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Auteur : heresie Page 39 of 56

Un météore se consume au-dessus de l’Oural

La porte-parole a signalé que les niveaux de radiation étaient normaux dans la région. « Aucune augmentation des niveaux de radiation n’a été observée, le météore ne les a pas affectés », a fait savoir Mme Smirnych malgré le témoignage d’Igor Britaski, notre envoyé spécial du club de curiosités :

 » La ferme tout entière baignait dans cette couleur mêlée, inconnue et hideuse ; les arbres, les bâtiments, et même la verdure et l’herbage qui n’avaient pas complètement tourné à la fatale désintégration dans la grisaille. Les branches se tendaient toutes vers le ciel, coiffées de langues d’un feu immonde, et des ruissellements chatoyants de ce même feu monstrueux se glissaient autour des poutres de faîtage de la maison, de la grange, des appentis. C’était une scène inspirée d’une vision de Füssli, et sur tout le reste régnait cette débauche de lumineuse inconsistance, cet arc-en-ciel hors du monde et hors mesure de secret poison, qui naissait du puits – bouillonnant, palpant, enveloppant, s’étendant, scintillant, étreignant, et faisant malignement des bulles dans son cosmique et identifiable chromatisme. « 

 

La clef du savoir – Une découverte sceptique

– Au Pyrrhon* ne nous croira pas lorsqu’on leur dira que nous avons trouvé la clef du savoir et que derrière cette porte close il n’y avait rien.

– Ma foi, ils n’auraient pas tord de ne pas nous croire…

 

* (Au pire, on… Au Pyrrhon) Les jeux de mots compliqués ne sont jamais drôles, parait-il, j’en doute et je n’en doute pas, en fait je ne sais pas!…

Des preuves de voyages dans le temps

 » Allons allons, professeur Wurstenkopf, croyez-vous sérieusement que l’un de nous puisse penser que cette machinerie permet de voyager dans le temps?

– Que vous le croyiez ou non c’est pourtant un fait avéré!

– Vous allez donc nous faire l’honneur de nous décrire l’avenir…

– Cela me serait bien impossible, je n’y suis pas allé moi-même.

– Ah, la belle affaire!

– Mais je peux vous assurer que tout y est terrible, révoltant, répugnant…

– Qu’en savez-vous donc, puisque vous n’y êtes pas allé?!

– Eh bien toutes celles que j’y ai envoyées en sont revenues… hystériques, catatoniques, furieuses…

– Hum, ne sont-ce pas plutôt des symptômes imputables aux décharges électriques induites par ces plaques de cuivres qui font office de repose-tête?

– L’électricité, vous les profanes, vous lui conférez des pouvoirs fantastiques, mais nous, les savants, les érudits, qui maitrisons parfaitement le sujet, nous pouvons vous l’assurer : l’électricité n’a jamais été d’un quelconque danger pour qui que ce soit, ce n’est qu’une forme de la matière tout à fait inoffensive. J’invite tout le monde à s’en rendre compte par lui-même.  »

Gentleman bar fight

Voici comment se battre en gentleman dans un pub du Surrey. Le jeu de jambes chers amis, le direct du gauche, pas avec le revers de la main!

Vienne en flammes, vite n’éteignez pas!

« Vous verrez, plus tard tout le monde voudra passer par des trous pour se déplacer, on se rendra d’un quartier à l’autre comme on désire aller d’un souvenir à un autre. On usera chaque jour de symbolismes de ce genre, l’avenir est psychanalytique, Ja. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que phonétiquement « trou » en français signifie « vrai » en anglais, pour cette raison on se hait de part et d’autre de la Manche. Eh oui, c’est cela la psychanalyse, trouver la vérité et la logique dans les petits riens. Les trous ont toujours fasciné les hommes, cela a été parfaitement décrit par le mythe de… Arf, j’ai un trou de mémoire, ah ah. »

Scheissgmund Freud

 

Vos menstruations sont vivantes

De tous temps on a aimé les contes horrifiques, toutes les époques furent celles des légendes terrifiantes, nulle culture sans ses images démoniaques et effrayantes,

D’où le goût qu’ont les individus à se reproduire pour voir la vie émerger de ses limbes paisibles, après ça plus aucun des peuples de la nuit qui ne soit féérique.

