se mirent donc à le diaboliser et à prôner son extermination.

 

 

Appel au don inamical

Nous avons précédemment lancé un appel au don concernant notre projet de cartographie de la face cachée de la Lune, appel pour lequel nous n’avons reçu que quolibets et mépris.

Voilà pourquoi nous avons pris en otage de nombreuses plantes volées au hasard. Tous les jours nous en torturerons une tant que nous n’aurons pas enfin ce que nous désirons : miroirs, aciers, poudres explosives.

Appel au don amical

Chers concitoyens, un ami imaginaire et moi-même souhaitons cartographier la face obscure de la Lune. A cette fin nous souhaitons faire appel à la générosité de tous : miroirs de bonne qualité, acier, poudre explosive, ainsi qu’évidemment or, argent et même billets de banque et bons au porteur sont les bienvenus.

Comment procèderons-nous? Très simple : nous fabriquerons un immense canon qui expédiera un ingénieux et gigantesque miroir plié qui se déploiera une fois dans le vide stellaire. Aux environs de l’astre il entrera dans un champ gravitationnel qui le fera satellite de notre satellite. Ensuite nous n’aurons ensuite qu’à viser avec nos télescopes et observer dans le miroir!

Vous aussi participez au progrès de la science!

Ps : les plus grands donateurs verront leur nom désigner mer, océan, cratère ou massif lunaire.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a3/1880_Perthes_-_Stieler_Map_of_the_Moon_-_Geographicus_-_Moon-stieler-1870.jpg

 

Se déconnecter de la réalité

Ils se sont tellement rendus dépendants de la réalité qu’ils se sont déconnectés des rêves.

C’est qu’à ne vivre que dans le prosaïque on finit par tuer ses songes. On oublie comment chasser le dragon  : la fumée on ne l’aspire plus, on la crache.

 

 

 

 

« In my dreams I saw my real side »

Jon. N.

 

Un signe de la fin des fins-de-siècles

« Nous couperons accessoirement tous les arbres, probablement pour que les gens ne puissent s’y pendre, certainement pour qu’on doive payer l’ombre de parasols et seulement considérer la jungle urbaine, assurément parce que nous préférons autre chose : ce dont nous sommes les démiurges.

Nous laisserons à l’abandon les architectures passées, trop pleines de fantaisies non fonctionnelles, trop peu portées au prosaïque, trop riches en ce que nous n’avons établi comme étant bon; nous les laisserons tomber en ruines, mais avant qu’elles n’aient le charme du passé oublié nous affirmerons notre mépris du vieux en les démolissant et en érigeant de géométriques machins où rien d’inutile n’a sa place, où tout est empreint d’une arrogance froide, hautaine et dépouillée, pour lesquelles nos effigies d’argiles font des « oh », des « meuh » et des « ah » extasiés.

Nous exhumerons les anciens cadavres, briserons les stèles en bas-reliefs, poncerons les anciennes inscriptions, pour installer nos insipidités à nous.

Nous repeindrons les vieilles peintures pour les mettre au goût du jour, et ce chaque jour, pour créer de l’emploi et toujours être « dernier cri »…

Nous affranchirons les esclaves pour les dominer comme tous les autres, nous libérerons les femmes pour les asservir à des carcans qui feront leur fierté comme ces mêmes carcans font et feront la fierté des hommes, nous cloisonnerons des billevesées pour donner le choix entre le gris et le gris.

Nous basanerons la pâleur et lessiverons le hâlé, nous rendrons tout accessible, tout proche, pour éviter toute surprise.

Nous créerons de l’emploi en élaborant d’indispensables inepties administratives, d’obligatoires loisirs, de cyclopéennes constructions fonctionnelles pour servir à tous les laborieux d’aller accomplir leur devoir de ne rien faire, mais ne rien faire en quantité, de manière vérifiable, qu’il doive avoir peur de ne rien faire mal et de devoir ensuite se faire licencier pour se retrouver à ne rien faire chez lui mais sans être payé!

Nous ferons en sorte que le voyage ne soit synonyme que de déplacement physique monnayable, tout le monde oubliera que son esprit est libre d‘ailleurs et d’autre.

