Francis Thievicz

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Memento mori

La Putréfaction

Tiré de Les névroses de Maurice Rollinat

Au fond de cette fosse moite
D’un perpétuel suintement,
Que se passe-t-il dans la boîte,
Six mois après l’enterrement ?

Verrait-on encor ses dentelles ?
L’œil a-t-il déserté son creux ?
Les chairs mortes ressemblent-elles
À de grands ulcères chancreux ?

La hanche est-elle violâtre
Avec des fleurs de vert-de-gris,
Couleurs que la Mort idolâtre,
Quand elle peint ses corps pourris ?

Pendant qu’un pied se décompose,
L’autre sèche-t-il, blanc, hideux,
Ou l’horrible métamorphose
S’opère-t-elle pour les deux ?

Le sapin servant d’ossuaire
Se moisit-il sous les gazons ?
Le cadavre dans son suaire
A-t-il enfin tous ses poisons ?

Sous le drap que mangent et rouillent
L’humidité froide et le pus,
Les innombrables vers qui grouillent
Sont-ils affamés ou repus ?

Que devient donc tout ce qui tombe
Dans le gouffre ouvert nuit et jour ?
— Ainsi, j’interrogeais la tombe
D’une fille morte d’amour.

Et la tombe que les sceptiques
Rayent toujours de l’avenir,
Me jeta ces mots dramatiques
Qui vivront dans mon souvenir :

« Les seins mignons dont tu raffoles,
Questionneur inquiétant,
Et les belles lèvres si folles,
Les lèvres qui baisèrent tant,

« Toutes ces fleurs roses et blanches
Sont les premières à pourrir
Dans la prison des quatre planches,
Que nulle main ne peut ouvrir.

« Mais, quant à l’âme, revit-elle ?
Avec son calme ou ses remords,
Faut-il crier qu’elle est mortelle
Ou qu’elle plane sur les morts ?

« Je ne sais ! Mais apprends que l’ombre
Que l’homme souffre en pourrissant :
Le cadavre est un muet sombre,
Qui ne dit pas ce qu’il ressent ! »

Vanité acharnée

« Il faut parfois lâcher du leste; à s’accrocher à tous prix à la vie on peut y laisser un bras. »

Sages paroles du non moins sage Howard l’hydrocéphale

L’absinthe menacée, une prophétie de Miss Stiple

Vous verrez, quand on interdira l’absinthe, l’opium, le haschich, et tous les adjuvants poétiques, le Promeneur et son ombre auront tout à fait raison. Dieu est déjà mort mais on continue de piétiner son cadavre, car il reste encore des lambeaux de mystères métaphysiques épargnés par les causes du prosaïque, et ces mystères nulle société moderne, avide d’essors économiques et d’accroissement coloniale, n’accepte de l’entretenir, on le laisse à quelques désœuvrés des ordres cléricaux…

« La richesse oui, mais seulement celle de la bourse » Voilà ce que vous scandez parce que, frustrés de posséder de l’esprit, vous voulez interdire à tous les autres d’en avoir.

Il fut dit qu’il faut avoir encore du chaos en soi pour enfanter une étoile dansante, mais toute notre éducation nous a fait détruire le chaos primordial avec lequel nous sommes nés. Dès lors n’est-il pas immoral d’interdire les clefs des portes des paradis artificiels à celui qui ne sait briser ses chaînes pour libérer le poète qui suffoque en lui?

Si naguère l’homme pouvait se retirer en lui-même pour rêver, de nos jours les miasmes modernes crachés par les industries, les pavés sans cesse battus et souillés, les voisinages bruyants causés par la surpopulation, tous ces éléments contemporains et bien d’autres encore ont clos la porte de la quiétude.

Interdisez l’absinthe et vous interdirez la poésie! Interdisez le rêve, et vous allez occire la philosophie, les catégories de l’onirisme seront les analyses politiques et autres billevesées ineptes. Pour ma part je préfère boire de cette absinthe qui rend fou, rester sourde aux conseils des hygiénistes, sombrer dans les affres des pires maux, mais avoir dressé mon âme à reposer dans des mondes éthérés plutôt que croupir longtemps dans votre décadence réalité.

Prophétie de Stiple envoyée aux infâmes rédacteurs du journal La tempérance.

Nous quittons ce monde

Bernard et Philomène Césure étaient deux scientifiques de génie à qui nous souhaitons rendre hommage.  Outre les mathématiques en base Pi utilisant des nombres non finis permettant de résoudre la quadrature du cercle, ils furent entre autre les inventeurs du tabac sans fumée, des chaussures antivol, du pain sans farine ou encore des chapeaux anti-calvitie. Et bien que leurs dons furent raillés par leurs confrères universitaires englués dans leurs sclérosantes traditions, ils ont toujours affronté avec une honorable dignité les quolibets même les moins inspirés.

Néanmoins il y a un an tout juste ils ont choisi de prendre un ballon pour la lune où ils feront halte avant de s’en aller pour Mars où nous leur souhaitons de passer une belle vie et de rencontrer un peuple plus disposé à laisser s’épanouir leur originalité.

