4
Fév

Une leçon de méfiance

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

« Que lui arrive-t-il ?

– Il souffre de crétinisme aggravé.

– N’avez-vous pas crainte qu’il vous entende ? Il est tout de même le comte de…

– Pas le moins du monde : il garde bien sagement ses doigts dans les oreilles.

– Et pourquoi donc ?

– Je lui ai fait lire un article sur les effets de la détonation des armes à feu et leurs effets délétères sur le système nerveux.

– Cette fadaise de votre plume à la fin de laquelle vous avez contrefait la signature de sommités ? Il n’y a tout de même pas cru !

– Non seulement il y a cru mais je m’y suis si bien pris qu’il a pensé m’apprendre quelque chose en venant me trouver pour me le lire. J’ai bien évidemment joué au sceptique, et il était si sûr de son fait qu’il s’est proposé de se planter devant mon arme pour que je lui tire dessus.

– Comment se trouve-t-il encore en vie ?

– Parce que l’article disait vrai !

– Soyons sérieux…

– Je lui ai fait signé un contrat me libérant de tout soucis en cas d’échec que voici, ses empreintes servant de sceau inimitable. A la suite de quoi il s’est bouché les oreilles et j’ai fait feu.

– Pourtant…

– Pourtant le coup est parti, il a même ressenti un violent choc dans le front. Mais il est encore en vie.

– Vous avez tiré une cartouche chargée d’une ogive de cire !

– Et il s’en est rendu compte, un peu plus tard.

– Alors pourquoi reste-t-il ainsi, si placide ?

– Pour prendre ses empreintes j’ai utilisé de la glue colorée à l’encre. Il craint qu’on se moque de lui dehors, et il patiente, sagement à mes ordres, afin que je veuille bien lui décoller les doigts à l’aide d’une solution que, par écrit, je lui ai indiquée en ma possession.

– Qu’attendez-vous ?

– De savoir combien de temps s’écoulera avant qu’il ne comprenne que je ne suis en possession d’aucune solution de ce genre… »

1
Fév

Noyade Club version modernisée

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Un livre entier ici disponible gratuitement, c’est possible :

 

Note de l’éditeur :

Du texte initial nous avons ôté les conjugaisons trop audacieuses, les coquilles de l’auteur, les mots qui pourraient gêner la lecture, les digressions sans rapport avec le récit, les métaphores peu compréhensibles, tout superflu dépourvu de niaiserie. Nous avons aussi modernisé la ponctuation et éradiqué le subjonctif. Nous avons traduit tous les noms propres, placé un portrait de l’auteur en 4° de couverture ainsi qu’une biographie, ajouté une illustration signée d’un membre de la famille de l’éditeur, et biffé toute allusion offensante, raciste, sexiste, misanthrope ou pessimiste. Dans la mesure du possible les faits ont aussi été adaptés afin de faire écho à l’actualité.

Ainsi sommes-nous fiers de vous présenter ce texte épuré et mis au goût du jour dans sa sublime livrée minimaliste :

 

Le noyade club

A la plage. Tout est beau.

Rires. Soleil.

Le noyade club ne noie plus personne dans l’eau. Heureux.

 

 

 

20
Jan

Le Prix Les deux Zeppelins

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Concours

https://les2zeppelins.wordpress.com/prix/

Le gagnant du prix Hydrocéphale aura l’avantage de pouvoir passer une semaine avec mon ours…

4
Jan

La note

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Il était désireux de trouver la note juste de l’hébétude ; vous savez celle qui sonne lorsqu’on est frappé par une nouvelle stupéfiante, abasourdi par une violente chute, ou sonné par les vapeurs d’éther.

Ainsi s’employa-t-il à exercer son oreille, et même s’il ne l’avait pas absolue il arrivait plus ou moins à placer les notes pourvues qu’elles ne soient pas composées en accords complexes. Ainsi aussi profita-t-il de ses amis pour se faire gifler, molester, admonester, ridiculiser, et tenter d’entendre cette fameuse note pour la décrire dans une monographie inédite. Hélas tout fut vain : nous sommes ses amis et avons la main trop tendre.

Il m’a donc prié de proposer aux lecteurs de le frapper par surprise ou de l’insulter sans ambages. Servez la science et violentez-le ; vous le reconnaîtrez facilement, il est châtain et a la nuque dégagée. S’il réplique, ne cessez pas de l’agresser, il faut qu’il l’entende cette note !