Nous ferons croire que dans le passé rien n’existait, que tout y était si archaïque que les roues étaient carrées, et tout le monde nous croira, et tout le monde regardera devant lui, le bout de son nez, en louchant fièrement – car « il faut vivre l’instant présent », ne porter le regard nulle part ailleurs qu’ici et maintenant, ici qui est le centre du monde, maintenant qui est le point culminant des temps, l’estuaire du cours cosmique, car le cosmos c’est nous. On fera du modernisme la nouvelle religion – pour cela nous nous appuierons sur les monothéismes dérivés de la bible, eux qui ont déjà érodé la plupart des cultures – on ne croira plus qu’un dieu a tout créé pour soi, mais on ne doutera pourtant pas que tout est effectivement créé pour soi, cela ne changera rien mais on croira que cela change tout.

Pour le monde de demain, pour la destruction du passé, pour la fin des fins-de-siècles, quelles qu’elles soient, hourra la modernité. »

 

Solvet Cosmos In Favilla

Une totale liberté de pensée anti-cosmique vers un nouvel âge réminiscent.

 

Humour anglais

Savez-vous ce qu’est un jardin parfaitement français? Une dalle de béton peinte.

 

Do you know what ce qu’est un jardin français laissé à l’abandon? A Franglais garden.

 

Sois ton trépas

 » Monsieur Christ était bien menuisier, non?

Monsieur Christ, voulez-vous parler de Jésus?

– Oui, Jésus Christ.

– Ah ah, oui, on prétend qu’il aurait pu être menuisier.

– Or il faut bien des menuisiers pour fabriquer des crucifix, non? Alors voilà ma théorie : M. Christ a fini crucifié, Guillotin a fini décapité, M. Poubelle a fini dans une poubelle.

– Vous savez je ne suis pas sûr que…

– Laissez-moi finir! M. Cuillère a fini encuilléré par des cannibales, tout comme M. Sandwich a été ensandwiché.

– Certes, peut-être…

– Peut-être… Peut-être? Mais ce sont des faits historiques, et c’est en me basant sur ces faits que je vais m’employer à inventer quelque chose qui ‘offrira la mort la plus douce qui soit. Peut-être un gaz hilarant (la mort qu’a dû avoir M. Protoxyde D’Azote!) ou… ou je ne sais encore, mais je trouverai! »

Les tables ne tournent pas

« Vous ne pourrez plus jamais dire que le spiritisme ne fonctionne pas…

– Bien au contraire : je n’ai pas choisi d’appeler l’esprit d’Erik le Rouge pour rien.

– Je ne comprends pas.

– Erik le Rouge tient son nom de sa crinière rousse. Il était roux!

– Eh bien?

– Eh bien?! Eh bien les roux n’ont pas d’âme, il n’a donc pas pu revenir pour soulever cette table. Tout était donc nécessairement truqué. »

 

Pour ma part je pense aussi que les roux n’ont pas d’âme, pas plus que les bruns, les blonds, les châtains, les chauves, les gérontes à cheveux violacés…

Mis à part les chiens, les glycines, les brugmansias, les mandragores, les bactéries yersinia pestis, Mahakali, les ornithorynques et certains lapins, rien ni personne n’a d’âme.

 

Ataraxie et fadeur

J’ai goûté à l’ataraxie, c’était bien fade, avec un arrière-goût un peu corrompu, comme de l’eau croupie où aurait baigné du citron pourri. Tandis que le nihilisme, ah! un bon fumet de chair grillée et de poudre explosive.

A un beau jardin je crois que je préfère une ville en flammes, hélas! Je suis de ceux qui tendent à la détestation plutôt qu’à l’indifférence, de ceux qui inclinent à la détonation d’un cigare de dynamite plutôt qu’au crincrin d’une lyre. Il est si bon d’avoir quelque chose à détester, quelque chose à détruire, avoir un obstacle entre soi et le néant plutôt que d’être déjà dans un rien parfait.

Si l’on rêve toujours on se lasse, tandis que tant que le rêve reste une échappatoire, le reste du temps est aigreurs vivifiantes.

Il y a quatre façons de boire : à la source de l’onirique pur, à la source de l’ataraxie, dans le même verre que les autres, ou dans des crânes débordant de sang et d’adrénochrome.

 

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