« Sur une planète où avoir deux troncs, deux sexes, pour une seule paire de jambe, fait rire tout le monde et discrédite toute trouvaille, nous n’avons pas notre place » furent les mots que le frère et la sœur prononcèrent d’une même voix.

Alors au revoir à ces jumeaux siamois et bon vol.

Malthusianisme et vasectomie

Extrait du journal Le crépuscule du siècle (journal de seulement trois numéros à faible tirage) , Novembre 1904,
signé L’arquebusier, pseudonyme du syphilitique, sans qui Le club de curiosités aurait peut-être sombré dans le bon esprit.

Il est une gangrène de l’esprit qui court actuellement chez certains politiciens, intellectuels autoproclamés et autres prophètes sociaux : le malthusianisme, ou, pour être plus clair, la régulation des naissances.
En voilà une hérésie!
D’abord on aboli l’esclavage et donc on oblige l’homme civilisé à travailler. Mais ouloir lui interdire de procréer et ainsi suppléer à son incapacité à envoyer un sous-homme besogner à sa place, n’est-ce pas une forme de despotisme? Quiconque est en capacité de produire des mains qui iront besogner à sa place ne devrait manquer cette occasion sans être envoyé à un aliéniste. Si c’est cela la république revenons à la royauté et aux systèmes féodaux qui avaient au moins l’honnêteté d’affirmer leur mépris du citoyen et où le servage était clairement nommé.
En second lieu nul n’est censé ignorer la bonne parole de Mirabeau, député du Tiers état, qui dit lors de cette fantasque année 1789 : « Tout citoyen a le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour la défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens » et à qui on rétorqua que la possession d’une arme était une liberté politique et civile allant de soi. Pourtant l’accès aux armes est fort pénible voire impossible pour ceux qui osent tenter de faire jouer leur droit, car nul n’est censé ignorer la loi sinon les législateurs qui tremblent à l‘idée d‘un peuple armés d‘autre chose que du droit de vote. De fait comment se protéger sans avoir une vaste famille pour être capable de répliquer en cas de vendetta, ou seulement avoir de petites mains expertes et agiles au couteau pour couper les tendons d’un voleur?
Certains parmi les adhérents aux thèses de Malthus évoquent la possibilité d’user de cette pratique médicale que l’on nomme vasectomie et qui ne consiste pas en autre chose qu’en l’extraction des testicules. Mais outre les problèmes éthiques, ces hommes dépourvus d’attributs, auront-ils le droit de vote? Auront-ils les non-droits des femmes ou seront-ils de véritables et dignes citoyens?
Non, le malthusianisme n’est pas une solution tant que certains problèmes n’auront été réglés, à savoir le rétablissement du juste esclavage et le droit appliqué de tout un chacun (du moins tout véritable homme à la peau non basanée et dûment pourvu d‘un prépuce) à pouvoir acheter des armes modernes, ainsi qu’une action cohérente de régulation de la population : c’est la femme qui doit être infertile, et en priorité la femme pauvre.
En attendant un monde qui saurait enfin réguler sa vésanie (bien que la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican soient louables n‘oublions pas la honteuse dernière Entente Cordiale!), ne régulons pas les naissances et laissons faire. Qui sait, les famines et les épidémies sauront peut-être un jour triompher et laisser la place aux nobles de cœur et d’esprit, tel votre serviteur.
L’arquebusier

Omnia vanitas

Tout est curiosités, tout est vanité…

Il n’y a pas de nanisme

« Il n’y a pas de nanisme, seulement des nains. »

Divagations de Miss Stiple après qu’elle se laissa étourdir dans une longue valse avec la Fée verte

Comment muscler les bras, les épaules, le ventre et les cuisses par F.Thievicz

Un exercice que vous pouvez faire tous les jours et qui muscle plusieurs parties de votre corps en même temps.

Cet exercice est idéal pour muscler en douceur les bras, les épaules, les cuisses et pour tonifier votre ventre.

Position de départ : allongez-vous sur le dos, jambes fléchies, bras le long du corps.
Travail : Contractez les abdominaux et, tout en expirant profondément, propulsez-vous en position assise en vous servant de vos bras. Inspirez et redescendez lentement en expirant.
Faites 3 séries de 10 tous les jours.

Hydrocéphalie

– Miss Stiple, ne vous êtes-vous jamais demandée si les femmes accouchant d’hydrocéphales souffraient davantage que celles qui mettaient bas des enfants normaux?

– Une femme ne met pas bas, elle accouche.

– Oh j’ai vu faire, c’est exactement pareil que lorsque j’observais les vaches dans la ferme de mes parents. Je suis un mâle mais pas un sot! »

Le prix Fémur 2012

« Nous sommes heureux de vous annoncer que Francis Thievicz vient d’obtenir le prix Fémur 2012 pour son livre Les vanités et autres curiosités.

C’est avec beaucoup d’émotion que Mr Thievicz a saisi ce fémur 2012 pour en sucer les extrémités avec délectation, comme le veut la tradition.

Toutes nos félicitations à l’heureux gagnant ! »

Source : Condylome magazine


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