30
Déc

Prophéties de Thieviczmus pour 2017

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Je prends engagement que tout se révèlera vrai en fin d’année.

 

Les ombres donneront naissance aux pierres

Lorsque, dans les contreforts d’airain,

Les sardoniques nuages se seront massés.

Pestilences joyeuses, miasmes heureux,

Quelques marches cadencées rythmées par les lépreux.

 

L’émail se fendra sous les essences décomposées,

Guêtres brunes, cernes saumâtre, clairons,

Bientôt les angles endiguant la colère.

 

Très exactement quand l’œil stellaire

Croisera le cerbère aux lèvres d’opale,

Se laveront les affronts dans les bassins

Battus par les lavandières aux mains d’antimoine.

 

 

22
Déc

Enigmes

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Joute d’énigmes

 » Puisque je vous dis que je l’ai vu : il avait les pattes d’un éléphant sur son torse et était le plus à l’aise du monde.

– Un éléphanteau, alors.

– Un éléphant adulte ! Et aussi je l’ai vu à plus de 2000 mètres d’altitude, les pattes d’un corbeau fichées dans ses cheveux.

– Vous divaguez.

– Point du tout, c’est juste que vous êtes un nigaud doublé d’un sclérosé cérébral : l’éléphant était sur le dos. Concernant l’oiseau il s’est simplement posé sur sa tête tandis que nous étions en montagne… « 

Que puis-je ajouter ? Je ne déteste pas fondamentalement les énigmes, pour preuve j’ai soumis mon ami à celle-ci : Connais-tu le nom de celui qui faisait un peu trop le malin et qui s’est pris une balle dans la bouche ? Il s’est contenté de rire pour prouver son ignorance, mais je lui ai tout de même donné la réponse.

18
Déc

Aucune crainte

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Je tiens à préciser que cette histoire n’est pas basée sur des faits réels.

Il s’agit d’un écrivaillon anodin n’inclinant qu’aux rêveries et aux fantaisies, ne trouvant dans le monde prosaïque et ses redondantes fadeurs que sources fertilisant les fleurs de l’acrimonie, les arbres à regret-d’être-né et les parterres d’insurrections métaphysiques.
Cependant qu’il s’abreuvait comme de coutume à son humeur noire en portant son esprit dans les nébulosités éthérées de l’onirisme, il ourdit une idée comme en viennent à ceux qui se sont taillés pour produire de la bile plutôt que laper de la substance externe à soi.
Il brada ses livres et offrit de dédicacer ses ouvrages tout en se servant du couvert de sa misanthropie pour ne pas se prostituer dans ces maisons closes du commerce où s’amassent écrivains et lecteurs pour baver et échanger leurs banalités d’épiciers et de clients.
Ainsi, riche de quelques adresses postales, se rendit-il chez chacun de ceux qui avaient pu feuilleter ses écrits en se souillant les doigts de ce curieux poison inerte, inodore et invisible dont il avait imbibé les pages et dont la prévenance nous interdit de livrer le nom. Ainsi profita-t-il de son anonymat pour ajouter dans les cruches d’eau quelque activateur au toxique littéraire. Ainsi assassinat-t-il quelques personnes dont il préleva des cheveux qu’il utilisa lors de séances de communications spirites.
Il ne fit pas ainsi par volonté de prouver que la mort est un goulot à sens unique, mais parce qu’il avait décidé d’ajouter un peu de joie de faire mourir à sa vie – ainsi que quelques pieds à sa collection. Mais tout cela n’est pas basé sur des faits réels, chers amis, n’ayez crainte. Aucune crainte !

 

9
Déc

Du diktat de ceux qui n’existent pas

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Parce qu’ils ne trouvent en eux rien sinon du limon, ils vont baigner dans ce grand égout qu’est l’humanité, afin de se trouver normaux dans leurs vacuité, afin de communier avec certains qui mettent en forme leur vide, afin de s’agiter, et, surtout, de ne pas se retrouver en eux-mêmes. Lorsqu’ils ne peuvent être leurs familles ils sont leurs nations, lorsqu’ils ne peuvent être leurs emplois ils sont leurs amis, lorsqu’ils ne peuvent être leurs lectures ils sont leurs musiques, lorsqu’ils ne peuvent se trouver de points communs avec les uns… ils changent de point de comparaison, et lorsqu’ils ne peuvent être leurs actualités ils sont leurs cancans.