 

Excusez-moi, je crois que vos menstruations sont possédées…

 

Seul dans la splendeur

« On m’a enterré hier,

Seul dans la splendeur

J’observe le fond de mon cercueil

Constellé de songes étranges… »

 

 

Encore un mangeur d’enfants

« Monsieur, vous êtes la lie de la société, un monstre de la pire espèce!

– Je n’y suis pour rien, je vous assure.

– Ah, vous n’y êtes pour rien, affirmez-vous? Les yeux plus grands que l’estomac, vous avez avalé cet enfant tout rond, et dans votre gourmandise vous ne l’avez même pas mâché ce qui eut pour conséquence de le faire ni plus ni moins que saillir de votre ventre. La preuve est là, n’ayez du moins pas l’affront de prétendre avoir englouti un enfant sans le faire exprès.

– Mais vous n’y êtes pas du tout : je suis né ainsi.

– Nous n’en doutons pas, que vous soyez né cannibale, la sentence en prendra compte. »

 

Un entretien et un duel avec moi-même

J’avais décidé de m’entretenir avec moi-même, me poser des questions et livrer des réponses pertinentes, des aigreurs opiacées, des crachats de bonnes humeurs. Mais à peine avais-je commencé par un « Bonjour Francis Thievicz, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs » que mon interlocuteur s’en était allé… Imaginez mon étonnement!

Quelques jours plus tard je le croise, ce cuistre, juste là, derrière un miroir avec son hideux visage posé au sommet de son buste avachi sous le poids de sa médiocrité, et le bougre m’e gratifie d’un soufflet, s’adressant à moi avec une certaine véhémence :

« Pourquoi êtes-vous parti?

– J’étais resté à ma place, c’est vous qui vous en êtes allé!

-Puisque c’est ainsi nous devrons en passer par les armes pour sauver l’honneur.

– Alors une seule arme suffira puisque nous sommes la même personne.

– Voilà donc qui met toutes les chances de mon côté! »

Et puisque nous n’arrivions à nous serrer la main je dus placer le canon dans ma bouche, ah! je pensais qu’ainsi je lui percerais la boite crânienne pour en retirer le pus qui lui sert de cervelle, et… Damn! c’était son doigt à lui qui avait appuyé sur ma queue de détente!

 

Savoir courtiser!

« Madame, vos yeux sont tels des astres dans un firmament de Mai, des perles finement nacrées jetées dans…

– Allons, cessez, je vous en prie.

– Mais pourquoi donc?

– Leur couleur n’est pas naturelle, comprenez-vous…

– Ah certes, mais vos cheveux, ah… vos cheveux…

– Teintés, coiffés et parfumés.

– Vos délicates mains…

– Gantées et doublées de fines dentelles, car lorsque l’été n’est plus ma peau se craquelle en crevasses purulentes lorsque les livraisons de graisses de baleines viennent à manquer.

– Votre taille, votre silhouette, ah, quelle harmonie dans vos formes.

– C’est que mon corset est taillé sur mesure, ma robe est pourvue d’armatures et mes talons me font paraître plus grande que je le suis.

– Votre parfum fleuri, le rouge de vos lèvres, le teint de votre visage, vos cils sans fin…

– Des artifices.

– Oh, mais à la fin qu’importe! A tout dire je suis un simple mâle en rut qui cherche compagne peu onéreuse pour quelques nuits, une maîtresse qui, si je n’en trouve de plus belle et de plus maternelle, pourrait devenir ma femme.

– Voilà qui est parfait car je suis moi-même en chaleur, et je cherche justement la réciproque.

– Allons bon, entre animaux, loué soit Darwin le père de la conscience, nous nous entendrons alors.

– Mais, dites-moi, étiez-vous sincère lorsque avant de louer ma beauté physique vous avez célébré mon intelligence et mes qualités morales?

– Un gentleman ne doit en aucune circonstance faire preuve de davantage de fourberie que la dame qu’il convoite, c’est une règle de l’étiquette à laquelle je me plie systématiquement! »

 

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