Francis Thievicz

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Au-delà

Que se passe-t-il dans la tête des éditeurs ?

Cependant que des bijoux littéraires s’écrivent actuellement, ils dépoussièrent de vieilles choses lamentablement dépassées par nos contemporains virtuoses de la plume.
Le cycle de la branche rouge, par exemple, récemment édité par Terre de Brume. Passons-le en revue : en une Irlande peuplée de druides, de guerriers et de trouvères, se déroulent des faits qui ne nous renvoient à rien d’actuel. Nulle sociologie ni psychologie filée dans le récit, seulement de la magie, des faits épiques, des tueries, des fantaisies ineptes, dignes des récits de la table ronde déjà fort indigestes et inutilement violents. Pas de bien contre le mal ! Pas d’histoire d’amour ! La langue est usée, compliquée, pleine d’expressions comme « pour ce que » ou « souventes fois » qui ne veulent rien dire. Des mots qui n’existent pas comme : trouvère, fèvre, ost, féal, avaricieux, apparié, hardie, aînesse, onques, mander, harde… L’éditeur ne sait pas faire de relecture ? Ces mots je ne les ai jamais vus dans tous les livres que j’ai lus.
Il y a une disparité des genres insolentes car la belle place n’est presque exclusivement faite qu’aux guerriers mâle. Pire : c’est un entre-soi racial écœurant, on n’y trouve qu’Irlandais et Ecossais, une apparition très brève de Norvégien, mais rien d’autre, que des blonds ou des roux, que des blancs (mais attention : les races n’existent pas). Pourquoi l’éditeur n’a-t-il pas fait comme dans nos belles productions cinématographiques modernes en intégrant de la diversité culturelle, anachronique mais tellement plus correcte moralement parlant, ou du moins quelques particularismes sexuels ? Un gay mulâtre en guise de picte, une sorcière transsexuelle aux yeux bridés, un druide qui prierait Mahomet… Bon sang, le respect de la diversité ça existe ! On a bien mis Aladdin (qui est chinois) dans Les mille et une nuits…
Rien n’est crédible. Des frères veulent se faire décapiter par une même épée, on se jette des têtes coupées lors des festins pour se défier, la magie oblige les gens à faire ce qu’ils ne veulent pas, on tue par cinquantaines sous l’effet de la colère, des femmes sont vierges alors qu’elles ont plus de quinze ans… A quoi ça me sert ? Est-ce que je comprends mieux mon voisin en lisant ceci ? Est-ce que je me sens mieux à la fin de cette lecture ? Est-ce que ça me renvoie à mon expérience immédiate et prosaïque ? Est-ce que les grands intellectuels, tels B.H.Lévy, Jacques Attali, Rosa Parks, Marlène Schiappa, ont eu besoin de ce livre pour devenir les génies qu’ils sont ? Non, non, non et non.
Et puis ça va trop vite, on se retrouve avec des histoires qui prendraient des milliers de pages si elles avaient été développées par nos écrivains modernes, on aurait eu des trilogies là où, ici, il n’y a que cinq pages. Les traits psychologiques ne sont pas tartinés sur des dizaines de chapitres, il n’y a aucune intrigue politique, aucune allusion freudienne, rien n’est mignon, rien n’est connoté moralement, les descriptions des paysages et architectures sont laissées à la discrétion du lecteur qui doit faire un effort d’imagination insurmontable.
Ce genre de récit a, prétendument, inspiré Robert E. Howard. Certes, peut-être, mais c’est une assertion qui n’a été approuvée par aucun expert mondial de l’auteur. Et, tant qu’à lire ce qui a rapport à Conan, je préfère lire une étude psychanalytique sur le névrosé de Cross Plain, l’une des quarante éditions de Conan ou l’une des bandes-dessinées Conan !
Non, vraiment, il faut boycotter ce genre de livre car ils n’a rien d’actuel, aucun universitaire ne s’y intéresse, et on ne peut pas se le faire dédicacer. Je préfère regarder les top des ventes fantasy sur les sites de vente en ligne, car la majorité a toujours raison.
Honte à Terre de brume, en plus ils ne sont pas disponibles sur amazon et ils n’éditent pas en version numérique.

Loin, ce n’est pas encore assez distant

… et il rêva à quelque ermitage dans les montagnes, bien loin des bruits et des puanteurs de l’humanité.

 

La vie est belle, l’humanité est digne

Comment ne pas être heureux ?

Partout de quoi s’épargner de subir la nature, partout de quoi faire des rencontres humaines, partout où accéder aisément.

Chacun mesure sa parole pour ne pas écorcher la sensibilité des hystériques, mais on rit tout de même. On rit tant !

L’humanité est digne lorsqu’aux beaux jours tout le monde ne s’habille que de sous-vêtements pour barboter dans des eaux puantes sous un soleil de plomb.

Tout est beau, tout est magique, tout est onirique, formidable, intelligent, savoureux. On n’édite certes que très peu de poésie dépassée, Byron et Tennyson sont presque introuvables, mais au moins nous avons de bons thrillers et des biographies romancées, au moins nous avons du neuf.

Les musées et les galeries croulent sous l’art moderne plutôt que tout ce qui est réellement artistique. Et, puisque la cuisine est devenu un art, il y a de l’art à chaque repas, et chacun est un artiste. Une société de créatifs, une civilisation de génies !

Que j’aime le fait que le sens de la philosophie ait été galvaudé pour désormais inclure la psychanalyse et le moindre rot de personnalités connues. Que j’aime tout ! On bouge, tout va vite, si vite que nous n’avons plus à nous torturer les méninges pour analyser et prendre de la distance car le présent est déjà du passé ; il suffit de savoir, pas de comprendre.