Mais puisqu’il faut brasser de l’air pour ne pas stagner dans sa propre médiocrité, puisqu’il faut brasser des miasmes pour ne pas être répugné par ses propres relents nauséabonds, ils s’agitent, ils hurlent, ils bâtissent, ils se reproduisent, ils pullulent, pareils à d’inutiles cancers se multipliant sur ces corps morts que sont la vie, la société, la Terre, et même cette lamentable boucherie de viandes avariées qu’est la culture.

Ce n’est pas à dessein qu’ils empêchent les rêveurs de se promener en eux-mêmes, ce n’est pas par perfidie directe qu’ils interdisent à l’expression pure de s’écrire sur une écume de vague discrète et solitaire ou sur les sables d’une grotte où l’on pourrait être fou et libre sans crainte qu’un troupeau n’y vienne vomir ses niaiseries, ce n’est pas par rancœur qu’ils font de l’extérieur un omniprésent agressif et délétère à l’intériorité, non, s’ils font ainsi c’est pour eux-mêmes, pour s’éviter, à eux, espèce grégaire dépourvue d’individualité, de se trouver trop seuls.

Ils n’existent pas, ils ont des noms mais ils n’existent pas, et pourtant partout s’impose leur diktat.

 

albert10

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26
Nov

Le prix littéraire Thievicz

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

 

Un nouveau prix a été créé : le prix Thievicz, qui récompense les meilleurs auteurs nains à pieds palmés trop peu représentés dans le monde littéraire dramatiquement nanophobe.

Bravo donc à Sylvain-René de la Verdière pour avoir réussi à accorder la taille de ses œuvres à celle de sa physionomie et de porter haut les couleurs du fantastique tératologique.

 

Si vous aussi êtes un monstre, faites-nous parvenir votre candidature pour le prix Thievicz 2017 avant le 31 Décembre à cette adresse.

 

cretinisme

 

23
Nov

La substance de l’idée

   Ecrit par : thievicz   et classé dans Non classé

Toutes les fantaisies seraient ramassées dans un recoin de notre esprit, toutes les perceptions, toute notre représentation du monde, tout sinon la Volonté schopenhauerienne ? Tout sauf ce dont nous ne ferions pas partie, bien que nous soyons le monde et que le monde est nous ?

Sans cesse ressassai-je des idées de cet acabit, sans parfaitement en saisir l’essence ni même les appréhender ou les disséquer comme il se doit, pareil à un dilettante de rien du tout, pareil à l’une de ces poussières qui planaient dans le rai de lumière perçant ma fenêtre pour s’écraser sur les fatras de mon bureau où je n’avais plus rien à étudier.

Et enfin je compris : il fallait chercher l’idée où elle se niche, la localiser, la peser, l’analyser, en suivant un protocole scrupuleux.

Redescendant au laboratoire je saisis ma mallette, sifflai une joyeuse mélodie à mon protégé qui ne cessait de se plaindre de ses liens trop serrés, de sa soif, de sa faim, et de tant de sujets accessoires et ridicules comparés à notre œuvre.

Après avoir une dernière fois consulté le registre des pesées de chaque point en contact avec la table, je lui ligaturai les tendons des jambes, des bras et de la nuque ; procédai à une pesée des chevilles, mains, tête et tronc, puis m’assis pour lui lire quelques-uns des passages les plus effroyables que j’avais collectés de mes lectures de Leopardi, Byron, De Nerval… Puis je dissertai sur la fatalité, la tragédie de la naissance, l’absence de saveur métaphysique du monde tant que le penseur n’a pas atteint un certain degré de vésanie, les danses macabres et les ars moriendi, et maints autres nobles sujets du genre. A la suite de quoi je sortis.

Quelques heures plus tard j’y retournai et procédai à une nouvelle pesée. L’idée était née. L’idée avait fait son chemin ! Elle était en lui, et, contrairement aux attentes, elle ne pesait pas un certain poids mais était une lacune de masse. L’idée avait allégé son tronc et sa tête, l’idée était née dans ces parties du corps en transformant la matière prosaïque en énergie et avait donc fait perdre de la masse à sa structure anatomique.

Vous qui prétendez suppurer d’imaginations, d’idées, d’inspirations, passez donc me rendre visite, que nous nous mettions en quête des idées, les analyser et les décrire. Soyez partie de l’Histoire et offrez un peu de votre petite personne… Vous comprendrez mieux une fois sur place.