J’aurais à violer ce monde que j’aime si tout ce même monde n’était déjà d’accord pour copuler dans cette noble orgie contemporaine.

Tout est trop parfait, trop merveilleux, je dois être en train de rêver ! Serai-je à la hauteur de tout ce bonheur ?

Paix, amour et empathie. Vive la vie. Vive la vie !

Poseur productif, cette nouvelle gangrène

Bientôt l’infection se répandit, elle rongea tous les tissus de ce corps jusqu’à oblitérer sa nature pour le faire devenir son mal lui-même. La chose garda le nom de son hôte premier, car il n’était pas mort au sens propre, mais elle n’avait plus rien à voir avec lui. La plèbe béotienne ne remarqua pas plus que les érudits attentifs la corruption radicale à l’œuvre.

Le monde n’avait pas changé, il demeurait tout aussi médiocre, mais un nouveau lambeau de sa dignité était parti en poussière. En cet automne de l’humanité, une branche avait pourri, et une autre avait poussé, tirée de l’humus, sans pourtant devenir végétale mais conserver son état merdique.

La modernité parait si belle aux yeux du scatophile..!

Sonate en enfer

Le dernier poème

Lines Written in the Realization That I Must Die

 

The Black Door gapes and the Black Wall rises;
Twilight gasps in the grip of Night.
Paper and dust are the gems man prizes—
Torches toss in my waning sight.

Drums of glory are lost in the ages,
Bare feet fail on a broken trail—
Let my name fade from the printed pages;
Dreams and visions are growing pale.

Twilight gathers and none can save me.
Well and well, for I would not stay:
Let me speak through the stone you gave me:
He never could say what he wished to say.

Why should I shrink from the sign of leaving?
My brain is wrapped in a darkened cloud;
Now in the Night the Sisters are weaving
For me a shroud.

Towers shake and the stars reel under,
Skulls are heaped in the Devil’s fain;
My feet are wrapped in a rolling thunder,
Jets of agony lance my brain.

What of the world that I leave forever?
Phantom forms in a fading sight—
Carry me out on the ebon river
Into the Night.

 

R.E. Howard

 

Bientôt les ruines et le silence, bientôt le sublime

Malheur aux nouveaunés !
Maudit soit le travail ! maudite l’espérance !
Malheur au coin de terre germe la semence,
tombe la sueur de deux bras décharnés !
Maudits soient les liens du sang et de la vie !
Maudite la famille et la société !
Malheur à la maison, malheur à la cité,
Et malédiction sur la mère patrie !

 

Musset

Pourquoi faut-il mettre Lovecraft à l’index

Se répandent de plus en plus les termes « Lovecraft » « lovecraftien » « Cthulhu » dans la culture populaire. J’ai honte ! Honte qu’un homme si horrible et cauchemardesque soit ainsi réintroduit dans une culture aussi honorable que la nôtre.
Il faut se rappeler que Lovecraft était un raciste doublé d’un antisémite. Il faut se souvenir qu’il avait un goût assez avéré pour Hitler et Mussolini. Les forces obscurantistes ont bien entendu tenté de le faire passer pour un homosexuel afin de le rendre fréquentable, mais il ne l’était pas. Il était un raciste, aryen, hétérosexuel (et même, circonstance aggravante, vraisemblablement peu porté sur la concupiscence), c’était un salaud dont nous pouvons être sûrs qu’il n’était pas du tout féministe. Il n’a jamais caché son mépris pour la psychanalyse. Il ne travaillait pas, il était contre la mécanisation et le progrès, contre le melting-pot, et il a déjà plusieurs fois signé ses lettres par « Pour des nègres moins cher ». Pour lui, nous n’étions que des atomes dans un cosmos aveugle. Il n’a quasiment jamais été à l’école et ne possède aucun diplôme. Il n’a jamais eu d’enfant, ce perdant né qui, de son vivant, n’a jamais eu ses écrits publiés que dans des magazines bas-de-gamme. Ajoutons qu’il était contre la modernité, que son style était presque entièrement dépourvu de dialogues, que ses personnages étaient grotesques, et que ses récits n’ont absolument rien d’actuel, et qu’il entretenait une correspondance avec Robert E. Howard avec qui il débattait du classement des races durant des dizaines de pages !
Nous devrions bannir toute référence à ce personnage, cesser de le traduire hormis ses nombreuses correspondances qui le révèlent en tant que réactionnaire tout à fait opposé au progressisme. Toute personne démocratisant cet infâme personnage devrait être aussi mise à l’index.
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Un poème de Lovecraft (pour les moins convaincus) :
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On the Creation of Niggers
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When, long ago, the gods created Earth
In Jove’s fair image Man was shaped at birth.
The beasts for lesser parts were next designed;
Yet were they too remote from humankind.
To fill the gap, and join the rest to Man,
Th’Olympian host conceiv’d a clever plan.
A beast they wrought, in semi-human figure,
Filled it with vice, and called the thing a Nigger.
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Qu’il demeure dans les limbes de bibliothèques obscures d’individus peu fréquentables, et que le peuple jouisse d’une pop culture saine et propre !
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Voici quelques liens vers des auteurs et ouvrages plus convenables :
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Abandonner l’éveil

Ah ! si la rêverie était toujours possible !
Et si le somnambule, en étendant la main,
Ne trouvait pas toujours la nature inflexible
Qui lui heurte le front contre un pilier d’airain !
Si l’on pouvait se faire une armure insensible !

[…]

Pourquoi promenez-vous ces spectres de lumière
Devant le rideau noir de nos nuits sans sommeil,
Puisqu’il faut qu’ici-bas tout songe ait son réveil,
Et puisque le désir se sent cloué sur terre,
Comme un aigle blessé qui meurt dans la poussière,
L’aile ouverte, et les yeux fixés sur le soleil !

Musset

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